‹ Lettres inéditesChapitre 2 sur 18 · Samedi. Diné à la maison avec ma femme et M. de la Tour · texte numérisé non relu

Samedi. Diné à la maison avec ma femme et M. de la Tour

5. Dimanche. Dîné avec ma femme chez M"" Destouches, la mère, avec elle et M. Deslouches son fils.

6. Lundi. Dîné chez Campenon, avec lui, M™^ Oger et ses deux filles.

Dépense en voiture 3 fr. 5 sols.

7. Mardi. Dîné à la maison, avec ma femme. Eté chez La Revellièrc-Lepaux. Je n'ai trouvé que sa femme; il était sorti.

Pour un fiacre, courses longues 3 fr. 12 sols.

Avril. — 15. Vendredi. Ma femme a dîné seule [hier] à la maison. J'ai dîné à notre dîner des sept amis, chez Droz, avec sa femme Blanche et sa fille Constance.

Les sept amis :

Droz.

Andrieux.

Picard, absent.

Campenon, Auger.

Roger.

Ducis.

Je lus au dessert : 1" mon épître dédicatoire en prose à Sa Majesté Louis XYIIl, de mon édition; 2" ma pièce de 100 vers et des 14 ajoutés en tête; 3° mon remerciement à M. de Boufflers de sa belle épître et mon envoi en 21 vers à M"" de Boufflers,pour qu'elle présente ce remerciement à son mari. J'ai laissé ces trois morceaux à mon ami Andrieux, que j'ai prié de s'armer de son crayon rouge.

Nota. — Comme j'étais le matin dans mon lit, tout à côté de ma femme dans son lit, elle me demanda de demander pour M. Flanet, son neveu, qui, dit-elle, ne pourrait pas conserver longtemps sa place dans les Tabacs, sous M. le comte Le François de Nantes, et ci-devant ministre des Droits réunis, de demander, dis-je, pour lui, une place de consul à Saint-Domingue, dans son pays, comptant sur mon crédit futur auprès du roi Louis XVIII, qu'on attend à Paris dans quinze jours, pour l'y voir remonter sur son trône, après la chute et l'expulsion de Bonaparte, parti pour le lieu de son exil.

Ma femme a diné chez son petit-gendre Gandolphe, avec lui et sa petite-fille Virginie. Elle m'avait conduit, dans son fiacre, rue Dupliot, n° 17, chez Campenon, où j'ai dîné avec sa famille et de la Tour. Campenon a lu à sa famille ma pièce de cent quatorze vers. Il a été convenu qu'il ne la communiquerait pas, parce que j 'étais décidé à ne pas la faire imprimer ni à la faire connaître.

Sur les huit heures et demie du soir, ma femme est venue me chercher avec Catherine, sa domestique, dans son fiacre, chez Campenon, où j'avais dîné. Comme je descendais de voiture à notre porte avec ma femme, rue de la Monnaie, s'est soudain jeté à mon cou M. Le Maire (1), professeur célèbre de langue

(1) Il s'agit ici évidemment d'Eloi-Nicolas Lemaire, le Lemaire de la Collection

latine, qui, dans la joie publique de n'avoir plus ce scélérat de Buonaparte pour empereur, me dit : « Eh bien, vous voilà secrétaire du Roi, puisque vous l'étiez quand il était Monsieur; si votre kge vous empêche d'en faire les fonctions, moi je serai votre secrétaire, et je les remplirai pour vous, mais il faut que vous en ayez le titre. » — J'ai répondu qu'à quatre-vingts ans passés, goutteux et à demi-aveugle, je voulais absolument rester libre...

Mai, — 19. Jeudi. Déjeuner chez Roger.

20. Vendredi. J'ai fait et signé ma lettre au Roi, oiij'ai demandé pour mon neveu Ducis, le peintre, une place à Versailles à Sa Majesté. Cette lettre a été faite ce vendredi 20, entre nous trois, Ducis le peintre, Campenon et moi ; c'est M. de Montagnac qui s'est chargé de la rendre au Roi.

Eu à dîner mon ami Soldini.

21. Samedi. Dîné chez Gérard, peintre, avec lui, sa femme, mon neveu le peintre.

Déjeuné chez M""' Oger, avec elle, ses deux filles, M. le Curé de Plombières, son neveu, avec Campenon, avec Ducis le peintre.

Eté avec M™' Oger et M. le Curé de Plombières et son neveu, pour rendre visite à M. et M™^ de Boufflers qui étaient sortis. Nous nous sommes fait écrire chez son portier.

Lu ma protestation dans le salon de Campenon, devant lui et mon neveu le peintre, et M. le Curé de Plombières et son neveu, et M. Bourrienne, qui était tout auprès de moi. Je leur ai lu ma pièce de cent seize vers, qu'il écouta avec la plus vive attention.

Donné au cocher de Gérard, qui m'a ramené chez moi, pour boire 1 fr. 10 sols.

22. Dimanche. Dîné chez M. Peyre, l'oncle, moi et ma femme, avec lui, M""" Castellan, sa fille Julie^ et M. Castellan, son gendre, avec M. Lecomte, sculpteur, et autres personnes.

des Classiques latins, qui était alors professeur de poésie latine à la Faculté des Lettres de Paris. On sait qu'il avait été successivement ardent révolutionnaire, puis courtisan déclaré et même assez plat de Napoléon. Il avait célébré, trois ans avant la petite scène que Ducis raconte, la grossesse de Marie-Louise en vers latins : Carmen in proximum et auspicatissimwn augusùe et prœgnantis partum; et, plus récemment encore, en liSlâ, il avait publié un compliment monumental à la même adresse, sous ce titre : Premier anniversaire de S. M. le roi de Rome, ou Virgile expliqué par le siècle de Napoléon (Paris, 1812, in-4").

JOURNAL INTIME DE DUCIS. 'i^J

Avant do venir dîner chez M. Peyre, rendu visite à M. et M""" Destouches le fils et sa bru, avec lesquels nous avons diné chez M""" Deslouches mère. Do ce dîner étaient leur fils, le jeune architecte, le seul fils qui leur reste après la mort de son frère, le militaire, et avec ce monsieur qui tient ordinairement la maison de M""* Bertrand, à Paris.

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