D^VAUX
1 Jean Antoine, comte d'Avaux, petit-neveu de l'habile négociateur du traité de Munster; mort en 1706. 11 se distingua lui-même beaucoup dans les négociations. « Le nom qu'il portoit lui servit fort dans « les emplois, et le persuada qu'il en étoit aussi capable que son oncle. « Il faut pourtant avouer qu'il avoit des talents, de l'adresse, de l'in- « sinuation, de la douceur, cl qu'il étoit aussi capable que son oncle. « Il fut toujours parfaitement averti. »
( Le duc de Saint-Simon ).
DE MADEMOISELLE CATHERINE DE PAS DE FEUQUIERES A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIÈRES.
A Séméac, le 25 juin 1673.
J'ay reçu vostre dernière lettre , mon cher papa, par où vous me mandez qu'il ne faut plus me traitter en petite fille; je vous assure pourtant que je la suis fort; toutes les femmes de ma tante disent que c'est à cause que ma cousine est icy et qu'elle me rend enfant. Ma tante l'abbesse s'en est allée jeudy à Saint-Ausony en fort bonne santé ; j'ay esté fort fâchée de la quitter. Pour ma chère tante1, elle ne se porte pas trop bien , car elle a tousjours de fort grandes froideurs aux pieds et des vapeurs fort grandes; toutes les après-diners il luy faut se chauffer les pieds, mesme à la canicule. Elle fait accommoder un appartement, qui sera fort joly. M. le comte2 viendra bientost à Pau, à ce qu'il a mandé à ma tante. Ma sœur est restée à Pau, d'où je reçois souvent de ses nouvelles ; elle me mande qu'elle voudroit bien vous voir, je le désire encore plus qu'elle. Mon cher papa , moy qui vous aime do tout mon cœur, je souhaiterois fort que vous fussiez de retour de vostre ambassade ; car j'espérerois
1 Madame la marquise de Saint-Chamond.
a M. le comte de Toulongeon.
que vous viendriez nous voir, et que je pourrois vous embrasser bien des fois; je le voudrois fort. Adieu , mon cher papa ; je vous prie de m'aimer un peu et de vous souvenir de vostre chère fille,