POUR LE VOYAGE DE HOLLANDE ET D'ANGLETERRE
[Juillet 1671.]
Quoyque le voyage que je viens de faire {eelui d'ltalie) soit assortment fort utile, et qu il m'ayt donn^ des connoissances que je pourray mettre en pratique selon les occasions, je dois consid^rer le voyage d'Angleterre et de HoUande d'une tout autre mani^re. Je verray les deux puissances de mer d'Europe qui ont le plus de reputation; ainsy, examinant bien tout ce qu elles observent et tout ce qui les a fait r^ussir dans leurs entreprises, je prendray des connoissances fort consid^ables, et qui me donneront de grandes lumi^res pour la charge que je dois faire. II faut done que je travailie avec application, non-seulement k connoisti*e en g^t^ral ce qui fait mouvoir toote leur marine, mais aussy je dois descendre dans le detail, et tirer de ceux que je trouveray sur les lieux, on de leurs officiers mesmes, s'il se peut, toutes les instructions que je pourray, pour mettre apr^ en pratique , dans la marine du roy, ce que je trouveray qu'ils feront mieux que nous , et ce que la longue et continuelle experience qu'ils ont de la mer leur a appris.
Je consid^reray combien il est important que je m'applique extraordinairement pendant ce voyage, puisque j'auray, toute ma vie, affaire de ce que j'y apprendray, et que je pourray par ce moyen me mettre en estat de bien servir le Roy et de luy paroistre bien inform^ dans les rencontres ou j'auray h luy parier de la marine.
* Le marquis deSeignelay avait saiisdoiite autres l^lats iialiens, mais il n'y a pas donn^ ieprojet de faire un travail analogue sur les suile. — * Voir Inatruciions, pike n* 18.