AU MARQUIS DE MARTEL
LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Saint-Germain . ao décembre 1669.
Je vous écris ce mot de ma main sur les petites aigreurs qui ont esté cl qui durent encore enlre vous et M. d'Infreville, pour vous dire en peu de mots qu'un officier qui commande doit toujours estre pour ceux qui ont enlre les mains l'administration delà justice et des finances du roy; qu'il ne doit jamais paroistre de division entre eux, et mesme qu'il doit toujours les appuyer envers et contre tous ; et , en cas qu'il trouve quelque ebose à
1 De Pomponne répondit parfaitement aux désirs de Colbert, mais le ministre, dans une icllre du 3i janvier 1670 qui témoigne de l'intérêt particulier qu'il attachait à ces informations, l'engageait à continuer ses recherches et lui disait :
«L'éclaircissement que vous me donnez sur des ordres de bataille est assurément fort bon : mais comme il se pourrait faire que les habiles gens de mor cl les grands matelots auraient encore quelques moyens particuliers de prendre avantage sur leurs ennemis en divisant leurs vaisseaux, ou en les rangeant dans l'ordre de leurs batailles, je vous prie de vous en infor-
mer toujours et de m'envoyer ce que vous en apprendrez. . . 1 (Bibl. du Min. de Tint. Cop. de lettre* de Colbert, fol. 7.)
D'un autre côté, Colbert avait demandé «les renseignements pareils à son frère , ambassadeur à Londres, à qui il écrivait le 39 janvier suivant :
11 A l'égard de l'éclaircissement que je vous ay demandé sur le sujet des batailles navale, je vous prie de me mettre par écrit ce que vous en apprendrez et de prendre le plu* de lumières que vous pourrez sur celle matière afin île m'en envoyer ensuite des mémoires. . . *»
redire en leur conduite, il doit en donner avis à In cour, si , après leur en avoir parlé doucement et en particulier, ils ne la réforment !.
Je vous dois dire de plus que le Roy veut establir un munitionnairc général pour toutes les victuailles de ses armées navales , et les équipages fixes, et le payement de leur solde à la banque. C'est à vous à montrer l'exemple, et à apporter toutes les facilités pour faire ces establissemens, d'autant que la volonté du Roy ne vous permet pas d'y estre contraire, et qu'y concourir, comme vous devez, augmentera considérablement le mérite que vous acquerrez auprès de Sa Majesté par vos autres actions.
(Areh. de la Mar. Dépêche* concernant la marine , 1669, fol. 537.)