X. de Pas
DE M. DE CHASSAN * A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIÈRES
A Dresde, le 3 mars 1673.
Monseigneur, Ayant eu l'honneur par cy-devant de correspondre avec tous les ambassadeurs et ministres qui ont esté depuis six ans à la cour de Suède de la part de Sa Majesté, je veux espérer que Vostre Excellence m'accordera la même faveur; je luy escris ces lignes pour l'en supplier et pour l'assurer en même temps de mon très-humble service.
i M. de Chassan, résident de France à Dresde.
Le roy de Suède ayant envoyé dernièrement icy M. de Graffenthal, nous avons obtenu de concert de M. I1 électeur de Saxe une déclaration assez avantageuse, Son Altesse Électorale nous ayant promis par escrit de ne se mesler point dans la guerre de Hollande, ny d'assister F électeur de Brandebourg. J'y ay fait adjouster, depuis, ces mots : « ny aucun autre prince de l'Empire, qui voudroit entreprendre quelque chose contre le Roy et ses alliés. » Comme l'on ne sçait encore rien de cette nouvelle clause à Stockholm, je prie Vostre Excellence de n'en rien tesmoigner non plus.
Les Estats de ce pays sont encore assemblés en cette ville; M. l'Électeur leur a fait proposer de fournir des contributions extraordinaires pour la levée et pour l'entretien de quatre mille hommes; mais ils s'en excusent, alléguant que le pays ne sçauroit supporter une telle despense. Du reste , il ne se passe rien autre chose de considérable en ces quartiers. Je suis avec respect, Monseigneur, de Yostre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur,
Chassan.
DES FEUQUIERES. 105
DE 31. LE MARQUIS ANTOINE DE PAS A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIERES
A Hœchst, le 3 mars 1673.
Le régiment de Meckelbourg est cassé, et je m'en retourne auprès de M. de Luxembourg1, où j'attendiay qu'il plaise au Roy de disposer de moy pour quelque autre chose. J'en ay escrit à M. de Louvois et à M. de Pomponne, parce que le premier a donné de bonnes parolles au dernier. Je n'ay pas encore reçu de vos nouvelles de Stockholm; je m'attends pourtant d'en avoir au premier ordinaire. Cependant je n'ay rien à vous mander, sinon que je suis en fort bonne santé, que je suis content du chevalier de Feuquières, et que vous le devez estre , car je vous assure que je ne luy ay rien laissé passer. Je vous envoyé une lettre de Louvigny.
De Pas Feuquières.
1 M. le marquis de Pas servit de nouveau en qualité d'aide de camp de M. le maréchal de Luxembourg, pendant la campagne de 1673 en Hollande.