‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 249 sur 470 · RÉSIDENT A FLORENCE · texte numérisé non relu

RÉSIDENT A FLORENCE

V entailles, tj novembre 1679.

J'envoye, par ordre du Roy, à Rome, le sieur Coypel2, l'un des peintres de Sa Majesté, pour estre recteur de l'académie Françoise que Sa Majesté y a establie. Comme il sera bien ayse de voir, et les François qui l'accompagnent, tout ce qu'il peut y avoir de beau et de rare en peinture et sculpture à Florence, je vous prie de leur faciliter l'entrée dans tous les lieux où leur curiosité les pourra porter, afin d'eu tirer les lumières nécessaires pour l'eiéculion des ordres qui leur ont esté donnés3.

( Arch. de la Mar. Déplut cMcmaMf h commerce , 1 67« , fol. 33o. - Depping . ComtponAmtt* adminittrntice «nu Loto* XIV, IV, 5ga.)

' L'abbé Strosxi était d'une des première» familles de Florence. — Il recevait i,!ioo livres de traitement.

1 Noël Coypel, né à Paris en 16a H. Reçu à l'académie de peinture en i6G3, il fut, en 1679, envoyé é Rome pour remplacer Krrard , et y resta jusqu'en 1675. En i6f)5, Louis XIV le nomma directeur perpétuel de l'académie et lui donna 1,000 écus de pension. Mort le 95 décembre 1 707. — On trouvera à V Appendice le passe-port qui fut délivré à Coypel pour son voyage de Rome.

1 Coypel emportait aussi des lettre» de recommandation pour visiter les principales

villes qu'il traversait en se rendant a Rome. L'ambassadeur de France à Turin écrivit à Colberl , le 1 5 du mois suivant :

n Le sieur Coypel , l'un des peintres de Sa Majesté, m'a rendu la lettre qu'il vous a plu me faire l'honneur de m'écrirc; et, en suite du commandement qu'elle contient, j'ay chargé nn gentilhomme de ma maison de le mener, ainsy que ceux qui sont avec luy, dans tous les lieux de cette ville où il y a quelque chose de curieui en peinture ou en sculpture. Il a aussy esté à la Vénerie avec eux, et ils ont si bien profité du temps que, bien qu'ils n'a yen t sôjourné iry que hindy, ils n'ont pas laissé de

96 — A M. RIBEYRE,

JlNTKNDAYr A TOURS.

Versailles, a 5 novembre 1674.

L'on m'a assuré qu'en Tourainc il y avoit divers lieux où il se trouvoil un nombre assez considérable de cygnes. Je vous prie de vous en informer, et en cas que cela soit, faites en acheter, s'il vous plaisl, jusqu'à deux ou trois douzaines pour le Roy, et, s'il est possible, obligez ceux qui vous les vendront à les rendre en vie sur le canal de Versailles; sinon, il faudra que vous fassiez marché avec quelqu'un pour les y amener, et prendre garde de mettre à la suite un homme intelligent pour leur donner à manger et avoir soin qu'ils ne périssent point.

Je vous prie de me faire sçavoir ce que vous pourrez faire sur cela, et, en cas que vous en trouviez, de les envoyer promptement1. . .

(Bibl. de» Invalide*. M*. CorTfpondancr de M. Collxrt, 167J . foi. sjjj.)

voir lout ce qu'il y a de rare cl de beau. J'ay donné ensuite audit sieur Coypel une mienne lettre pour le Père G ranery, jésuite piémonlois , qui demeure à Milan et qui est frère de l'intendant des finances de Savoie. Il est de mes amis et aime fort les François, de telle sorte que je ne doute pas qu'il ne contribue à luy faire voir audit Milan tout ce qu'il y a qui le mérite. J'ay écrit aussy à l'abbé Servicn*, a Rome, sur le mesme sujet , croyant ne pouvoir apporter trop d'application à bien exécuter tous voscommandemens.»

• Quatorze jours après, Colbert mandait encore au même intendant :

«J'ay reçu la lettre que vous avex pris la peine de m'écrire le 3 de ce mois, en réponse de la mienne par laquelle je vous demandois des cygnes pour les canaux de Versailles. J'attends avec impatience de vos nouvelles sur ce sujet, estant nécessaire que vous vous diligenliei, en cas que vous en trouviez, parce qu'il y aurait à craindre qu'ils ne mourussent sur le chemin , si vous estiez obligé de les envoyer

pendant les grandes gelées. Faites toujours accommoder, s'il vous pbist, les voilures p.ir lesquelles vous les enverrez , en sorte qu'ils ne souffrent pas, et que celuy que vous en chargerez ayt grand soin de leur donner è manger et de prendre toutes les précautions possible) pour les amener icy en bon estât. »

Et, dans une autre lettre du ai juillet 1673 :

«Je vous écrivis, au mois de décembre dernier, sur ce que l'on m'avoit dit qu'il se reneon trait des cygnes en quelques endroits de la généralité de Tours. Comme le Roy en aurait besoin pour mettre aux canaux de Versailles, et que nous sommes à présent dans la saison où ils couvent, je vous prie de vous informer si vous en pourriez trouver, et mesme en avoir jusqu'à cent, s'il estoit possible. Sur l'avis que vous me donnerez, je feray partir un homme pour en prendre soin et les amener icy. C'est le sujet de ces lignes." (Corrnp. it M.Colbtrt, i67aeUG73, fol. 3i6 et 971.) - Voir pièces n" 90, t34, thh et notes.

* Hugues Servien (voir III, Instructions à Seignelny. page 3o), fils d'Enneniond Serrien (voir III, Umim, page 353 ), ambassadeur de France en Savoie.

97 — A M. DU RUAU PALLU,

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