‹ Lettres inédites des FeuquièresChapitre 3 sur 50 · DE M. BERTHELOT A M. DE BARANTY · texte numérisé non relu

DE M. BERTHELOT A M. DE BARANTY

A Paris, le 29 avril 1665.

Je vous envoyé la lettre de M. de Feuquières, qui vous marque assez bien ce que vous avez à faire dans vostre fonction. Il est certain que vous devez principalement vous attacher à establir des salpestriers et à tirer d'eux du salpestre en plus grande quantité qu'il vous est possible, observant de commencer par les lieux où il y a le plus de salpestriers , et mettant en premier lieu en pratique de donner auxdits salpestriers un prix raisonnable de leur salpestre, en sorte qu'ils s'accommodent à l'usage et à la possibilité d'y vivre; après quoy vous ferez marcher l'autorité qui vous est commise contre ceux qui ne veulent prendre cet honneste party et qui s'obstinent à vivre dans un libertinage criminel. Je vous prie donc d'opérer de la besogne et de faire recepte de salpestre avant toutn. 2

tes choses; car le service du Roy doit estre nostre principal et premier motif; et quand les magasins seront remplis et Sa Majesté servie, alors vous songerez aux poudres nécessaires à F usage de ses subjets. Je suis fort à vous,

Berthelot.

DU MEME AU MEME

A Paris, le 29 avril 1665.

La vostre du 1 8 du courant m'a esté rendue, par laquelle je ne vois pas que M. de Feuquières vous fasse faire grand progrès, puisque vous ne travaillez que dans des élections où il n'y a presque point de salpestre. Vous avez dû commencer par les Eveschés et puis la Lorraine , où le salpestre se fait , afin de parvenir au service du Roy, et non pas nous amuser dans le moindre pays. Si j'avois ce pays à régir par mes mains , je voudrois avoir desjà plus de trente milliers de salpestres dans nos magasins. La Touraine ne vaut certes pas vostre pays pour y trouver nombre de salpestre; cependant le commissaire que j'y ay envoyé est en estât de m'en délivrer maintenant plus de vingt milliers , et dans peu il en aura bonne quantité; mais à la vérité il donne le prix et la vie à gagner à ces pauvres gens.

Berthelot.

DES FEUQTJIÈRES. 19

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