‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 142 sur 246 · GOUVERNEUR DE LA GUADELOUPE · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR DE LA GUADELOUPE

Sainl-GermaiD , i" may 1679.

Je suis oblig^ de mettre la main k la plume pour vous dire que j'ay re(u depuis peu de jours un m^moire que M. de Baas vous avoit envoy^ par son secretaire, une lettre que vous avez ^crite au sieur de Baas sur ce sujet, et sa r^ponse. Sur quoy je dois vous avertir que, nonobstant la confiance entifere qu il paroist dans cette lettre que vous avez en ma protection pour vous soutenir envers et contre tous, cette protection vous raanquera entierement si vous ne cbangez de conduite.

M. de Baas vous a tesmoign^ de la consideration et de Tamiti^ en vous envoyant le m^moire des plaintes que Ton faisoit contre vous ; vous deviez Tavertir et luy r^pondre; et, s'il y avoit quelque chose de veritable, vous en corriger. Au lieu de vous conduire de cette sorte , vous luy ^crivez d'un style le plus extraordinaire que j'aye jamais vu en un inf^rieur k son sup^ rieur. Prenez-y garde, je vous donne cet avis qui sera peut-estre le dernier que vous recevrez de njoy, si vous ne changez de conduite; et ne vous persuadez pas que vostre tesmoignage seul, quand vous lerendrez de vousmesme, puisse pr^valoir aux plaintes g^n^rales que Ton pent faire de vostre conduite et aux tesmoignages qui en seront rendus par tons ceux qui seront envoyfe de 1^ avec la confiance du Roy.

Les grandes precautions que vous prenez dans toutes vos lettres contre les sieurs P^lissier et Du Ruau, tout ce qui est porte par vos lettres qui n'expliqne que trop clairement qu'en vous doit r^sider toute la justice , la police et les arraes de I'isle, et que vostre autorite de gouverneur doit en toutes choses estre sup^rieure h tout, fait connoistre assez que M. de Baas n'a pas eu tort en toutes choses, ainsy que vous vous efforcez tant a me le persuader. G'est h vous h mettre vostre esprit sur un autre pied qu'il n'a este jusqu Ji present, laisser agir les oiBciers de justice et les conseils souverains dans Testendue des pouvoirs que le Roy leur a donnas, suivre et executor ses ordres et ceux de vos sup^rieurs ; et ne vous flattez jamais de la vaine assurance que je croiray ce que vous m'^crirez au prejudice de tons les tesmoignages que tons les autres rendront de vostre conduite.

(Areb. de U Mar. Ordru du roi powr let eomf^gmm du htAu , i67S,foL6s.)

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