‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 360 sur 470 · XVIII. — ESBAUPIN2 A COLBERT · texte numérisé non relu

XVIII. — ESBAUPIN2 A COLBERT

Lyon, 90 msy 1666.

Pour rendre compte à Monseigneur de mon voyage de Paris icy, j'arnvay dimanche dernier au soir en celle ville , accompagné des officiers qui partirent avec moy pour le service de M. le cavalier Beruin , duquel nous u'eusmes de nouvelles à nostre arrivée ; mais le courrier ordinaire qui arma hier de Turin nous a appris qu'il coucha dimanche dernier à Saint-Jean-de-Mauriennc , luudj à Aij^D'belte, qu'il devoil coucher hier a Cbambéry, aujourd'huy au Pont-do-Boauvoisin , demain k la Verpitlière , où je l'iray rencontrer pour luy rendre le paquet de Monseigueur, et vendredy en celte ville; au premier ordinaire, je donneray avis du jour que nous par Lirons d'icy et de celuv que nous arriverons a Briare, et de Testât des gens qui sont avec luy.

J'ay fait voir Tordre du roy à MM. les maires, échevins et consuls des villes depuis Pari» jusqu'en ce lieu \ lesquels généralement m'ont tesmoigoé qu'Us y satisferoieul aiec grand zèle, à que? je tiendray la main , arrivant dans lesditcs viUes.

Dans loule la roule jusqu'iey, il ne s'est trouvé de la glace qu'à Essonne, Fontainebleau el à CbitiUon, qui appartient a M. le marescbal d'Albrel, situé sur le caual de Briarc, distant de cinq lieues de Montargis. 11 serait a propos de tirer un ordre de mondit marescbal, adressant à soncon-

1 Voici la lettre qoe Louis XIV écrivait à ce sujet, sept jours après, à Alexandre VU :

«Tres-Saint-Pére , ayant desjà reçu , d'ordre de Yostro Sainteté, deux dessins pour mon bastiment du Louvre, d'une main anssy célèbre que l'est celle du cavalier Beroin , je devrais plittost penser a la remercier de celte grâce qua luy en demander une nouvelle. Mais, comme il s'agit d'un édifiée qui , depuis plusieurs siècles , est la principale habitation des rois les plus télés poOr le Saint-Siège qu'il y ayt dan* toute la chrétienté, je crois pouvoir m'adreaser à Voslre Sainteté avec toute confiance.

«Je la supplie donc , si son service le lay permet, d'ordooner audit cavalier de venir faire uu voyage icy pour terminer son travail. Voatre Sainteté ne pourrait m'arcorder une plu* grande faveur dans la conjoncture présente, et j'ajouteray qu'en aucun temps elle ne pourroit en (aire à une pernonue qui suit avoe plus de vénération et pins d'allacticittent que moy , Très-Soin t-Pérc, voslre trèsdévoué (us. Lotis*

U >3 du même mon, Alexandre VII répondit à Loui» XIV :

«Mou bien-aioié fils, le très-noble «ipiMr due de Créqui , ambassadeur de Vostrn Majesté , nous a remis vos lettres , et nous prie instamment de vous accorder pour trois mois la présence à Paris de nostre très-cher fils le cavalier Bernin

«Bien que cet artiste soit nécessaire icy pose la construction des portiques du Vatican el p»ar les antres bastimeiis de Saint-Pierre , néanmoins . voulant écarter finit obstacle , non* vous donnons volouttcrs eetto preuve de nostre grande bienveillance envers vous , saisissaut cette occasion d envoyer à Voslre Majesté, do fond de nostre comr paterm-l , n outre bénédiction apostolique. « ( Mêast

1 Officier envoyé par Colborl au-devant da Bernin à aon arrivée en France , pour préparer mit sa route tout ee qui lui serait nécessaire.

* Charles Perrault raconte dans ses Mémoire» que, ttdans toutes les villes ou le Bcrnio |*.i>ni les officiers eurent ordre, de la part du nui , oc le complimenter et de lui porter les présents de li ville. Lyon même, qui ne rend cet bouaeur qu'aux seuls prince» du «ang. s'en acquilU roman- 1rs autres.'»

cierge, de ne Taira difficulté de délivrer de la gtsco lorsqu'on luy en demandera pour le service de M. le cavalier Bernin , de laquelle on se servira pour ledit Monta rgis, me f ai tant fort que la bonne quantité que je feray voiturer d'icy à Roanne, pour mettre dans le baateau, noua conduira jusqu'à Briare, et ainsy toute noatre route sera fraistbe1.

La rivière se trouvant bonne pour descendre, j'ay fait marché audit R on une d'un bateau, qui sera proprement ajusté et tapissé, ainsy que Monseigneur lo souhaite, se pouvant assurer et faire fond sur mon application a l'exécution de ses volontés*.

(Depping. Combiner admmttratke m*$ Loau XIV, IV. f.5j.)

Page 1