‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 76 sur 246 · JOURNAL DE MON VOYAGE · texte numérisé non relu

JOURNAL DE MON VOYAGE

DBP0IS ATH JUSQU'A LONDRES, DW J JUILLBT AU 10 AOUST.

(Minute antographe.)

Amsterdam , 96 juiilet 1671.

Apr^ que le Roy Ait party <l*Ath, je m'en allay disner k Enghien ie mardy 7 de ce mois. G'est ia premie viUe des Espagnols de ce cost^^ , qui n'est point fortifi^ et qui n*a rien de considerable que le jardin du due d'Arscot , que tout le monde a vu. Tallay coucher le mesme jour h Bruxelles, qui est 1& capitale des provinces qui ont demeur^ sous i^obSssance du roy d'Espagne; le gouvemeur des Pays-Bas y fait son s^jour ordinaire, et c'estoit ceiuy des anciais dues de Bourgogne.

La ville est bastie sur une Eminence d'une pente assez douce et s'estend mesme dans la plaine et forme un objet tr^s^gr^ie h ceux qui viennent du cost^ d'Ath. Les maisons y sont assez belles , quoyque d^une mani^re bizarre. Elles wmi tontes basties de la mesme mani^re. Le palais qu'iis appellent la Cour occupe le haut de {'Eminence, et le pare a qnelque chose de champestre qui plaist assez. La place la plus consid^able apr^ cdle de la Cour est celle de Fhostel de ville; il est basty d'une architecture gothique et vis-^vis la maison ou Ton rend la justice, bastie du mesme ordre que Thostel de ville.

Le comte de Monterey n'estoit pas h Bruxelles quand j'y passay, en estant paily pour aller h Bruges; il est fort aim^ de tons les peuples, parce qu'il a restably Tordre et la discipline de ces provinces « dont les gouvemeurs pr^cMens avoient enti^rement abendcmn^ le soin. II paye les gens de guerre et empesche par ce moyen les vols qui estoient si ordinaires, et. au lieu que les autres gouvemeurs toumoient tout h leur profit, H fait voir Temploy de tout Targent qui luy revient entre les mains et des nouvdles lev^ qu'il fait sur les peuples. Pour subvenir aux d^penses extraordinaires qu*il est d^iigi^ de faire pour le restablissement de toutes les places et le payement des troupes, il vend publiquement les diarges de police et de justice , qui est un revenu fort considerable.

Apr^ avoir demeur^ un jour k Bruxelles, j'en partis le 9 pour aller k Anvers; je vis Malines en passant, qui est une assez belle ville. Elle compose seule une des dix-sept provinces; c^est le s^jour des conseils souverains pour la justice et pour la police. II n*y a rien de remarquable en cette ville que le B^guinage, qui est un des plus grands de toute la Flandre : cest un grand encloB de maisons avec une ^glise au milieu; il y a mille rdigieuses, qui ne gardent poi^t la dosture et qui sortent quand elles veulent

De cette ville, j allay coucher k Anvers. C'esi une fort grande et fort belle ville qui pretend estre imp^riale quoyqu'elle ob^isse aux Espagnols; elle a de fort grands privil^es et se gouveme tout par elle-mesme. Les Espagnols ne peuvent y mettre de ganiison qu'en cas de guerre et ce sont les bourgeois qui gardent ordinairement la ville. EUe est bastie sur rE8caut,et c estoit autrefois la ville d'Europe la plus avantageusement situ^e pour le commerce et qui profitoit le mieux de sa situation ; mais , depuis que le due d'Albe y vouint estaUir une inquisition et y (it bastir une citadelle ' , les marchands en

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abandonn^nt le 8<Sjour pour en alier chercher un ou ils eusseut plus de liberty pour leur conscience « et ou iis fussent moins expos^ k \a violence des sotdats espagnols. Led^ris du conunerce de cette ville a beaucoup contribu^ h I'establissement de celuy de Londres et d*Amsterdam. Ce qui se voit de plus considerable k Anvers, c'est la citadelle, que Ton a fait extr^mement bien restablir depuis peu ; elle a cinq beaux bastions h oreillons el elle passe pour une des meilleures de TEurope. fl y a un endroit, du cost^ du Brabant, qu'ils ne laissent pas voir volontiers, par lequd on peut ouvrir la tranchee h convert, fort pr^ de la contrescarpe. Le gouvemenr de cette citadelle est mort. C'est d*ordinaire un grand d*Espagne. It est ind^pendant du gouvemenr g^^ral des Pays-Bas, quoyqu^il re^oive ses ordres en temps de guerre. Les remparts de la ville sont plants de deux rangs d*ail^ de fort grands arbres, et c'est la plus belle promenade qui se puisse voir. L'^lise des J^uites est de marbre blanc, assez mal entendue. La grande ^ise est fort obscure; on y montre un tableau d'un mareschal que Tamour fist devenir peintre: c'est une Descente de croix assez belle. B y a une place fort belle et fort tongue qui s appelle la Mir, et qui est le plus bel endroit de la ville.

Je partis le lo d'Anvers pour aller h Berg-op-Zoom. Le long de TEscaut, on trouve deux forts aux Espagnols, appel^ Sainte-Marie et Lieskenshoek(?); ce sont des carr^ k quatre bastions de tore que leur situation sur la rivi^ rend considerables. On trouve a[»^ , Lillo , qui est le premier fort des Uollandois , apr^ quoy on arrive h Berg. Un canal qu*on a tir^ de la rivi^ jusqu*^ la ville fait une mani^ de port, propre pour les barques. C'est wie place situ^e dans le Brabant, d*une mediocre grandeur et assez bien fortifi^e; elle n*est pourtant que de terre, comme la plupart des fortifications des HoUandois. La ducbesse d'Oxoldres , m^ de la comtesse d'Auvergne, en est marquise, et cette terre luy vaut 1 00,000 livres de rente.

De Berg-op-Zoom, j'allay coucber h Breda, dont le prince d'Orange est seigneur. Ses fortifications, quoyqu'elles ne soyent que de terre, ne laissent pas d'estre fort considerables par ses dehors , qui sont fort grands.

Le i3 j'allay disner h Moerdyk, qui est un meschant village oil le Brabant finit.

Apr^ avoir pass^ la rivi^e qui s appelle Holands Diep, nous allasmes coucber ^ Botterdam. C*est une des plus considerables villes de HoUande, tant pour sa grandeur que pour sa situation avantageuse. EUe est situee presque k Temboucbure de la Meuse, qui, estant fort large et fort profonde en cet endroit, fait un port pour les vaisseaux de guerre fort bon et fort assure.

La ville est coupee de plnsieurs canaux pour la facilite du commerce. Le plus grand , dans lequd la Meuse entre, sert de port aux vaisseaux marcbands; ceux de guerre sont h Tancre le long d'un grand quay qui borde la riviere. Bs sont enfermes dans une double enceinte de pieux afin d empescher qu on n'en approche. L^ ville est fort grande et est la premiere amiraute de HoUande. Je ne diray rien icy des magasins de cette ville, ni du nombre des vaisseaux qu*elle entretient, parce que j en ay parie dans mon traite de la marine de HoUande. Estant k Botterdam , on m'assura que la flotte estoit h Hellevoetsluis, petit bourg qui en est ^ cinq ou six lieues. Je m*embarquay pour y aUer et je passay par BrieUe, petite viUe sur la Meuse. A Hellevoetsluis, il y a deux vaisseaux de guerre et h Royal Charles, qu'fls prirent sur les Anglois quand Us entr^ rent dans la Tamise. Ds font faire un canal fort large et fort grand pour servir de port k leurs vaisseaux de guerre, el, conmie Us n'ont pas assez d'eau pour les grands vaisseaux. Us pnt fait faire h Tenlree du canal, h Fendroit ou U se communique avec la mer, une grande el belle eduse par ou leurs phis grands vaisseaux de guerre passeront.

Je Youlois m eoibarquer h Hellevoelduis pour aiier voir la flotte que Ruyter commande, mais je s^us qu'eile s'estoit s^par^ pour ailer reprendre des vivres, une partie au Texel el Tautre a Flessiugue. U ne restoit plus que quatre ou cinq vaisseaux de Fescadre de la Meuse qui estoient h cinq ou six lieues de Ih , et le vent , qui nous (ut contraire , nous empescha d y pouvoir aller. Nous iiismes done oblig^ de nous en retoumer a Rotterdam, d oji nous parttsmes pour aller coudier le mesme jour k la Haye.

Nous vismes Delflhaven, qui est une petite ville assez agr^le; elie est entrecoup^ de canaux hordes d'arbres de chaque cost^. Les maisbns, comme celies de toutes ies autres villes de la Hollande , se ressemblent toutes et ne sont distingu^ que par leur grandeur. Dans T^lise de cette ville sont les tombeaux des princes d'Orange, qui sont assez beaux. Vis-^-vis cette ^glise est I'hostel de ville, qui est d'assez bon goust et qui est le pfus joly bastiment que j aye vu en Hollande. Leur grand magasin de canons est en cette ville , et ils en ont bien 9,000 de fer et 1 ,000 de fonte , de toute sorte de calibres , d^uis &8 jusqu'^ k , quoyqu'ils n*en ayent gu^re de &8.

Ce mesme jour j'allay coucher k la Haye. Quoyque ce ne soit qu*un village, la Haye <%ale n^anmoins la grandeur des viHes el les surpasse toutes en beautd. Elle est bastie k un quart de lieue de la mer, ou un cours, plants depuis peu de fort beaux ari)re8, m^ par un chemin tr^agr^le h un viUage qui s'appelle Scheveningen. Les iieux les plus considerables de la Haye sont : la Conr, od loge le prince d*Orange et ou s'assemMent les d^put^ des Estats Gdn^raux et Tassembl^ de Hollande; le Vivier, qui est une grande terrasse plants d arhres, qui est bastie au long d'un grand carr^ d'eau. R y a une grande rue ou sont les plus belles maisons de la ville; au bout de cette rue est une fort belie place; mais ce qu'il y a de phis extraordinaire, c'est qu'en sortant de ces maisons on trouve un fort grand pare plein de bestes fauves, qui a tons les agr^mens que Ton pent souhaiter dans les plus belles promenades.

Je s^oumay le 17 ^ la Haye, et le 18 je partis en bateau pour aller k Amsterdam.

Je vis Leyde, en passant, qui est une des plus bdles et une des plus grandes villes de Hollande. H y a une university fort considerable. On montre une salle oil il y a les squelettes de toute sorte d'animanx, et de grandes armoires oji il y a des momies fort enlitres.

De Leyde , je vis Harlem , qui est une fort grande vDle , aussy bastie aupr^ d'mi grand lac qui s'appelle la mer de Hariem.

J'arrivay le 19 ^ Amsterdam , qui est pr^sentement la ville du monde du plus grand commerce. Elle est bastie k Yextr4mii6 du golfe qui s'appelle la mer du Sud et fait comme un demy-cercle autour de son port. Elle est environn^e du coste de la terre de 97 bastions revesbis de briques, qui ont coust^ des sommes immenses, parce qu'il a falhi les bastir sur pilotis. Rs ne servent pourtant que d omement h la ville, parce que , le pays des environs estant fort bas, on le pent inonder, en laschant les ^cluses , jusqu'^ la hauteur de 1 o pieds. On a augment^ la ville d'un tiers depuis dix h douze ans; elle pent estre grande comme ce qu*on appelle Paris, sans les faubourgs, mais les maisons ne sont pas si eiev^es, n'y ayant gu^qu*une famille qui loge dans chacune. D'ailieurs les canaux qui passent au milieu des plus grandes rues occupenl un fort grand espace el en laissent moins aux Iieux habitus. Le port, ou il y a fort peu d'eau et ou h peine les grands vaisseaux peuvent venir avec leur lest, sans canons ni munitions, est aitoure d'un double rang de pieux a 1 0 pieds de distance les uns des autres. II y a plusieurs separations, dontles unes servent pour les vaisseaux de guerre, les autres pour les vais-

seaux Biarchands. U y en a bien pr^sentement ^ , . et on dit qu'en hy ver il y en a davantage, parce que tous ceux qui sont au commerce du Nord soiit oblig^de demeurer dans le port pendant ce temps.

Apr^ avoir est^ jusqn'an %li k Amsterdam, je partis pour alier faire un tour en Nord-Hollande; je passay par Sardam, qui est ce village qui s'oblige, en luy donnant deux mois d'avance , de foumir tous les jours un vaisseau de guerre. J y examinay la mttoi^ de leurs constructions. II y avoit environ trente ou quarante bastimens sur les chanti^^s, en fr^ates, flustes, pinasses, pataches et autres petits bastimens.

De Sardam , je passay k Purmerend et allay coucher k Hoom , qui est une fort petite viUe , ou il y a quatre ou cinq vaisseaux de guerre.

De Hoom, je partis pour voir Medenblik et Enkhuizen , qui sont k pen pr^ la mesme chose que Hoom et dont je parleray plus au long dans mon traits. Ces trois villes font eonmie un triangle k Textr^t^ de Nord-Hollande. Le pays est ^traordinairement beau, maifl les villes sont tr^peu de chose.

Apr^s avoir vu ces villes, je revins coucher k Amsterdam, od j'ay est^ oblig^ de de* meurar encore deux jours, n*ayant pas pn {M'endre en moins de temps les Mairdssemans qui m'estoient n^cessaires.

Je partis d'Amsterdam le 38 du mois de juillet, k huit h^u^ du soir, pour aller en Z^ande visiter les ports de cette province. J'arrivay le lendemain matin k Utrecht, qui est la ville capitale de la province de ce nom. Je n'y arrestay que deux heures pour voir la ville, qui n a rien de remarquable que la grandeur d'une assez grande ^ise.

D'Utrecht, je m'embarquay pour continuer mon chemin jusqu'^ Dordrecht On voit en passant une petite vflle nonmi^ Vianen , qui appartient k la maison de Brederode*. Cette ville est situ^ sur les bords de la riviere du Leek.

De Vianen, je passay k Gorcum, qui est une petite ville dont les fortifications sont de terre; eHe est situ^ sur la Meuse et ons'y embarque pour Dordrecht. Cette ville est hastie dans une isle que les eaux du Rhin , de la Meuse et du Linghe font. C'est une viHe fort grande et fort ancienne, elle n a point de fortifications. Apr^ avoir vn la ville je m*embarquay pour aller k \mce, qui est la premiere ville qu'on rencontre dans Tisle de Walcheren. Cette ville appartiait en propre au prince d'Orange ; il y a un port assez petit, ou ils ne laissent pas de mettre quelques vaisseaux de guerre.

De Veere , je passay k Middelbourg , qui est la capitale de Z^lande et qui est un des plus beaux ports et des plus commodes qu'il y ayt dans les sept provinces. Les grands vai»seaux y peuvent entrer tout charg^ et passent dans un canal de cinq lieues de long qui est fort creux et qui laisse jusqu'^i 1 8 pieds d'eau k mar^e basse. Cette viUe est fort belle et fort marchande , bastie comme sont toutes les villes de Hollande.

De Middelbourg ,je fus k Flessingue ou je demeuray trois ou quatre heures. Flessingue est une assez belle ville, mais surtout c'est le port le plus consid^able de la Hollande; sa rade est aussy fort bonne, les plus grands vaisseaux y peuvent demeurer k Fancre, sous le canon de la ville, avec tout leur Equipage. La mer en bat les remparts et laisse jusqu'aupres du pied de la muraille quatorze ou quinze pieds d*eau , lorsqu*elie est mesme le plus basse. Les Hollandois , pour empescher la mer d'endonmiager la muraille de la ville qui est de ce cost^l^ , ont fait plusieurs chauss^ en ^peron dans la mer pour la d^

* Ghiflre laiss^ en blanc dans le manna- puis 1 566 , tirait son nom du chateau dc Brecril. derode, pi^s de Harlem.

* CeUc famillo, qui possiMlait Vianen de-

feadre. Ces chauss^ sont faites avec double rang depieux, entre lesquels ils ont jet^ de fort gros quartiers de pierre qui rmnpent la mer et rempeschent de venir jusqn'li la muraiite. Tout le rempart, du cost^ de la mer, est gamy de fort belles pieces de canon. L'bostel de ville de Flessingue est assez- beau; cest un fort grand bastiment goUiique, qui paroist mesme fort ancien. Les princes d'Orange sont les seigneurs particuliers de cette ville, qui porte le titre de marquisat.

De Flessingue , j'allay coucber au Sas de Gand, qui est une petite ville que les Hollandois prirent dans la Flandre, pendant que les Espagnols assi^feoient Ostende. EUe est assez bien fortifi^ > et ils y tiennent une bonne gamison. Elle a des ictuses qui inondent toute la campagnejusque assez prodiede Gand.

Le lendemain 3i, je m'embarquay sur le canal pour aller k Gand. C*est une tr^ grande ville , capitale de la province de Flandre, c^dl>re par la naissance de Gbarles- Quint. D y a un assez beau chasteau, de fort belles ^ises. Le comte de Monterey fait bastir une citadelle qui sera assez petite et qui, sdon ce qui est desjii basty, ne doit pas estre grand'chose.

De Gand, j'arrivay le i* aoost k Bruges. C*est une ville fort belle , situ^ dans une grande plaine, bien fortiO^ et bien bastie. Les ^ses y sont belles. D y a, dans ceile de Nostre-Dame, le tombeau de Cbarles le Hardy, dernier due de Bourgogne, qui fut tu^ devant Nancy. Aupr^ de son tombeau est celuy de sa fille, Marie de Bourgogne, qui ^usa Maximilien , et luy apporta les Pays-Bas en mariage. II y a , dans la mesme ^ise, une Vierge qu'on dit estre de Michel-Ange, mais je la crois copi^ de celle qui est h Rome, dans la chapelle du Saint-Sacrement de Saint-Pierre; eUe ne laisse pas d'estre fort belle et elle est fort estim^. lis out fait faire h Bruges un fort grand bassin , ou ils pr^tendent faire venir des vaisseaux par un canal qu'ils tireront d*Ostende dans ce bassin.

De Bruges , j'allay coucber le a de ce mois k Ostende, qui est une assez petite ville. Le port en est fort grand , mais il n y a presque point de fond. Je ne pus voir les fortifications parce qu'ils ne voulurent pas me le permettre.

D*Ostende, k Nieuport, qui est une fort vflaine petite ville.

De 1^, j'allay coucber k Dunkerque, en passant par Fumes. J*y arrivay le a au soir et j'y demeuray tout le & et le 5 , pendant lequel temps je vis toutes les fortifications de la ville etde la citadelle, le port, les constractions , Tarsenal, les vaisseaux qui sont bastis, que j*ay trouv^ fort beaux , le bassin et tout ce qui se fait et se doit faire pour Festablissement de la marine, dont je me suis fait instruire par le sieur Gravier.

De Dunkerque, j'allay prendre le petit vaisseau que mon oncle m*avoit ^ivoy^ h Calais, d*ou jepassay en Angleterre par la rivi^, qui est une fort bdle cbose k voir. Je d^barquay k Greenwich , qm' est ^ 5 milles de Londres , oi^ je suis pr^sentement depuis trois jours.

(Bibl. Imp. Mw. M4Umge$ Colbtrt, vol. 84.)

MARINE DE HOLLANDS. 301

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