‹ Lettres inédites des Feuquières (volume 2)Chapitre 8 sur 48 · DE M. DE FEUQUIÈRES A M. DE TOURMONT · texte numérisé non relu

DE M. DE FEUQUIÈRES A M. DE TOURMONT

G mars 1680.

Vostre billet du 16 février , Monsieur, me donne de la joie par l'espérance que vous demeurerez dans l'emploi. Je prie Dieu que ce soit avec tout l'avantage que vous méritez. Il me confirme aussi dans la résolution que j'ai prise de poursuivre Catillon en justice, afin que nous puissions nous servir des pièces qui nous sont nécessaires pour rembourser vos 8 000 livres et nous sortir entièrement

lO/i LETTRES INÉDITES

d'affaire, et vous estes trop équitable pour y trouver à redire. Je fais mon compte qu'elles sont entre vos mains, parce que vostre précédent billet m en assure et que vous n'avez aucun sujet pour les mettre dans les siennes. Vous verrez, par l'application que je donnerai à cette affaire que je viens à vostre secours. Si javois d'autres moyens, vous avez bien connu par mes précédentes que je les aurois volontiers employés. Je ne sçais pas quelles sont les raisons qui empeschent ma belle-fille de vendre la charge de sénéchal, mais il y en peut avoir, quand ce ne seroit que celle de la mieux vendre, et il est sûr, ayant les connoissances qu'elle a, de la laisser faire.

11 eust esté meilleur pour moi que vous eussiez trouvé à propos de m'avertir quatre mois plus tost du divertissement que vous faisiez des 6 000 livres de M. Bidal ; je n'aurois pas fait de mauvais marché par l'ignorance où j'estois de lestât de mes affaires, et mes amis ne se seroient pas tant aperçus de mon chagrin. C'est tout ce que je vous en puis dire et que je me console de tout par la confiance que je prends en vostre amitié.

Page 1