A M. BOUCHU
INTENDANT A DIJON
Sceaux, *•"> orlobro iliyo.
(domine le Roy continue toujours à examiner avec soin et exactitude les choses qu'il doit faire pour mettre les places frontières de son royaume en bon eslat, Sa Majesté a considéré qu'il est nécessaire de faire travailler à celles de Bourgogne; c'est pnurquoy elle a résolu de faire réparer et fortifier, le plus lost (ju'il sera possible, la pl;ice d'Auxonne, suivant le mémoire du chevalier do (ilerville que Sa Majesté a examiné avec M. le Prince.
Comme la principale difficulté consiste à trouver en des lieux commodes de la pierre de taille, du moellon propre à bastir et à faire de la chaux, et de la terre propre à faire de la brique, d'autant que j'ay appris par ledit chevalier qu'il n'y en avoit point aux environs, et mesme assez éloignés de cette place, il est nécessaire que vous fassiez choix de quelque architecte, ou bon maçon, ou de quelque bourgeois entendu qui ayl fait bastir, et que vous l'envoyiez à Auxonne examiner avec soin, en faisant mesme quelques dépenses pour ouvrir la terre en différons lieux, et chercher s'il n'y auroit point de pierre propre à faire de la chaux, et du moellon et de la terre à faire de la brique, qui sont trois sortes de matériaux dont on a absolument besoin pour les travaux de cette place.
Il faut aussy, outre la recherche exacte que celuy que vous enverrez pourra faire, en cas qu'aucun de ces matériaux manque, qu'il examine si l'on n'en pourra pas trouver au-dessus ou au-dessous de la rivière, et à combien la toise en pourra revenir; et mesme qu'il fasse un cacul exact, autant qu'il en sera capable, de ce à quoy reviendra une toise cube d'ouvrage de ces sortes de matériaux.
Comme celte affaire est très-importante, vu la quantité d'ouvrage qu'il faudra faire en cette place, il sera bien nécessaire que vous y fassiez vousinesmc un voyage pour faire faire cet examen en vostre présence, en cas que celuy que vous y enverrez ne réussisse pas à vostre satisfaction.
Au surplus, comme je vous ay fait remettre une somme de u.ooo livres,
dès ii v a longtemps, à compte de 0,000 livres dont il est fait fonds cette année, pour faire travailler à la tour du Moulin ou du Cliesne, qui menace ruine '. et dont le reslablissemenl est tellement nécessaire qu'elle court risque de tomber, je veux croire que vous en avez fait commencer ie travail, encore que vous ne me l'ayez point écrit; mats si par malheur ce travail n'esloit point encore commencé, donnez ordre promptement que l'on v travaille, afin de la mettre en estât de passer l'hy ver; et aussytosl que vous me ferez sçavoir que vous aurez besoin du reste du fonds, je ne nianqucray pas de vous le faire tenir.
(Dé|WH fort.fic4twHi». M*. so5, 1670, fui. aOfr.i
IKTENbAKT D'ALSACE.
Sceaux, i5 novembre 1670.
N ous verrez par mes apostilles au mémoire que vous m'avez envoyé , qu'il est si mal fait que je n'ay pas osé le faire voir au Roy. Quand il vous plaira,* vous le ferez mieux.
Je n'ay presque rien à ajouter à tout ce que je vous ay écrit, sinon que j'ay desja sçu et que j'apprends mesme par vos lettres, que voua vous estiez plaint de la conduite que le chevalier de Clcrville tenoit à voslre égard, et particulièrement des lettres qu'il avoit écrites à vostre insçu aux commandans des places et à quelques autres olîiciers des garnisons pour avoir des entrepreneurs. Ces plaintes ne conviennent pas du tout à Testât où voslre mauvaise conduite vous a mis, et si vous ne trouvez moyen de faire voir, clair comme le jour, Temploy utile des deniers qui ont esté dépensés, il est impossible de vous sauver.
L'intention du Roy est que tous les marchés se fassent publiquement, en présence et dans la maison des gouverneurs; et lorsque les prix seront bien réglés, Sa Majesté ne veut plus que rien se fasse à la journée; l'ingénieur qui est sur les lieux doit faire les toisés , donner ses certificats aux entrepreneurs, et vous, donner vos ordonnances et tenir la main de vostre part, par des visites fréquentes, à ce que les devis et marchés soyent suivis, et que les ouvrages soyent bons et solides. J'attends par le pre-
' On trouve à la Bibliothèque Impériale, observations au sujet de cette tour, dont il lui
dans le vol. 1 a3 des âoo Gilbert , fol. 1 7, une adresse le plan en même temps. — Le vol. t aU
lettre à la date du 9a niai 1669, écrite par du même fonds, fol. 16a, renferme aussi des
Clcrville à CoIUtI pour lui soumettre plusieurs dessins et mémoires sur la plirc d'Anwmne.
mier ordinaire ce que vous aurez fait avec ledit chevalier de Clervillc, non-seulement sur les ouvrages qui sont à faire, niais mesme sur l'éclaircissement entier et parfait que vous devez luy donner sur tous ceux qui ont esté faits jusqu'à présent.
Le sieur Thuillier 1 m'a écrit pour luy accorder quelques appointemens; je crois qu'on luy pourroit donner 5o écus par mois. Toutefois, je me remets à ce que vous estimerez à propos de luy en régler avec le chevalier de Clerville.
(Depot de» fortiltcalbin , M»». »o:, , 1670 , fol. s87. )