A M. DE SEUIL
INTENDANT DE MARINE A BREST
Saint-Germain, 19 juillet 1670.
Le travail que vous entreprenez pour former un règlement, tant sur la police d'un arsenal de marine tel que le Roy en a à présent, que sur les fonctions de tous les officiers et sur tout ce qui se doit pratiquer sur un vaisseau, sera d'un très-grand avantage. C'est un travail qu'il faut bien eiaminer et, bien polir, avec l'avis de tous les plus habiles officiers que vous ayez; et, lorsqu'il sera fait, ne manquez pas de me l'envoyer, afin que je le puisse faire examiner par les intendans et les officiers des autres arsenaux, pour le réduire en sorte que, tout estant uniforme, le travail en soit mieux réglé, et que tous les officiers deviennent plus savans et plus habiles dans leurs fonctions1.
11 faut achever promptement les six vaisseaux qui sont sur les chantiers et examiner si vous avez du bois pour en bastir quatre autres, sçavoir : deux de cinquante pièces de canon et deux frégates de vingt-huit, pour - nir de bruslots, frégates d'avis et bastimens de charge. 11 faut en mesme temps que vous fassiez bastir deux ou trois caiches de six, huit et douze pièces de canon, pour servir de galiotes à donner des avis dans les armées navales, faire la guerre aux petits corsaires de Salé et autres, et aller de port en port, mesme aux isles de l'Amérique, faire la guerre aux vaisseaux estrangers qui veulent y aborder. Ensuite, vous verrez si vous estes en estât de bastir quelques flustes à grand ventre de h ou 5oo tonneaux pour estre naviguées par peu d'hommes, pour envoyer dans les Indes orientales.
Sçachez du sieur Hubac si son fils a demeuré assez de temps en Hollande et en Angleterre, et s'il le croit assez habile pour le faire revenir auprès de luy.
Le règlement pour les cuisines et pour les tables des officiers a esté fait avec M. de Terron et le sieur du Quesne; mais si les officiers aiment mieux que le munitionnaire fournisse leur table, il sera assurément beaucoup plus avantageux au service du roy; et faites connoistre aux officiers qu'ils ne peuvent rien faire de plus agréable à Sa Majesté que de ne se ■liarger d'aucuns vivres ni d'aucune table, et de laisser faire tout au munitmnnaire. En cas qu'ils en demeurent d'accord, écrivez-le à M. de Terron,
' Voir pièro n' i63.
cl faites en mesme temps un projet de ce qui se pourroit pratiquer nom cela, afin que, après l'avoir vu cl examiné, je puisse donner les ordres sur ce qui sera résolu.
(Arch. de la Mar. Dépêche* concernant la marine, 1670, fol. Sflf.)