LOUIS XIV AU MÊME
(Copie portant : De la main de Colbert. )
Saint-Germain , 91 décembre 1669.
J'ay esté bien ayse de voir, par vos lettres des 6 et t o de ce mois, la disposition en laquelle vous estes, et les desseins que vous faites estât d'exémler pour le bien de mon service et la gloire de mes armes.
A l'égard de l'entreprise sur Alger2, mon intention est que, si vous trouvez lieu d'exécuter quelque action hardie et d'une résolution extraordinaire, vous ne vous arrestiez pas aux propositions qui vous seront faites par ceux qui ont en main le gouvernement de cette ville-là; d'autant que, ayant rompu les premiers les traités qui avoient esté faits avec eux par mon ordre, je suis en droit d'exécuter contre eux tout ce que la guerre me permet; joint que la gloire qui en résultera pour mes armes et la crainte <|ue vous imprimerez dans leurs esprits rendront plus fermes les traités qui [►ourront estre faits avec eux à l'avenir.
Mais si, contre mon attente, vous ne trouvez aucune apparence de réussir, et qu'ils vous offrent la restitution de tout ce qu'ils ont pris sur mes sujets, je veux bien que vous renouveliez avec eux lesdits traités. Mais,
1 CoJbert avait bien de la peine à apaiser lf<s conflits qui se renouvelaient fréquemment <bns le personnel de la marine. Une autre fois '1 s'agit do d'ïnfreville et de Brodart. Colberl •fmait le 6 décembre suivant a ce dernier :
-Sur la difficulté que vous avex eue avec M. d'Infreville, il y a un peu de boute à tous •leui que vous soye* obligés de recourir à raoy [*>nr la régler. Le métier d'un commissaire gé-
néral nu particulier est de donner ses extraits après avoir fait sa revue, soit des officiers, soit «les équipages, et celuy d'un intendant n'est pas de viser ces extraits, mais de donner son ordonnance, et le trésorier ne doit point payer sans l'extrait du commissaire et l'ordonnance de l'intendant, qui forment sa décharge avec le contrôle. . . » (Lettre* à Brodart.) * Voir pièce n° 1 09 et note.
s'ils résistent à rendre de bonne foy tout ce qu'ils ont pris suivant les niémoires qui vous ont esté donnés, je veux que vous leur déclariez et leur fassiez la guerre par tous les moyens que vous estimerez pouvoir les ruiner davantage . . .
(Areh. de la Mar. Ordre» du rvi pour In narine, 1GG9, fol. a3i.)