II. — A TOURVILLE
Versailles, A juillet 1690.
Je VOUS avoue a regret que le peu de volont^ qui paroist en vous pour Tex^cution des ordres qui vous ont est^ donnas me cause Tinquietude la plus grande que j'aye eue de ma vie, et je ne puis m*empescher de remarquer que je n'ay pas encore re(u un mot de vous qui ne soit d*un homme qui veut ^viter Tex^cution des ordres de Sa Majeste et se preparer des excuses. Dieu veuille que je me trompe! et que nous n'ayons pas, vous et moy, la honte d'avoir pass^ la campagne enti^re sans tirer aucun avantage de la foiblesse des ennemis dans le temps que le Roy a de si heureux succ^ du cost6 de terre.
Bien que la nouvelle que j*ay re^ue que les ennemis devoient aller vers les Soriingues' pour s'y assembler ne m^rite aucune reflexion et qu*elle ne soit pas vraysemblable, ne venantpas mesme d'un lieu fort seur, je ne laisse pas de vous en donner avis, afin que, en rangeant les costes d'Angleterre, vons fassiez la manoeuvre n^cessaire pour d^couvrir s'ils ne font pas route de ce cost^, de quoy vous serez suffisamment ^clair^ lorsque vous serez vers Tisle de Wight.
(Arch, dela Mar. JHpichM de la mar. de Ponant, 1690, fol. iS.)