DES MAGISTRATS DE G^NES
Le doge ou due, sur la personne duquel r^ide la majesty de la souverainet^, qui demeure dans le palais et a une garde de cinq cents AUemands; son pouvoir n'est que de deux ann^es , qui se comptent du jour et de Theure pr^se de son Section ; puis les douze gouvemeurs qui composent le s^at, lequel avec le doge s*appelle la Signoria; ensuite les procurateurs , dont les unssont perp^tuels, et les autres au nombre de huit, dont les deux s'Sisent de six en six mois; et leur pouvoir, comme celuy des gouvemeurs, est de deux ann^; les uns et les autres composent ce qui s'appelle les coll^^es souverains, qui r^lvent toutes les affaires ordinaires du gouvemement et disposent les propositions des extraordinaires qui se doivent faire aux deux conseils, au grand et au petit.
Les doges sortant de charge , s'ils s'en sont acquitt^ selon les lois, deviennent procurateurs perp^tnels; Os sont aussy bien que tous les autres ofiiciers de la R^publique soumis k la censure d'nn tribunal souverain de cinq citoyens que Ton appelle les souverains syndicateurs et que Ton ^lit tous les ans pour censurer les actions particuli^res des magistrals et rendre compte de leur administration, recevant pour cet effet toutes les plaintes et dSations qui se peuvent faire contre eux.
D y a de plus des conservateurs des lois , qui peuvent s'opposer aux Elections et deliberations, lorsqu'il s*y trouve quelque chose contraire k la constitution de la R^publique. Puis les conservateurs de la paix, qui ont soin d'entrer dans les affaires des personnes et d'accommoder les diff^rends des families; les pr^fets de la marine ou du port, ceux de Tannone ou des vivres , ceux de la sant^ , les officiers de la compagnie de Saint- Georges, et celuy de la justice civile et criminelle.
Et ce qui est de plus singulier dans cette R^publique est ce qu'ils appellent le s^minaire perp^tuel des grands magistrats , qui se remplit k mesure que les places y vaquent par la mort ou par Texclusion legitime des sujets, et qui n'est autre chose qu'un petit coffre de fer ferm^ de trois diff^rentes serrures dont le doge a une clef, les gouvemeurs
line autre , et ies procurateurs ia troisi^me , el qui est mis dans un coffre de fer qui ne s ouvre que par des clefs differodtes qui sont d^pos^ entre ies mains des conservateurs des lois et du chancelier; et dans ce coflre ii y a Ies noms de cent vingt des principaux citoyens sur des billets ^aux , roul^ et pass^ chacun dans un petit annean d'arg^L B s ouvre de six en six mois , et , en la prince du doge et du Grand Conseil , il se tire au hasard et par Ies mains d*un enfant cinq billets , dont Ies trois premiers donnent Ies noms des gouvemeurs ou s^nateurs et Ies deux suivans ceux des procurateurs Sectifs. Si deux d une mesme famille se rencontrent, le premier est s^nateur et le second procurateur, et s'il en vient plus de deux ou mesme deux , apr^ que le nombre des s^ateurs est remply, on rejette le surplus dans le coflFre pour en tirer un autre, ne voulant pas qu'il y ayt plus d'un sujet d'une famille dans chacun des colics.
L'^lection du doge se fait en cette mani^re : en la prince du Grand Conseil des quatre cents Ton met dans une boite dix ballottes dories et marqu^ chacune d une lettre difii^rente de Talphabet, et Ton five au basard une d'elles, laquelle n'est vue de personne que des conservateurs des lois , qui font mettre ensuite dans une autre botte cinquante ballottes dor^ et marquees de la lettre que portoit la ballotte qui avoit est^ pr^demment tir^, que Ton accompagne d'un certain nombre de ballottes argent^es et sans marque, de la mesme grosseur, poids et figure des premieres; en sorte que le nombre de toutes Ies ballottes dories et argent^ est ^gal k celuy des conseillers assemble au conseil. Ceux-cy tirent k leur rang chacun une ballotte hors de la bofte ou elles sont premi^rement bien mesl^ , et Ies cinquante qui ont tir^ Ies dories ^rivejit chacun le nom d'un citoyen sur un billet que Ies conservateurs des lois et le chancelier font incontinent transcrire dans un livre afin que tout le monde Ies voye, et Ies vingt citoyens nomm^ par cette mani^re et qui ont le plus de voix sont r^uits par le Grand Conseil au nombre de quinze par ies suffrages, et ce sont eux que Ton appelle ies propose k la dignity de doge, dont Ies noms sont envoy^ au Conseil des cent, qui Ies rdduit au nombre de six ; et ces demiers sont de rechef examine par le Grand Conseil , qui fait pom* doge Tun de ces six ^ qui il donne plus de suffrages. Ou il est ^ remaix[uer qu'il faut que Ies six choisis au Petit Conseil n'ayent pas moios des trois cinqui^mes de toutes Ies voix, ce qui fait que souvent cette Section dure beaucoup de temps et se fait k plusieurs reprises, pour la difficult^ qn'ils ont de s'accorder en si grand nombre sur un si petit nombre de sujets.
Les conseils grand et petit se font de cette mani^re : celuy des cent Sit tons ies ans a la plurality des suffrages trente citoyens que Ton appelle les Sectems, parce qu'ils ont la faculty de tirer du corps de la noblesse quatre cents sujets qu'ils estiment le plus capables d'administrer la R^publique pom* composer le Grand Conseil, dans lequel reside la souverainet^ , qui par ce moyen est purement aristocratique. Ces mesmes Secteurs font un second choix, k ia plurality des suffirag^, de cent citoyens pris dans les quatre cents sujsdits, qui composent le Petit Conseil , lequel avec le doge et les colleges r^out ia plupart des affau*es , dispose avec eux ies propositions les plus importantes et extraordinaires qui se doivent n^soudre au Grand Conseil. Ces conseils se changent tons les ans ; leurs lois ont ordinairement un temps limits de dur^.
Les magistratures et ies principaux gouvememens, les g^n^raiit^s et capitaineries des galores et plusieui's autres charges de judicature et de milice ne se coni^rent que par le Grand Conseil et k des gentilshommes inscrits dans le livre de la noblesse habile au gouvemement de VEstat. Mais les petits gouvememens et les petites charges de judicature et de milice, les offices des secretaires et des notaires de la R^publique, ceux des
douanes, les seconds offices de ia sant^, de Tannone, de la marine et plusieurs autres ne sont confi^r^ qu'aux G^ois qui ne sont point de Tordre aristocratique.
Au reste, quoyque Ton dise que la R^publique de Gtoes possMe la plus grande partie du pays que Ton appeloit autrefois la Ligurie, compiis au long de la mer entre les fleuves Magra du cost^ de Torient qui la s^pare de T^trurie, et Var h Foccident, oii eHe se joint k la Provence, les termes n^anmoins du G^ovesat sont au del^ du Magra d'un cost^, et de Tautre ils n'arrivent pas jusqu'au Var, parce que les G^ois sont les niaistres de Sarzane et Sarzanella dans T^trurie, et ils ne s avancent pas vera Toccident au del^ de Vintimiglia, laissant la principaut^ de Monaco et le comtd de Nice jusqu'au Var. Le reste mesme de leur coste que Ton appelle la Rivi^ de G^nes est interrompu par divers pelits Estats, comme par la principant^ d'Oneglia , qui appartient au due de Savoie , et par le marquisat de Finale , que les Espagnols ont usurp^ sur la maison de Carretto.
Toute sa longueur, qui est d'environ soixante iieues, est le long de la mer divis^ en Riviere de Levant depuis Sarzane jusqu'^ Gtoes, et en celle de Ponant depuis G^nes jusqu'^ Vintimiglia, en sorte que la ville se trouve quasy au milieu de Tune et de Fautre. Sa largeur du cost^ des terres est fort inhale et dans sa plus grande estendue n'a pas plus de fauit ou neuf Iieues.
Get Estat, du cost^ de Vintimiglia, confine k la principaut^ de Monaco et au comt^ de Nice vers AJbenga ; il ferme la principaut^ d*On^lia et le marquisat de Finale entre Albenga etSavone; du cost^ des terres il touche au Pigment, au Montferrat, k TEstat de Milan, k celuy de Panne et au prince de Landi. Dse joint vers la vaH^ de Magra aux seigneurs de Pontremoli et de Finizano , k la principaut^ de Carrara et de Massa , et aux seigueuries de Fos-di-Novo des marquis de Malespine.
Ses villes principales sont G^es, Savone, Sarzane, Albenga, Vintimig^a, San-Remo, Noli , Rapallo , la Spezia , Brugneto , Novi , Porto-Maurizio , Voltaggio , Gavi , Resina , etc. II y a des forteresses quasy dans toutes ces places, ou ils entretiennent gamison.
lis ont ruin^ le fort de Vado pr^ de Savone, qui estoit basty k la pointe du cap sur le penchant' de la montagne , et ils ont conunenc^ une place assez grande sur le bord de la mer entre le bourg de Vado et le susdit cap. Sa figure est d'un pentagone irr^gulier, dont il y a deux bastions qui regardent la terre et les trois autres sont bastis dans la mer; ce qu'ils ont fait pour se retirer autant qu'ils ont pn du commandement des montagnes voisines , qui les a mesme oblig^ de se resserrer de telle sorte que leurs flancs n ont pas plus de 8 ou 9 toises de feu, et leurs faces n'ont gu^re plus de ^4 ou s5 toises. Quelque soin qu'ib ayeot pris de piloter dans leurs fondations, ils n'ont pas empesch^ que leur muraille ne soit creus^ en plusieurs endroits, et il a fallu en reprendre la plus grande partie par le pied. D n'y a point encore de rempart ni de foss^; la conlrescarpe n'est que trac^, dont le contour a quelque chose de bizan*e dans la figure de ses angles saillans , qui sont arrondis vers les pointes des redans pour empescher qu'elles ne s^avancent trop loin dans la campagne. Il y a apparence qu'ils mettront des demylunes vis-^-vis des trois courtines qui regardent la terre et qu'ils esplanaderont au plus loin qu'ils pourront tons les converts qui sont pr^ntement aux environs de la place.
De toutes les autres forteresses, la plus consid^able est celle de Savone, qui est forte quoyque tr^irr^^uli^re; le port est grand et tr^-assur^. C'est un tr^s-grand dommage que les G^ois le laissent gaster et remplir tout expr^s comme ils font, afin d'oster tout commerce k la ville de Savone et de le transferer enti^rement k celle de G^nes.
11 y a quantity de fort bons mouillages dans la coste de G^nes , dont les principaux
sont sous Alassio, sous Tide d'Albenga, ^ Vado, k Savone, k Poilo-Fino, au goife de Rapallo, k celuy de la Speria et h Porto-Venere.
Les G^nois, oatre ce qu*3s tiennent en ien*e ferme, possMent encore les isles de Corse et de Capraja; ii y a qudques viiles assez considerables en Corse, dont la capitate est Bastia, n^idence du gouvemeur, assez grande et bien fortifi^; les autres sont Ajaccio, Calvi, San-Florenzo et Bonifacio; il y a un bean goUe et une petite forteresse h Porto-Vecdiio.
lis entretiennent ordinairement sept galores dont ils se servent poor le trafic et particuli^rement poor celuy des soyes de Messine , et pour tenir leur coste nette des corsaires. D y a de plus des galores qui appartiennent h des gentikhommes particuliers qui trafiquent, et d^autres qui sont entretenues par le roy d'Espagne, sous les princes Dona , ainsy que celles que le Roy fait subsister sous le conunandement du marquis Centurion.
La R^publique de G^nes a depuis peu pr^tendu dialler au pair avec les testes couronn^ k cause du royaume de Corse qu elle possMe , et elle a eu pour ce sujet plusieurs d^esl^ avec les princes qui ne Tont pas voulu reconnoistre en cette quality ; et c'est pour cet effet qu'elle n'entretient plus d'ambassadeurs dans les cours estrang^res, niais seulement des r^idens sous le nom de gentilshomines envoy^.
Les G^nois eurent, il y a environ trois ans, une grande querelle avec le Saint-Si^e au sujet de I'inquisiteur, quails avoient cfaass^ de leur viile pour sesire med6 d ordonner diverses cboses contre le bien et la seuret^ publique, et pour avoir mesme proc^^ de fait contre quelques-uns des magistrals principaux de la R^publique; mais, cette affaire ayant est^ accommod^ au temps du mariage de don . . . Rospigliosi , neveu du pape Clement IX avec la flUe de don. . . Giustiniani, gentilhomme de la R^publique, elle s'est roropue de rechef apr^ la mort de ce pape , snr ce que Tinquisiteur a voulu se servir d'un dominicain, religieux de son ordre, pour secretaire ou greffier, quoyque par Taccommodement il dust en recevoir un de la main du s^nat. Cet inquisiteur ayant este de rechef oblige de se redrer, la cour de Rome a pris assez vigoureusement TaflKrmative pour luy contre la Seigneurie , qui de son coste s'est roidie contre Tinquisition , k laquelle elle pretend donner les mesmes bomes que celle de Venise a establies pour die; et elle ne veut plus souffirir que ce tribunal, qui va assez vite, fasse aucune procedure sans la presence de deux gentilshommes commissaires nommes par la Republique, aGn qu'elle puisse estre informee de tout ce qui s'y passe.
C'est pour ce sujet que Tenvoye de G^nes s'est retire il y a un mois de la ville de Rome par Tordre de ses superieurs , parce qu on ne luy a rien accorde sur ses demandes; et ce qui reste d'esperance d'ajustement ne roule que sur les avis que Ton a de Tarmement du Grand Seigneur et la crainte qu'il n'ayt dessein d'entreprendre sur Tltalie, qui pourroient pent estre obliger les ministres de Sa Saintete de se relascher et donner satisfaction k la Republique, qui, de son coste, pourroit assister TEglise par des secours considerables.
Ils ont aussy eu un demesie assez important avec M. le due de Savoie au sujet de certains villages contentieux entre eux pour les limites , qui ont este regiees k la satisfaction des deux parties par les ministres du Roy, entre les mains duquel ils avoient rerois leurs interests.
Ils sont encore sur le point d'avoir differend avec le grand-due de Toscane au sujet du fief imperial de Fos-di-Novo, qui appartenoit aux marquis de Malespine, et dont les deux fr^res derniers de cette maison moururent au commencement du caresme dernier.
le cadet ayant fait assassiner son aisn^ et ayant est^ tu^ en mesme temps par un des gens de son fr^re, en regardant par one fenestre Taction de ses menrtriers. La veuve de Taisn^ s'estant trouv^e grosse, le Grand-Dac a envoy^ des soldats se saisir du chasteau poor le garder jusqu'a Taccoudienient de la dame, et les G^nois ont peine h soufl&ir cette invasion, pr^tendant que cette protection leur appartient plutost qu'^ Fautre, h cause du voisinage de Sarzane.
Les autres interests dela R^publiqne sont ceux-cy : elle est toujours en garde,
Avec TEmpereur, qui luy dispute la sonverainet^ ind^pendante, et qui par ses anciens droits pretend avoir toujours sur elle nne superiority qui a mesme est^ renouyd6e dans ce si^e, au sujet de Tafiaire de la maison de Garretto et de Finale;
Avec les rois de France, k qui elle s^estoit autrefois donn^ sans r^rve, qui Tout si longtemps possM^, et qui, par le voisinage de ses costes et particuli^rement de Monaco, qui est maintenant sous leur protection, la tiennent continuellement en bride et Tobligent de vivre bonnestement avec eux.
La mesme cbose est k T^ard des rois d*Espagne, k cause des pretentions des rois de Naples et des dues de Milan , et du voisinage de Finale et du Milanois, que les Espagnols poss^dent, et qui donnent beaucoup de jalousie h la R^publique, laqudle est d'ailleurs enti^rement plong^e dans les interests des Espagnois, qui tiennent dans leurs mains les fortunes des famiUes les plus accreditees de Gtoes par les grandes sommes qu'elles ont prestees aux rois d'Espagne depuis Charles-Quint, lesqueb leur ont affecte la plus grande partie des revenus tant des royaumes de FEurope que des Indes, et mesme les plus beaux fiefs du royaume de Naples, ce qui tient les Genois dans une esp^ de servitude sous les Espognols, qui de temps en temps font des banqueroutes, sous pretexte de moderer les interests excessifs ou de faire de nouveUes supputations de leurs dettes.
Le Grand-Due a des pretentions contre la Republique au sujet des places de Sarzane et Sarzanella, qu*elle possMe au del^ du Magra, dans I'^trurie, et qui estoient autrefois du domaine des Florentins;et au sujet de Tisle de Corse, que les Genois ont reprise sur les Pisans, qui la leur avoient ostee pen de temps apr^ quails eurent chasse les Sarrazins.
La paix que la Republique a avec tout le monde la dispense de Tentretien de beancoup de troupes; quoyqu^elle ayt un tr^grand nombre de places k garder, eHe n*d pourtant pas plus de lo ou 13,000 hommes de*gens de soldo; ii est way que dans lebesoin elle pourroit roettre sur pied une armee de 3o,ooo hommes; mais il luy seroit diflScile de les faire subsister longtemps, parce que ses revenus et la plupart des fonds de son domaine sont engages k la compagnie de Saint-Georges, de qui, dans ses besoins, elle a emprunte de grandes sommes; et Ton dit de G^nes un proverbe: Pauvre public, riches sujets; au contraire de Venise ou Ton dit : Pauvres sujels, riche public.
II y a dans G^nes une puissance tr^s-considerable et d'un si grand credit par ses richesses qu*elle donne indirectement le branle h toutes les affaires du gouvemement. C'est la compagnie de Saint-Georges, dont voicy Torigine : la Republique, se trouvant autrefois dans la necessite, fut obligee d'emprunler de ses citoyens, moitie de gre, moitie de force , des sommes considerables , el , ne se trouvant pas en estat de les rerobourser, elle leur assigna certains revenus en forme d'alienation pour la seurete de leurs creances et le payement des interests , dont il sefit diverses societes de creanciers, qniprirent le nom des femies qni leur estoient affectees. Mais comrac , pour esti'e plus facilement III.— a* 19
290 ANNEXES DES IXSTRUCTIONS.
regies, dies furenl tootes rMoites eo une sous le nom d% eompagnie de SaintrGeorges, les cr^Dces fiireot r^^ de Borte qoe eeluy qui avoit preM too lirreB k \a R^blkpie eot an Hea qa^ils appdleDt eompera daos la compagnie, ei deux lienx cdny qui estoit cr^Dcier de 900 livres, et ainsy des auhres. L'oo efaoisit tons les ans certain nombre de cr^nciers pour administrer tons les fonds et revenus, h proportioo desqueb lis payent poor int^est k chacun des int^ress^ ce qui lay peat revenir, sdon la quantity de lieui qa*il possMe. Et ces fonds se soot tdlement aagmenl^ par le boa mesnage, qa^ik oot abeort)^ qoasy tons les revenos de la R^publique, la piaparide ses domaines de terre ferme et ceax mesmes de Tisle de Corse. Leurs privities soot si graads que la R^publique roesme ne s^oroit rien dianger ni alt^rer dans leor administration , et ils manient leurs aflCsures avec tant d'adresse et de secret qu'fl a a jamais est^ possible a persoDoe, noo pas mesme aai prioces qui onl est^ maistres de G^oes, deleurdooner aucone atteinte; de sorte que c est comme one r^poblique dans la r^pobliqoe de Gtoes, avec cette difii^rence que celle-cy est sujette aux charges et est souvent tomb^ sous des tyrans et sous des estraogers , au lieu que celle de Saint-Georges est ^temelie , et ne s*est jaouiis d^nenlie de sa premiere mani^ de goovemer. EUe a ses roagistrats et sa joridiction s^par^ de toutes les autres, par qui toutes les mati^res qui la concement, tant entre les cr^anciers qu'avec les autres, sont sonverainement d^ei<Ues '.
(Bibl. Imp. Mss. MiUtngt9 Colbert, vol. 8A.)