XLVII. — MÉZERAY A COLBERT
Paris, 16 mars 167».
Monseifpieor, je vous rends très-hunihles pi-Ares de l'ordonnance de s, 000 livres qu'il vous a plu m'envoyer. Je l'ay reçue avec le tocsin e respect et avec la mesme reconnoiaaance que si elle cust esté entière et telle que feu M1' le cardinal me Tavoit obtenue du Roy, et que vous mesme. Monseigneur, aviet en la bonté de me la faire continuer durant plusieurs années. Mais je vous avouera y franchement, Monseigneur, que j'ay sujet de craindre qu'on ne m'ayt encore imputé quelque nouvelle faute, et que ce retranchement n'en soit une punition. Si j'en pouvois avoir connoissame , je me mettrais en devoir ou de m'en justifier ou de la réparer selon vos ordres. Je m'examine, pour cet effet, â la dernière rigueur, je cherche jusqu'au fond de mon 4me, et ma conscience ne me reproche rien. Je travaille, Monseigneur, selon vos intentions et selon les règles que vous m'aves prescrites. Je porte mes feuilles A M. Perrault; j'avance le travail aulant qu'il est possible; ainsy. Monseigneur, je ne puis trouver d'autre cause de ma diminution que mon peu de mente : mais la générosité du plus grand des rois et la laveur de vostre protection peuvent bien encore suppléer à ce défaut comme elles y ont suppléé jusqu'à l'année présente. C'est avec cette espérance, Monseigneur, que je prends la hardiesse d'avoir recours A vostre bonté, toujours si favorable aux gens de lettre et aux créatures de feu M*' le cardinal, dont la mémoire vous est si chère. Ne retranches pas, s'il vous plais! , une partie de vos grâces A une personne qui perdrait plulost la vie, que de rien diminuer du xèle qu'il a pour vostre service >. . .
<P«guot, Ihnmmu authenti.fwi ,ur fei aVjMMSi de Luné XIV, p. ia6.)