livre», dont MB. ooo en i685. On voit dépense
SCIENCES, LETTRES, BEAUX-ARTS, BATIMENTS. xliii
tées à uu point de perfection qu'elles n'ont jamais dépassé, l'achèvement du Val-de-Grâce , la construction de l'Observatoire et des portes Saint-Antoine et Saint-Denis, la réorganisation du Jardin des Plantes, l'adoption d'un plan d'ensemble destiné à régulariser les améliorations ultérieures de la capitale, de nouveaux quais, d'innombrables rues percées ou élargies, les fontaines publiques multipliées, tels furent, seulement en ce qui concerne Paris, les bienfaits de la première partie du règne. Le privilège pour la fabrication des tapisseries de luxe en France datait de 1607; il fut étendu et fortifié d'après les idées du temps. En 1 66 a , Colbert avait fait acheter le local des Gobelins, agrandi ensuite par d'autres acquisitions. Un édit du mois de novembre 1 667 exposa clairement ses vues. Il ne s'agissait plus seulement de fabriquer des tapisseries à sujets, mais de faire exécuter tous les meubles nécessaires aux palais de la couronne. Le surintendant des bâtiments fut chargé d'y réunir et d'y loger, comme dans un couvent industriel, des peintres, des maîtres tapissiers, des orfèvres, des fondeurs, des graveurs-lapidaires, des menuisiers en ébène et en bois, des teinturiers et les meilleurs ouvriers en toutes sortes d'arts et métiers. L'érudition moderne a découvert les noms et les œuvres de cette colonie d'artistes. La direction en fut confiée à Le Brun , dont l'heureuse fécondité suffisait à tout. On connaît sa merveilleuse aptitude à toutes choses. Ecoutons un contemporain. « Quoique je vous aie nommé beaucoup de ses ouvrages, dit le Mercure de France du mois de février 1690, j'ai oublié de vous parler de ces grands et superbes cabinets qui se faisoient aux Gobelins sur ses dessins et sous sa conduite; il sembloit que tous les arts y eussent mis chacun leur morceau . . . Enfin , M. Le Brun étoit si universel que tous les arts travailloient sous lui et qu'il donnoit jusque* aux dessins de serrurerie. J'ai vu regarder par de très-habiles étrangers des serrures et des verrous de portes et de fenêtres de Versailles et de la galerie d'Apollon au Louvre, comme des chefs-d'œuvre dont ils ne pouvoient se lasser d'admirer la beauté. * En même temps,
xuv INTRODUCTION.
la manufacture de la Savonnerie, fondée vers i6o4 à Chaillot, était réorganisée et exécutait pour les galeries du Louvre, des Tuileries et de Versa'dles, des meubles, des sièges variés, des paravents, des portières dont l'effet décoratif s'harmonisait à merveille avec les ouvrages sortis des Gobelins l.
Un habile astronome, Adrien Auzout, avait suggéré l'idée de construire un observatoire s. Les plans en furent confiés à Claude Perrault. Par malheur, élevé au moment même où les anciennes méthodes d'observation avaient fait leur temps et où celles qui ont inauguré la science nouvelle n'étaient pas suffisamment expérimentées, il se ressentit de la transition. Le célèbre observatoire que Tycho-Brahé avait fait construire à Uranienbourg était à la vérité détruit depuis longtemps; mais il eu existait d'autres, moins importants sans doute, à Gasscl, à Copenhague, à Dantzick3. Se renseigna-t-on auprès de ceux qui les dirigeaient? Rien ne l'indique. L'œuvre de Claude Perrault a suscité, de son vivant et après sa mort, de vives discussions. Charles Perrault raconte que l'Académie des sciences, consultée sur l'emplacement, avait d'abord pensé à Montmartre, d'où l'on aurait embrassé tout l'horizon; mais la fumée de la ville aurait fait obstacle aux observations, et l'on avait adopté remplacement actuel, d'où l'on découvrait aussi un immense horizon dont rien alors ne troublait la pureté du côté du midi. Il raconte encore que les plans de son frère auraient été exécutés sans changement jusqu'au mois d'avril 1669, époque
' Notice historique sur le* manufactura cernent pour se faire bâtir une maison à
impériales des tapisserie* de* Gobelins et Versailles.
de* tapis de la Savonnerie, par L. Lacor- D'après les Registres des hYitimenls, la
doire, in-8\ i853 , pasiim. Cette notice dépense pour les Gobelins et la Savonne-
donne, en indiquant les sources officielles. rie se serait élevée , de 1 664 a 1 690 , à les noms, les travaux et les gages des 3,6&5,q43 livres.
peintres et des principaui ouvriers, sculp- " M. \.Manr) , l'Académie des Sciences,
leurs, peintres, etc. qui ont été successi- p. 1 1.
vcment attachés aux Gobelins. On y voit 5 L'Observatoire de Paris depuis sa fon-
qu'en 1681 \je Brun reçut une gratifica- dation, par M. Radau. (Revue des fleur -
lion de 90,000 livres, outre un empla- Mondes, numéro du 1" février 1868.)
SCIENCES, LETTRES, BEAUX-ARTS, BÂTIMENTS. xi>
de l'arrivée de Cassini qui exigea, au premier étage, une grande pièce pour les observations. rII fallut, ajoutc-t-il, en passer par l'avis de M. Cassini et de M. Le Vau et faire une espèce de petit attique au-dessus de la grande corniche, pour donner plus d'élévation au bâtiment. L'escalier fut gâté1, et la grande pièce n'a jamais servi à aucune des observations auxquelles on la destinoit2. •» De son côté, Cassini a prétendu que des membres de l'Académie des sciences avaient signalé dans les plans de Perrault de graves défectuosités, mais que celui-ci tint bon, môme contre Colbert, qui reconnaissait la justesse de leurs critiques5. Si cette assertion était vraie, elle ne serait pas à la gloire du ministre dont la faiblesse aurait compromis les avantages qu'on était en droit d'espérer de l'Observatoire; mais rien jusqu'à présent n'est venu la confirmer4. L'illustre Arago, qui l'a acceptée de confiance, fait remarquer d'ailleurs qu'à cette époque l'art d'observer éprouvait une véritable révolution, et que les astronomes étaient loin de s'entendre sur les dispositions à adopter de préférence, r Les grandes salles actuellement sans emploi à l'Observatoire de Paris, ajoutet— il , et la lourdeur tant critiquée de la façade, ne doivent pas être reprochées à l'architecte seul *. r> Insistant avec raison sur les défauts du monument de Perrault, l'école nouvelle fait observer que les murs, d une épaisseur exagérée, cachaient la plus grande partie du ciel en quelque point que l'on se plaçât; qu'on y cherchait en vain un endroit favorable à l'installation d'un instrument de mesure; qu'on ne pouvait observer que parles fenêtres, et que, pour
1 Germain Brice a pourtant dit de cet 5 Mémoire* de Caeeini. Voir à l'Appen-
escalier : i» C'est une pièce de conséquence dice, pièce xxvttt, page 5 16.
qui donne un extrême plaisir aux plus 4 J 'avais espéré que le» archives de l'Ob-
II est d'un trait tout servatoire contiendraient quelques pièces
a Tait hardi depuis le bas jusque* en haut , relatives à ses commencements. Le
où l'on voit des effets surprenons de la teur, M. Le Verrier, a répondu qu'Une s'y
coupe des pierres." (Nouvelle deecrip- trouvait aucun document quelconque se
Um de Paris, 1795, L III, p. i3i.) rattachant a l'administration de Colbert. 1 Mémoire*, liv, I, vers la fin. ' Œuvree complétée, t. VI. p, 565.
xui INTRODUCTION.
voir le même astre au levant et au couchant, on était obligé de transporter la lunette d'un bout à l'autre de l'édifice, etc. 1 Quoi qu'il en soit, les travaux de l'Observatoire avaient été poussés assez vivement pour qu'en 1671 Cassini pût s'y établir et commencer ses opérations. A la mort de Colbert, il était complètement achevé *.
Un autre établissement scientifique non moins célèbre, le Jardin des Plantes, excitait vers la même époque sa sollicitude. Fondé par Louis XIII en 162 5, sur les conseils de son premier médecin Hérouard, qui en fut nommé surintendant, le Jardin des Plantes avait vu se succéder dans ce poste Guy la Brosse, Bouvard et son fils, également médecins, qui devaient, aveé une allocation annuelle de a 1,000 livres, faire face aux frais du jardin et aux gages des employés. De nombreux édita modifiant coup sur coup les dispositions primitives donneraient lieu de croire que, faute d'une bonne organisation, les premières années de cet établissement laissèrent à désirer. On avait cependant publié plusieurs nomenclatures des plantes entretenues, et, en i665, un nouveau catalogue constatait qu'elles s'élevaient à quatre mille. Cinq ans auparavant, à la mort de Gaston d'Orléans, Colbert avait fait acheter par Louis XIV une magnifique collection de dessins de Nicolas Robert \ représentant les plantes et les animaux que ce prince possédait dans ses jardins de Blois. Attaché dès lors au cabinet du roi, dont il était déjà peintre ordinaire, Robert continua
1 M. Radau, p. "jkh, loc. cit. itur ad astra. Une autre, représentant
* H résulte des registres ofliciels qu'il la tète du Roi avec des cheveux 'blonds
avait coûté 7 a 5.i 7& livres. Calculant sans boudes, portait en légende ces mots :
doute d'après la valeur actuelle de i'ar- Ludovic» Xllll ckri*U,ni«im*s. Au
gent, Àrago parle de plus de a millions, ver», on voyait la façade méridionale de y compris lâchai du terrain. On serait, l'Observatoire, avec ces mots : Turrù «-
à notre avis, encore ati-desMHis de la vé- dtrum sjtrculuioria, MDCLXVH.
rité en disant 3 millions et demi. 1 Celui qui avait peint pour le duc de
La construction de l'Observatoire donna Montausier la fameuse guirlande de Julie,
lieu à plusieurs médailles. L'une d'elles Né à Langres le 17 avril 161&. mort le
portait celte légende toute trouvée : Sic th mars iôSr,.
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ses charmants dessins à la gouache, à 1 aquarelle, el devint célèbre dans uu genre où nul ne l'a égalé l. Un édit de 1 635 , créant trois démonstrateurs et un sous-démonstrateur de ^intérieur des plantes, avait laissé au surintendant du jardin le soin de les choisir luimême, pourvu que ce fût dans la Faculté de Paris, et de leur affecter un logement; mais les surintendants des bâtiments objectaient que ce n'était pas le fait de médecins de s'occuper d'objets d'administration. De son côté, la Chambre des comptes exigeait avec raison que toutes les dépenses fussent soumises à sa vérification. Nonobstant deux édita de 1666 et de i653 qui avaient fait 'droit à ces réclamations, les surintendants du jardin persistaient à maintenir leur indépendance et à décliner tout contrôle. Ce n'était pas le compte de Coibert, qui avait les bâtiments dans ses attributions et à qui de pareilles prétentions ne pouvaient d'ailleurs que déplaire. Un nouvel édit du 3i décembre 1671 modifia profondément la situation, en décidant qu'à l'avenir le roi nommerait les démonstrateurs sur la proposition de son premier médecin ; qu'il n'y aurait plus de surintendant du jardin , et que ses gages seraient employés en améliorations et réparations; que les jardiniers, portiers et gens de service seraient au choix du surintendant des bâtiments qui aurait aussi le soin de tout le matériel; que les démonstrateurs fourniraient au trésorier des bâtiments, à l'appui de leurs quittances, des attestations de service signées par le premier médecin. Quels furent les résultats de cet édit? Un historien spécial a dit à ce sujet : <r C'est de ce moment que l'établissement a commencé à prendre quelque importance *. » Cependant, en 1699, le Jardin des Plantes secoua encore une
par Robert ceux de Gaston et de Louis XIV, sont de
de sept à huit véritablesœuvresdart. Le troisième, celui
dessins originaux, précieux orne- de Coibert, leur est bien inférieur; il est
ments de la bibliothèque du Muséum. En attribué à Nanteuil. Ou ne sait de qui
tète du premier volume de la collection sont les autres.
des fleura se trouvent trois portraits a la ' Histoire du Muséum d'histoire naiu-
gouache avec encadrements, dont deux, relie, par Deleuze. (. I. p. i5.
iLvm INTRODUCTION.
le joug de la surintendance des bâtiments, et le premier médecin du roi redevint surintendant du jardin1. La correspondance de Colbert ne fournit aucune lumière sur cette partie de ses attributions; mais on sait qu'en 1671 il avait nommé Fagon démonstrateur du Jardin des Plantes et que celui-ci eut le bon esprit d'appeler de Provence un botaniste célèbre, Tourncfort, et de l'y fixer. Deux ans après, une déclaration royale du ao janvier 1673 confirmait les chaires de médecine, de chirurgie, de pharmacie, et ordonnait ir que le premier corps exécuté seroit délivré aux démonstrateurs du Jardin Royal de préférence à tous autres, mesme aux doyen et docteurs delà Faculté de médecine de Paris, nonobstant' tous privilèges contraires, et onsuite alternativement, à la charge que les leçons et démonstrations seroient faites par les professeurs du Jardin Royal gratuitement, en manière accoustumée. » C'était, on le voit, la fondation en France, malgré les résistances ordinaires de la routine, d'un enseignement dont les conséquences devaient être particulièrement utiles à l'humanité, et ce n'est pas un des moindres titres de gloire de Colbert d'y avoir attaché son nom.
C'est encore vers 1670 que, tout en faisant élever l'Observatoire et en réformant l'administration du Jardin des Plantes, Colbert commença à doter Paris de monuments, de quais, de promenades, de quartiers nouveaux , qui mirent la vieille cité du moyen âge en harmonie avec les exigences de la civilisation renaissante. Hélas! tout ne fut pas profit. D'après les descriptions des xiv* et xvc siècles, la capitale du royaume était merveilleusement belle, populeuse, ornée de somptueux édifices, et aucune ville en Europe ne lui était comparable. L'antipathie de Colbert pour l'architecture ogivale (les plus grands esprits de son temps la partageaient) fit perdre a Paris son cachet d'originalité. Que sont devenus ces magnifiques hôtels, ces cloîtres, ces clochetons, ces tours innombrables, toutes ces merveilles de I art gothique qu'une école moins dédaigneuse des
' Germain Brice. I. It, p. 388, toc. cil.
SCIENCES, LETTRES. BEAUX-ARTS. BÂTIMENTS. un
vieux chefs-d'œuvre aurait pu conserver en partie? Si l'on excepte le Louvre et les Invalides, les monuments construits pendant son ministère dédommagent faiblement de ceux qui durent être sacrifiés. Deux architectes* célèbres, Perrault et Blondel, dirigeaient pourtant les travaux du nouveau Paris. En 1670, Perrault donna le plan et l'on posa la première pierre de lare de triomphe qui devait s'élever à l'extrémité du faubourg Saint-Antoine, en souvenir de l'entrée solennelle de Marie-Thérèse et de Louis XIV. S'il eût été achevé, ce monument serait peut-être son chef-d'œuvre; mais il fut abandonné à partir de 1681, bien qu'on y eût déjà dépensé plus de 5oo,ooo livres, et il n'en reste que la gravure. Une ancienne porte, bâtie sous Henri H, près de la Bastille, et menaçant ruine, fut habilement restaurée en 1671 par Blondel et couverte d'inscriptions en l'honneur de Louis XIV et de Mazarin. Deux ans après, l'arc de triomphe de la porte Saint-Denis, construit également par Blondel, chantait à sa manière le passage du Rhin et la prise de Maastricht. En 1676 enfin, un troisième arc, élevé sur l'emplacement de l'ancienne porte Saint-Martin, célébra de nouvelles conquêtes.
Mais, outre les arcs de triomphe, le Louvre et les Tuileries, des embellissements vraiment utiles occupèrent aussi Colbert.Tcls furent, en 1667, le nivellement, bien imparfait cependant, de la butte des Moulins, et l'ouverture, dans ce quartier seul, de douze nouvelles rues. En môme temps, les environs de Saint-Germain -l'Auxerrois sont dégagés et facilitent l'achèvement du Louvre; de grandes avenues réunissent les Tuileries à Chaillol, et le Cours-la-Reine au quartier du Roule, avec défense de labourer et d'ensemencer dans ces limites. Les années d'après, on plante les Tuileries, on comble par mesure d'hygiène un bras de la Bièvre sous les Gobelins, on projette un canal de Saint-Maur à la porte Saint-Antoine et un autre pour amener à Paris les eaux de l'Ourcq; on construit plusieurs rues nouvelles, et on en élargit dix-neuf. Pourquoi ces élargis-
1 Appendice, pièco mi, pafçe .r>ô6.
l INTHOMJCTION.
sements furent-ils faits dans des proportions si restreintes? L'air et le soleil distribués plus libéralement dans les quartiers nouveaux ou rectifiés auraient épargné aux générations suivantes d'onéreux remaniements. D'autre part, les fontaines publiques, les ports, les ponts et les bacs se multipliaient, et deux lignes de quais construits à grands frais mettaient en communication directe, sur la rive droite, l'Arsenal et le Cours-la-Reine , sur la rive gauche, l'ancien quartier du Pré-aux-Clercs et celui de la basse Seine. La place des Victoires et la place Vendôme, postérieures de quelques années à la mort de Colbert1, furent conçues dans des vues plus grandioses que celles qui avaient présidé de son temps à l'embellissement de Paris. Par malheur, la guerre se ralluma bientôt, absorba toutes les ressources, et si, depuis, d'autres améliorations furent réalisées, on peut juger dans quelle mesure par l'étendu»' de ce qu'elles avaient laissé à faire au temps présent2.
On est trop enclin de nos jours à croire que la prépondérance politique de Paris est un fait moderne. Les guerres civiles du xve siècle, les guerres religieuses du xvi* prouvent suffisamment le contraire. Colbert, qui avait vu la Fronde à l'œuvre, disait en 1671 à son fils, que la capitale donnait le branle au royaume, que toutes les affaires y aboutissaient et s'y dénouaient , que les difficultés suscitées au gouvernement avaient leur point de départ dans les grandes compagnies dont elle était le siège, et que, du moment où la volonté du roi y était exécutée, on la reconnaissait partout. En présence du développement inouï des constructions et de la population, on se demanda si l'administration et la police conserveraient une action suffisante; le conseil délibéra, et, le a6 avril 1673, des
1 La première date de i684. la seconde de 1687.
' Diverses médailles furent frappées à I occasion de ces travaux. En voici 1 indication :
1 " t (ititi. — Règlement pour le» boue» ♦•t latiteritt>ft de Paris, avec celte légende:
Ilrbs mandata et nochtrni* facibug ilhutrata.
s* 1667. — Nouveau pavé de Paris, avec cette légende : Vrbt noto lapide strata.
3* 1670. — L'embellissement et l'agrandissement de Paris, avec cette légende : Ornata et ampli/rata urbe.
SCIENCES, LETTRES, BEAUX-*RTS, BÂTIMENTS. li
lettres patentes défendirent de bâtir au delà des nouveaux faubourgs, tr 11 esioil à craindre, disaient-elles, que la ville de Paris, parvenue à cette excessive grandeur (environ 5oo,ooo âmes), n'eust le sort des plus puissantes villes de l'antiquité, qui avoient trouvé en elles-mesmes le principe de leur ruine, estant très-difficile que Tordre et la police se distribuassent commodément dans toutes les parties d'un si grand corps'. * La même année, le conseil décidait que les propriétaires de maisons situées dans les rues élargies contribueraient à la dépense3. A ce compte, il eût fallu, pour être juste, indemniser ceux dont une rue nouvelle, un pont déplacé, dépréciaient les propriétés. Enfin, quatre ans après, le prévôt des marchands eut ordre de faire dresser un nouveau plan d'ensemble de la ville avec l'indication des améliorations projetées. C'est encore à Colbert que remonte le projet d'entourer Paris d'un boulevard planté, qui lui eût fait une ceinture non interrompue de verdure. Sur la rive droite de la Seine, l'entreprise était heureusement commencée. Le boulevard de la rive gauche avait même été ouvert de son vivant, à l'est du Jardin des Plantes; il devait être continué sur la limite méridionale des faubourgs Saint-Victor, Saint- Michel, Saint-Germain, pour ne s'arrêter qu'à la Seine, en face du boulevard Saint-Honoré s. 11 fut ajourné avec beaucoup d'autres projets non moins utiles, que la guerre fit avorter4.
Dans un de ces moments de pénurie financière que la guerre de
1 Oetamare, Traité de la Police, t, I, liv. I. titre vu , p. ioû. — Lettre», t. V; Appendice, pièce xlvhi, p. 537 : W*1*rrton au sujet des maisons bâties m delà des Imrnes poser* par Ijouis XIII, et sur la reconstruction du Ckâtêlet et des halles. — Cette déclaration était complexe : elle obligeait ceux qui avaient bâti au delà des bornes posées en t638 à payer au TnW le dixième de la valeur des maisons «Mises sur ces terrains, et ordonnait de
u.it'fM |cs Munies il mm tinnxpiio iMicemu*
en dehors de laquelle il serait interdit de bâtir. En même temps, elle décidait, à raison du défaut d'espace et de l'insalubrité de* prisons, que le Chételet serait reconstruit, et que la halle aux draps et aux toiles serait, pour éviter l'encombrement , séparée des autres balles.
' Arrêts du 3i décembre 167 a et du 17 mai 1678. (Voir notre ouvrage intitulé La Police sous Louis XIV, chap. v.)
' Delamare. toc. cit. p. io5.
1 Il est à remarquer que le quartier du
ui INTRODUCTION.
Hollande fit connaître à Colberl, Louis XIV avait aliéné à des traitants ses droits sur les terrains des anciennes fortifications de Paris. Ces terrains ayant été couverts de maisons, les traitants élevaient, sur la propriété du sol, des prétentions qui troublaient quantité de familles. Par suite, l'inquiétude était grande non -seulement a Paris, mais encore dans plusieurs provinces où des revendications analogues étaient formées. L'affaire , débattue pendant quatre mois, arriva enOn au Conseil. Dix heures durant, on fit valoir, d'une part, les anciennes lois et les déclarations nouvelles qui établissaient les droits du Trésor, d'autre part, une longue possession plaidant la cause des particuliers. <rLe Roi, dit l'écrivain officiel qui fait connaître ces détails, décida contre ses propres intérêts en faveur de ses peuples, et ordonna qu'on rendît aux traitons tout l'argent qu'ils avoient avancé1, v Ce fut le sujet d'une des médailles de l'année 1682. Elle représentait la Justice tenant d'une main le plan des anciennes fortifications, et de l'autre offrant sa balance à Louis XIV qui la 'faisait pencher du côté opposé au sien*. Colbert avait-il approuvé la résolution du Roi? Il est permis d'en douter; mais, une fois prise, il sut en profiter pour rehausser aux yeux des peuples le prestige du souverain. C'est vraisemblablement lui qui suggéra l'idée de la médaille dont l'histoire a conservé le souvenir. Rien n'était en effet plus politique et plus habile, après avoir perdu son procès comme contrôleur général, que de consacrer d'une manière visible à tous le désintéressement de Louis XIV et de faire publiquement honneur à la royauté du sacrifice auquel elle avait cru devoir consentir.
faubourg Saint-Germain s'est plaint bien longtemps d'être sacrifié à la rive droite. D'après Germain Brice (Sornette description de la tille de Paris, t. III, p. «5s), on n'y comptait encore vers 1735 qu'une seule place et deux fontaines. Germain Brice regrettait en outre qu'on n'eût pas donne* des abords plus faciles aux rues du
Colombier et du Four, «qui en avoient cependant extrêmement besoin.'*
' Médaille* sur les principaux événements du règne entier de Louis le Grand. Imprimerie royale, 1738.
' La légende de la médaille était : jErfuitas optimi prineipis, et l'exergue : Fiscus causa cadens, 168s.
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