‹ Lettres inéditesChapitre 8 sur 17 · AU R. P. SCHOUVALOF · texte numérisé non relu

AU R. P. SCHOUVALOF

par le fait de votre santé ou de tout autre raison, l'épreuve ne ratifiait pas votre pieux dessein. Le noviciat est le moment où la lumière se fait le mieux. La sagesse de l'Église, qui devance toute expérience, a voulu que dans plus d'un cas un temps d'arrêt précédât la parole irrévocable et solennelle, seule complètement digne d'une créature immortelle. Ce qui nous importe par-dessus tout étant de faire la volonté de Dieu, de réaliser sa pensée représentée par chacun de nous, ce n'est pas tant de la hauteur de la vocation qu'il s'agit que de son affinité parfaite avec nos vrais besoins intérieurs. Mais on n'a pas comme vous fait converger pendant si longtemps tous ses désirs vers un même point, on n'y a pas tendu avec une persévérance toujours renouvelée sans qu'il y ait entre ce point et nous un rapport établi et solide. Aussi, mon cher excellent ami, tout en vous exhortant à la prudence, je ne vous en crois pas moins un de ces heureux privilégiés qui ne rencontrent que dans la vocation la plus haute une réponse à toutes leurs aspirations. Tant qu'une ombre de doute subsiste encore, il nous est permis de ne pas trop combattre nos regrets personnels. Les miens sont bien vifs ; mais le temps, consolidant votre pieuse volonté, saura leur imposer silence ; ils seront absorbés par votre bonheur et par le bien qu'un tel exemple a chance de produire.

Quand vous pourrez m'écrire, je voudrais bien que vous me fissiez connaître un peu l'ordre auquel vous appartenez, ses conditions et son esprit. J'ai reçu les petites notices qui en donnent un aperçu historique ; c'est bien déjà quelque chose pour nous qui ignorions

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tout, mais je crois que le fond même qui est riche aurait tout à gagner à plus de développements et de détails. Rien ne prépare mieux la voie à l'introduction d'un ordre que des écrits de cette nature, quand ils mettent en lumière son esprit et surtout les hommes remarquables qu'il a produits et qui ne vous manquent point, si j'en juge par ce que j'ai vu et entendu dire de votre R. P. Teppa lui-même. Je lis précisément en ce moment un petit livre de ce religieux barnabite et j'en suis charmée.

Adieu. J'ai lu votre belle lettre que vous ne m'avez pas écrite, mais qui s'adresse virtuellement à tous ceux qui vous affectionnent, tant elle est faite pour les rassurer et les consoler par ce baume unique de la cordialité mise au service de la pensée pieuse.

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