‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 101 sur 246 · A M. DE COURCELLES · texte numérisé non relu

A M. DE COURCELLES

GOUVERNEUR GENERAL DU CANADA

Paris, i5 may 1669.

J'ay re(u deux de vos leltres des mois de septembre et de novembre de lann^e derni^re, auxquelles je suis bien ayse de r^pondre un peu amplemen t, un aussy grand ^loignement que le vostre m^ritant bien que Ton vous fasse d'amples r^ponses; mais il auroit est^ ^souhaiter que vos Icttres eus^eni est^ plus amples et que vous eussiez rendu compte plus en detail de (out ce qui coBcerne I'estat de la colonie, le d^frichement des terres et la conduite que tiennent les Iroquois et aulres nations sauvages a regard des Francois.

Sa Majesty a est^ tris-ayse d'apprendre que la plupart du regiment de Carignan-Saliere ayent pris le party de s'habituer dans le pays. Gomme vous s(avez bien qu*il n'y a rien de plus important pour le service de Sa Majesty que d'employer toute Tautorit^ que vous avez en main et toute vostre Industrie pour augmenter le nombre des habitans, elle m'ordonne de vous dire que vous ne pouVez rien faire qui luy soit plus agr^able que d'avoir un soin tr^particulier de tous les habitans qui y sont h present habitues, de bien observer qu'ils soyent a leur ayse et que la justice leur soit bien rendue sans aucuns irais, autant qu'il se pourra. Et comme vous verrez, par les expeditions que M. Talon reporte audit pays, les graces que Sa Majesty a bien voulu accorder en favour des manages, elle d^ire aussy que vous vous appliquiez a y porter tous les habitans de. Tun et Tautre sexe. G'est en quoy vous pouvez concourir aux intentions de Sa Majesty par le cr^it que vous donne le caract^re de vostre charge sur leurs esprits.

Vous apprendrez par le retour de M. Talon que Sa Majesty a rendu la liberty de commerce au Canada , en sorle qu'^ pr^ent il pourra recevoir avec plus de facility les vivres et denr^es qui luy sont n^cessaires, mais aussy est-il n^essaire que vous excitiez les habitans a chercher des marcbandises qui puissent convier les Francois h leur porter des vivres et denr^es pour les prendre en ^change; et cela est d'autant plus n^essaire que, y ayant maintenant une tr^s-grande quantity de pelleteries dans le royaume, s'ils n'avoient d'autres marcbandises k donner par ^change, peutestre que les Francois se d^gousleroient bientost de leur porter leurs besoins.

Pour ce qui concerne M. de Bonteroue, eomme Sa Majesty a r^solu de renvoycr M. Talon, pt qu'il v6us porle luy-mesme cette d(5pesche, je n'ay

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