ET D ITALIE
Alexandre L.. Fontbonne,
Général de Division comd\ celle de la côte de l'aile droite
a son ami S' Prix Représentant du peuple.
Au Quartier-Général d'Oneille le 22 Brumaire l'an 4= de la République Française, une et indivisible.
je reçois à l'instant, mon cher St. Prix, ta lettre du 2' jour complémentaire qui n'a resté que deux mois à me parvenir, si les miennes éprouvent le même retard autant vaudrait-il que je fusse en Amérique ; Cependant , jesuis très impatient d'apprendre ta réélection ; quelle que soit là Place que tu occupes, mon ami, tu la rempliras dignement et mon amitié ne se réglera jamais sur les distinctions souvent prodiguées à l'intrigue et au vice, mais sur la Vertu l'obligeance et la douce sensibilité qui te caractérisent, hâte toi donc de me mettre au fait de tout ce qui te touche tu sais le vif et invariable intérêt que j'y prends.
Le Citoyen Duprat l'un de mes adjudants Généraux que je ne connais que sous les rapports d'un excellent militaire d'une intelligence et d'une activité au-dessus de tout éloge, vient d'être suspendu^^par un arrêté du 27 vendémiaire qui n'énonce aucun motif, aucun considérant contre cet offi-
cier généralement estimé ; mais qu'il attribue lui-même à son amitié avec le Représentant Rovere dont la disgrâce a entraîné la sienne, j'ai déjà écri à ce sujet au Représentant Martel père d'un de mes adjoints et je lui ai dit de se concerter avec toi et Gamon pour prendre la cause de la vertu opprimée. Le Représentant a été reelu, il loge rue Chabanét n" 41. je serais enchanté de rendre service au brave" Duprat dont je ne puis que me louer.
dis-moi, si Gamon est réélu, je ne reçois plus de nouvelles autant vaudrait-il que je fusse aux grandes indes ; mais l'absence et l'éloignement n'altéreront jamais ma tendre amitié pour toi. Chaix m'a oublié, aussi fais lui en des reproches, mon cœur n'a jamais pu perdre de vue ceux qu'il aime de prédilection ; tout à toi
FONTBONKE.
Mille choses aux titons et mes amitiés à la charmante Cavenac.
ARMÉE
Liberté E l'alité.
D ITALIE x-'"^'"- 6
Au duanier Général d'Oneille le 5 nivôse de l'an 4= de la République Française, une et indivisible.
FoNTBONNE, Général de Division
Commandant celle de la côte de droite de l'Armée d'Italie au Représentant du Peuple St. Prix, son amis
Cette lettre, mon cher St. Prix, te sera remise par mon ancien et je puis dire avec vérité mon meilleur adjudant Général, le Citoyen Duprat, quia été suspendu a mon grand regret de ses fonctions je ne sai par quelle machination odieuse, car depuis que je connais l'adjudant Général Duprat je ne puis que louer, son intelligence admirable, son activité facile et sa délicatesse ; les Représentants Peyre et Maisse dont le suffrage ne saurait être suspect et auprès desquels Duprat a longtems été attaché m'en ont toujours fait un éloge distingué et c'est ce qui m'avait décidé a demander Duprat dans ma division. On prêtent que l'ancienne intimité de cet adjudant Général avec son compatriote le Représentant Rouverre est l'unique cause de la disgrâce de cet excellent ofGcier. Comme si l'amitié qui nous a peut nous avoir lié à un individu avait quelque rapport avec l'opinion bonne ou mauvaise, ou le sistême quelconque qu'on supose à cet individu. Les opérations
d'un Législateurs et les devoirs précis d'un militaire sont tellement distincts et ont si peu de conexité qu'on peut être l'ami d'un représentant sans savoir (surtout a deux cent lieues de distance) quelle opinion il manifestera dans telle ou telle circonstance, cependant voilà le seul crime que l'on peut supposer au pauvre Duprat et tu es en même d'en faire sentir l'absurdité et de reparer le tort réel qui en est résulté pour la patrie en la privant d'un des meilleurs adjudants Généraux, je puis dire de nos armées.
Le Général en chef Scherer, qui est venu obligeamment me demander a souper et a coucher ce soir me fait appeller pour finir un travail que je lui ai .soubmis et qu'il a adopté avec éloges, je suis comble de la confiance et des pouvoirs infinis dont m'a investi malgré moi, je mettrai ma gloire et toute mon étude à justifier sa confiance.
notre compatriote Sucy qui est de la partie, me charge de te faire mille et mille amitiés tu sais que ce dernier est commissaire ordonnateur en chef de l'armée.
je lui ai fait promettre qu'il équiperait de pied en cap le fils de notre ami Chaix que j'ai recommandé à ses soins, je te recommande l'affaire de Duprat bien certains des effets puissants de ton amitié pour moi.
Dis à Chaix de m'écrire et d'être tranquile sur le sort de son fils c'est pour moi une douceur bien sensible que de pouvoir être agréable à mes amis.
Tout à toi mon cher St. Prix.
FONTBONNE.
ARMÉE ■''■■'^^'^ Liberlé .-. Égalité.
Au Quartier Général d'Oneille le 7 nivôse de l'an 4^ de la République Française, une et indivisible.
Alexandre L. Fontbonne
Général de Division Commandant celle de la Côte de V Armée d'Italie.
à son ami le Représentant du Peuple 5' Prix.
Je reçois à l'instant, mon cher S' Prix, une lettre de ton Collègue Gamon , qui met plus d'importance qire n'en mérite le léger service que j'ai rendu à son frère mon aide de camp ; il m'assure en même tems de tous ses soins pour empêcher que je ne sois enveloppé dans la Généralité du décret qui suspent tous les officiers mis en activité par le comité de salut public depuis le 15 Germinal jusqu'au 15 Thermidor an 3=. sauf à eux a prouver les bons services antérieurs rendus à la République d'après les quels ils seront réintégrés par le directoire exécutif, mes services sont bien clairs et bien suivis dépuis ma tendre jeunesse jusqu'au moment de mon inique suspension ils existent dans les bureaux de la Guerre ainsi que les notes sur leur distinction tant dans l'ancien que dans le nouveau monde.
Personne ne s'est plus loyalement dévoué à son Pais
puisque j'y ai sacrifié mon existence et ma fortune depuis la révolution et que je combats encore glorieusement pour sadéffense; voila cependant une seconde injustice inatendue dont je serais probablement encore victime sans l'activité de ton amitié, je te prie de la communiquer à Gamon en lui remettant la lettre ci jointe, je suis convaincu de toute son obligeance, mais je crains sa paresse, et je te prie de la lui faire surmonter en ma faveur et de faire renouveller sans délai mon brevet par le directoire exécutif; tu me tireras d'une inquiétude mortelle.
Le jeune Cliaix se porte bien, j'en suis content, fais mes amitiés à son brave père que j'aime sincèrement, ne laisse pas endormir Gamon et apprens moi vite le succès de tes soins en ma faveur, je suis accablé de besogne ce soir.
je tembrasse de tout mon cœur comme je t'aime.
FONTBONNE.
ARMÉE
DES ALPES ET D'ITALIE L^^'^'^ •■• Egalili-
Alexandre L. Fontbonne
Général de Division Commandant celle de la côte.
a son ami le Représentant du Peuple 5' Prix.
Au Quartier-Général d'Oneille le 13 nivôse l'an 4<: de la République Française, une et indivisible.
tu vas donc courrir les champs avec notre brave Chaix, je te rends grâce des bons offices que tu lui as rendu et je vous trouve bien heureux d'être ensemble, mais tu m'oublie tout de bon, mon cher S' Prix, voila deux grands mois que je n'ai reçu de tes nouvelles tandis que je passe pas de jour sans te regretter il est essentiel que tu fasse opérer ma réintégration parle directoire executif avant ton départ ou que tu m'optiennes de nouvelles lettres de Service selon mon grade pour l'armée des Alpes ce qui revient au même et me tire de la coupe qui pourait m'englober dans la généralité du décret en question. Gamon m'a promis de s'en occupper essentiellement, mais sa paresse me fait trembler, au lieu que personne n'a mieux éprouvé que moi les effets admirables de ton amitié, j'ai le bonheur de reunir au degré le plus flateur l'estime et la confiance des Représentants et du Général en chef qui m'ont investi des pouvoirs
— elles plus illimités sur toutes les administrations composées de fripons; un autre que nous s'y enrichirait et je me ruine en me brûlant le sang, mais j'ai la douce satisfaction d'être de quelque utilité à mon Pais.
Mon Dieu ! que Chaix est heureux de t'emmener avec lui, voila la récompense la plus précieuse que je choisirais; ne m'oublie donc pas, mon cher S'-Prix, tu trouveras peu d'amis aussi sincères et aussi chauds que moi. dis à Chaix d'être bien tranquille pour son fils, je me satisfais moi même en servant mes amis, d'ailleurs le jeune Chaix est très intéressant et je lui suis attaché indépendemment des droits qu'il a sur moi par ma liaison avec son digne père; manges force omelettes et buvez quelques coup ensemble à ma santé, l'idée que vous voulez bien vous occupper de moi est ma plus douce consolation.
je suis accablé de fatigue, ma division prent de Monaco à Alassio et comprent tout le Païs conquis sur le piémont, je suis chargé en outre de la rentrée des revenus de cette partie et de surveiller l'approvisionnement des fourages, pour surcroit je suis assailli de coquins qui ne songent du matin au soir qu'a tromper ou a éluder ma surveillance, je casse un voleur, il est remplacé par un plus insigne; enfin si je ne fais pas tout le bien que je voudrais j'empêche de multiplier les (i) que l'on ne
s'occuppe pas de la détresse extrême des officiers mille fois plus misérables que le soldat ?
je t'ai écri en faveur de mon adjudant Général Duprat, c'est un des meilleurs officiers de l'état Major des armées et le plus instruit, je désire bien qu'il soit de nouveau emploie près de moi.
(i ) Une demi-ligne manque dans l'original détérioré.
Le Représentant du Peuple Martel membre du conseil des anciens père de l'un de mes adjoints prent vivement ses intérêts ainsi que le Représentant Chiappe (i) membre du Conseil des cinq cens qui a été délégué vers cette armée que je connais particulièrement.
as-tu vu tes dignes Collègues Peyre et Maisse nos amis communs, dis leur mille choses obligeantes et vraies de ma part, ils ont emporté les regrets et l'estime de l'armée.
Donne moi donc de tes nouvelles, mon ami, c'est un besoin de mon cœur tout à toi.
FONTBONNE.
Monicault Villardeau est venu pour saluer le Représentant S'-Prix (2).
ARMÉE
Liberté Egalité.