III. - a
compagnie des Indes occidentales , avaient et^ enfles d dessein aGn de presenter la situation sous un jour plus avantageux.
* Voir pieces n~ 56 el 67.
juge ordinaire et du conseil souverain; mais il est difficile d'entrer dans le secret des confessions.
Pour les rang et stance dans Tdglise et dans les processions, Sa Majest^ veut que ie r^glement du 2 mars 1668 soit ex^cut^; mais le conseil souverain en corps doit sans difficult^> pr^c^der tout autre corps ou particulier dans I'^glise et partout ailleurs , h Texception de vostre personne seule.
Sur la demande que les J ^suites vous font de continuer leurs missions dans les pays ^loign^s , Sa Majesty estime qu'il seroit beaucoup plus avantageux pour le bien de la religion et pour celuy de son service de s appliquer a ce qui est proche , et , en mesme temps qu'ib convertiront les sauvages , de les attirer dans vne soci^t^ civile, pour quitter leur forme de vie, avec laquelle ils ne peuv^nt jamais devenir bons chrestiens. Sa Majesty n'estime pas toutefois que ces bons p^res doivent estre gesn^s dans leurs fonctions; elle d^sir^e seulement que vous leuj* fassiez connoistre et que vous les excitiez doucement k ce qui est en cela de ses sentimens.
Vous connoistrez facilement par ce que je viens de vous dire , et encore plus par Testat des affaires de TEurope que je vous ay expliqu^es au commencement de cette lettre, que Tintention de Sa Majesty n*est pas que vous fassiez de grands voyages en remontant le fleuve Saint-Laurent, ni mesme qu ^ Favenir les habitans s'estendent autant qu'ils Tout fait par le pass^; au contraire, elle veut que vous travailliez incessamment, et pendant tout le temps que vous demeurerez en ce pays-li, h les resserrer, les assembler et en composer des villes et des villages pour les mettre avec d'autant plus de facility en estat de se bien d^fendre; en sorte que, quand mesme Testat des affaires de I'Europe seroit cbang^ par une bonne et avantageuse paix, ^ la gloire et k la satisfaction de Sa Majesty, elle estime bien plus convenable au bien de son service de vous appliquer k bien faire d^ fricher et bien habiter les endroits les plus fertiles, les plus proches des costes de la mer et de la communication avec la France, que non pas de pousser au loin des d^couvertes au dedans des terres de pays si ^loign^s qu'ils ne peuvent jamais estre habitus ni poss^d^s par des Francois.
Cette T^gie g^n^rale pent avoir ses exceptions en deux cas :
L'un, si les pays dont vous prendriez possession sont n^cessaires au commerce et aux traites des Francois, et s'ils pouvoient estre d^couverts et possM^s par quelque autre nation qui pust ti*oubler leur commerce et leurs traites ; mais, comme il n y en a point de cette quality, Sa Majesty estime toujours que vous pouvez et devez laisser les sauvages dans leur liberty de vous apporter leurs pelleteries, sans vous mettre en peine de les aller rhercher si loin.
L'autre eas est que ies pays que vous d^uvririez vous pussent approcher de la France par la communication avec quelque mer qui fust plus m^ridienne que Tentr^ du fleuve de Saint-Laurent, conune seroit I'Acadie; la raison est que vous connoissez parfaitement que ce quil y a de plus mauvais dans le Canada est Tentr^e de cette riviere, qui, estant fort septentrionaie, ne permet pas aux vaisseaux d'y entrer que quatre, cinq ou six mois de Fannie.
Vostre principale application ne doit pas estre de donner de nouvelles concessions, mais de bien faire cultiver Ies anciennes, et, pour cet effet, de bien faire executor Ies declarations, arrests et r^g^emens qui ont est^ donnas et envoy^ au Canada sur ce sujet.
Et , pour y appeler un grand nombre d'habitans, ainsy que c*est le principal but des intentions de Sa Majesty , il n'y a rien de plus n^essaire que de Ies maintenir en paix , tenir la main k ce que chacun des officiers et des habitans bese bien son devoir, que la justice leur soit bien rendue par euxmesmes, c'est-4-dire par Ies officiers qui en ont le pouvoir, sans y toucher vous-mesme; que vous leur montriez Texemple de ne faire que ce qu'ils doivent faire , mais de s'y bien appliquer. Cette honneste liberty que vous leur donnerez r^pandra une grande opinion dans le royaume de la justice de vostre gouverhement et conviera , par ce moyen , beaucoup de gens k y passer.
Sa Majesty m'ordonne, de plus, de vous dire qu'elle ne veut point que vous fassiez aucune nouvelle d^ense, parce qu'elle ne pent y foumir k cause du remboursement que la compagnie luy demande, et parce qu'il n'est pas juste aussy d^obliger cette compagnie k en faire.
A regard des pesches, des manufactures de potasse, goudron et autres, du commerce avec Ies isles et avec le royaume, Sa Majesty veut que vous y donniez une application tout enti^re, et que vous y portiez Ies habitans par tons Ies moyens que vous estimerez convenables, parce qu'il n'y a rien qui produira tant d'avantages aux habitans, ni contribuera plus k peupler ce pays que ces establissemens. Et pour y parvenir elle veut que vous donniez une entiire protection au nomm^ Follin, qui travaille k Testablissement de la potasse, k ceux qui travaillent au goudron et g^ii^ralement k tons ceux qu'elle y enverra ou qui iront d'eux-mesmes pour y faire de nouveaux establissemens dans lesquels ils r^ussiront.
Sa Majesty a estim^ que le sieur de Chambly^ s'acquitteroit bien du gouvemement de I'Acadie, dont vous devez assez connoistre la consequence.
> M. de Ghambly ^tait Tun des officiers du au Canada eo 1669, il fut nomine conmian- Foment de Garignan qui avaient obtenu des dant de TAcadie en 1673, en remplacement de concessions seigneuriales au Canada. Capitaine M. de Grand-Fontaine. En 1 677, il fut chai^
Elle veut que vous vous appliquiez pareillement k empescher la continuation des courses que les Francois font dans les bois, que vous en fassiez de s^vires defenses et que vous fassiez punir rigoureusement tons ceux que vous y ferez prendre.
Sa Majesty veut aussy que vous continuiez d'exciter les J^uites, les R^ collets, le s^minaire de Montreal h prendre de jeunes sauvages pour les nourrir, les instruire a la foy et les rendre sociables avec les Francois.
Elle veut aussy que vous teniez la main h ce que le vaisseau qui a est^ commence soit achev^ le plus tost qu'il se pourra, et soit mis en estat de pouvoir estre charg^ pour estre envoy^ en France; elle veut que Texemple de ce bastiment vous serve pour porter les habitans k en faire bastir quelque autre pour leur propre conunerce.
A regard du sieur de Villeray ^ Sa Majesty a toujours reconnu que c'estoit celuy de tons les habitans de Canada qui estoit le plus accommod^, et qui s'appliquoit le plus au commerce, mesme qu'il avoit desji des vaisseaux en mer qui avoient donn^ commencement au conunerce avec les isles de TAm^rique. Gomme Sa Majesty vous a toujours fait connoistre qu il n'y avoit rien de plus important et de plus n^cessaire que ces sortes d'establissemens, aussy ceux qui s'y portent devroient assur^ment avoir le plus de part en vostre confidence et en vos bonnes grftdes, afin que, par le favorable traitement qu*ils recevroient de vous, ils fussent convi^s h augmenter ce commerce et que leur exemple excitast les autres k s'y porter. C'est assur^ment I'ordre et la rig^e que vous devez tenir; et,quoyque vous trouviez quelques d^fauts en ces sortes de gens, il faut les dissimuler et les souffrir, parce que le bien qu'ils peuvent faire exc^de infiniment le mal; et,. puisque la compagnie avoit donn^ audit de Villeray la commission de recevoir les droits de i o p. o/o , vous ne pouviez et ne deviez pas donner cette recette h un autre , sous le pr^texte qu'il est attach^ aux J^suites.
Sa Majesty veut, de plus, que la compagnie paye les 3 6,000 livres des charges extraordinaires du pays suivant Testat de la compagnie, sans que vous I'obligiez k payer davantage ;
Que vous teniez soigneusement la main k ce que les habitans se pourvoyent des armes, poudre, plomb et autres munitions qui leur seront n^cessaires pour leur defense ;
du commandement mililaire des lies. Gouver- ' Premier conseillerau conseii souverain de
near provisotre de la Grenade en 1679, puis Quebec en i67il. Mort et remplac^ le 1*' juin
de la Martinique en 1 680. Mort ot remplac^ le 1 7o3. (Voir page 389.) 1^ aot^t 1687.
Que le recensement de toUs les habitans se fasse tous les ans avec grand soin, en sorte qu'ii n'en soit omis aucun;
Que vous portiez tous les gar^ons et filles au manage, aussytost qu'ils viennent en ≥
Que vous restablissiez le sieur de Villeray dans la charge de premier conseilier du conseii souverain, en cas qu'il ne Tayt point encore est^;
Que vous teniez ia main k ce que ies droits de la compagnie soyent soigneusement pay^; et, comme il y a beaucoup d'abus jusqu*^ pr^ent, Sa Majesty a donn^ des ordres pour confisquei:, h Tarriv^e des vaisseaux en France, toutes les marchandises qui ne les auront point pay^s.
Sa Majesty m'a ordonn^ d'envoyer t,ooo livres aux religieuses Ursulines de Quebec pour continuer k prendre de petites sauvagesses et ies instruire; il n'y a point d'aumosne ni de charity qui doive estre plus recommand^e k tous les habitans du pays que celle-1^.
Sa Majesty envoye de plus 9,000 livres d'aumosne h Thospital de Qu^ bee. Vous devez tenir la main k ce que ces sommes et toutes celles qui sent denudes soyent employees k des ceuvres de charity, et non k enrichir les ^glises.
Elle m'ordonne aussy de vous recommander particuli^rement la personne et les interests du sieur Perrot, gouvemeur de Montr^l et neveu du sieur Talon , son premier valet de chambre.
(Areh. de la Mar. Ordru du r(n pour les compagum de$ Indet, 167&, fol. aa.)