‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 26 sur 470 · A4 — AU CHEVALIER DE CLERVILLE · texte numérisé non relu

A4 — AU CHEVALIER DE CLERVILLE

COMMISSAIRE GÉNÉRAL DES FORTIFICATIONS

Paris, 7 mars 1671.

J'attends avec grande impatience que vous ayez achevé les affaires que \ous avez à Philipsbourg, tant pour le règlement des comptes de Saint- André, que pour passer tous les marchés des ouvrages à faire à cette place afin de la mettre incessamment au meilleur estât qu'il sera possible, et que vous ayez eslably le travail en sorte que je puisse estre assuré qu'il s'avancera durant cet esté avec beaucoup plus de diligence que les années dernières. Comme je seray bien ayse de connoistre au juste la différence du prix qui a esté donné cy-devant pour le transport des terres, la maçonnerie et les pilotis, d'avec ceux que vous aurez faits pour l'avenir, il sera bon que vous en dressiez un mémoire exact et facile à entendre, et ensuite que vous me l'envoyiez au plus tost. Cependant la principale difficulté tombant sur les pilotis, suivant que vous me l'écrivez, il est nécessaire que je sçaclie la quantité de toises qui en a esté faite tout autour de la place, et de mesrne pour la maçonnerie. Je crois bien que je trouverav

tous ces éclaircissement dans ceux que vous me donnerez ù voslrc retour; mais si avant ce temps-là vous me les pouvez donner, vous me ferez plaisir.

A l'égard de Brisach, l'incertitude dans laquelle le nommé Thuillier dit estre, de demeurer entrepreneur des travaux à y faire, ne pouvant eslre que préjudiciable à leur avancement, je m'étonne que vous ne m'ayez point donné de vos nouvelles sur ce sujet, d'autant plus que je vous en ay écrit fort souvent. Il est certain que si vous n'excitez davantage ledit Thuillier à uiieux faire son devoir, je n'auray pas la satisfaction que je m'estois promise de voir avancer les ouvrages plus que par le passé, et qu'en laissant continuer ce mal il pourroit produire des inconvéniens très-fascheux dans la suite. C'est à quoy vous devez bien prendre garde, m'estant reposé entièrement sur vous de ces soins.

Je suis bien ayse que le nouveau séjour que vous avez fait à Philipsbourg vous ayt donné lieu de reconnoistre de nouveaux avantages pour la fortification de cette place, et qu'il ayt esté fait un rabais considérable sur le transport des terres. Continuez toujours à vous appliquer à diminuer la dépense, et à faire toutes les choses que vous croirez avantageuses et utiles pour le service du roy.

(Dépôt dM fortifiai ùon«, Mm. 906, 1671, foi. •».)

Page 1