ET RÉPONSE DE COLBBRT
h janvier i G 7 'i .
Le jeudi '1 janvier 1674, M. Perrault, qui u'avoil reçu de M. Colbert l'heure de l'audience jniut la dépuLitiou de l'académie que le jour précédent, à dix lu-lires du voir, pour ce jour de jendy meitnie n midy, ayant envoyé avertir M. Serrai* qui entait cbarfje de porter la parole, et tous ceux de Messieurs que l'on put trouver a leur lo({iii pour l'heure susdite, il s'en rendit huit dans sa maison, rue Neuvedca-Bons-Eulati« , un |)«u après onio heures. Mai* M. Serrais ne s'estant pas trouvé ebci iuy le matin 110 reçut l'avili qu'à la sortie do son disuer, de sorte que l'on ne put accomplir la dépnlation à l'heure assigner, et il fallut la rumetlre après midy, espérant toujours qu'il viendrait. Ce pendant, M. Perrault retint à dianer ces huit messieurs qui CHloiecit cbix luy et les traita aussy honorablement qu'il se peut. M. Serais estant arrivé un peu avant deux heures, et l'homme que M. Perrault uvoil envoyé chez M. Colbvrt pour luy rupporbrr quand il serait plus en commodité de donner audience aux députés de la Compagnie, ayant rapporté, qu'il «toit temps d'y aller, ils )kii tirent aiissyloM pour aller en nui hoslel. U. ayant esté introduiU dans sa chambre, où il altcndoit . après qu'ils luy eurent tous a la fois fait une profonde révéreiiw, M. Segrais lui Gl ce compliment :
«Monsieur, de toutes les grâces que l'académie a obtenues du Roy depuis que Sa Majesté l'honore de sa protection, aucune ne l'a plus sensiblement touchée que le reslablisscment de ses privilèges. Cette faveur luy donne des marques d'une grande distinction; elle la délivre de l'importtmité des 0 flaires et luy conserve le plus beau séjour de lu France. Muis ce que celle Compagnie estime encore davantage, elle se voit maintenant assurée du repos et de la (nuiquillité qu'elle souhaite si ardemment, pour se consacrer a la gloire d'un Roy qui est l'honneur du monde, qui, par sa valeur, sa prudence et sa justice , est digne de toutes les louanges qu'on peut mériter. En vain, Monsieur, vous essayex de nous cacher ce que nous vous devons en cette conjoncture, l'académie reçoit trop de faveurs de Sa Majesté pour méconnoislre la main qui a accouslumé de les répandre. Elle découvre voslre manière d'obliger a Pair et à la grâce qui accompagnent te bienfait, et elle voit avec joye qu'elle le doit à ce merveilleux esprit qui, au milieu des soi ni que vous ilouue le sou lien d'une grande guerre, est encore occu|>é de tout ce qui peut faire l'avantage des lettres et la félicite du mérite. Vous devriez donc, Monsieur, ne recevoir que de Ires-humbles remerriemens de sa part. Cependant, au lieu des grâces qu'elle vous doit rendre, elle ose vmis en demander uue nouvelle. Elle vous conjure. Monsieur, par celte bonté toujours presle à la soutenir,, de faire connoislre à Sa Majesté sa parfaite reconnoissanre et la vénération qu'elle a pour ses admira Mes qualités; et rumine elle est persuadée que le plus seur moyeu de vous plaire, c'est de publier les louanges de ce grand Hoy, elle m'ordonne de vous assurer que , si elle y est portée par son inclination et par son devoir, elle y est encore poussée |»ar le désir de mériter l'honueur de voslre estime, et de lesmoigner le respect et l'attachement qu'elle a pour vous.*
M Colbert répondit :
ir Messieurs, je n'ay eu aucune peine à obtenir du Hoy voslre privilège; il n'a fallu que le proposer, il a esté aussylost accordé; ce qui vous doit faire juger de l'estime que Sa Majesté a pour vostre Compagnie, et ce qui la doit presser de linir ce grand ouvrage du dicliounuire , qui est attendu avec tant d'impatience. Comme le public en recevra de l'instruction . plus de |>ersnnnes
' Voir 11, indc r. p. 867
550 APPENDICE
seront capables do travailler à la gloire de ce grand Roy. C'est à quoy vous devez vous appliquer, cl vous devez croire qu'en général et en particulier, je feray ce qui me aéra possible pour vous servir.»
( Arch. de l'Institut , Mm. Registre du délibération» de r académie fronçai* , de 167s i 1080. p. 54.)