AU SIEUR BRODART
COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE MARINE A TOULON
Saint-Germain, 1 g septembre 1670.
J'ay reçu deux de vos lettres des 6 et 9 de ce mois, avec les informations qui ont esté faites par le sieur Guidy au sujet de la sédition arrivée à Martigues 2 et des quelques matelots qui se sont embarqués sans bulletin 3. J'en parleray demain à M. d'Oppède et vous feray sçavoir au premier jour
ver» le 90 novembre. — Voir sur ce voyage la pièce n* a 09.
* L'établissement des classes ne s'était pas fait sans difficultés. Colbert écrivait à Brodart le 6 du même mois 1
«J'ay reçu vos lettres des 33 et 9 G du mois passé , avec le procès-verbal du sieur Fulconis * sur la sédition arrivée à Martigues au sujet de l'enrôlement général des matelote; aussy tost que le sieur Guidy** en aura achevé le» informations, ne manquez pas de me les envoyer. Cependant il très-important que vous teniez la main à ce qu'elle n'ayt aucune mauvaise suite le la province , le Roy voulant qu'il
en soit fait un prompt exemple pour en 1 le cours, et contenir les autres mal le devoir. (Dép. eone. la mar. fol. h 17.) Et le 96 septembre :
«Le Roy a fait rendre, en son conseil, un arrest qui casse les procédures commencé** contre les officiers du parlement de Provence sur le sujet de la sédition arrivée à Martigues; et comme cet arrest a esté mis entre les mains de M. d'Oppède, je ne doute pas qu'il ne l'ayt envoyé à présent sur les lieux...» (Lettre» à Brodart.)
■ Les matelots qui avaient fait le service dû à l'Etat recevaient un bulletin de libératKw. Colbert écrivait le 96 juillet précédent à Bro-
Fulconis , d'abord simple commis de poste 011 167 5; rongédié en 1679.
D'une famille florentine établie 4 Aix
marine à Martigues, fut
les intentions du Koy^sur ie tout. Cependant je peux vous dire à l'avance tfu'il est important que vous teniez fortement la main à ce que ces sortes d'attentats ne demeurent pas impunis, la manutention de l'estabiissement des classes dépendant principalement des exemples sévères qui seront faits des premières contraventions à l'édit1.
J écris au commissaire Julien de tenir aussy la main à ce que les matelols qu'il a surpris s'embarquer sans bulletin soyent punis conformément audit édit. De vostre part, excitez-le toujours, ainsy que les commissaires uui travaillent dans les autres départemens, à s'opposer fortement aux contraventions qui pourront y estre faites, et à rectifier et perfectionner leur travail en sorte que nous puissions venir au point de former des équipages de proche en proche2.
A l'égard des matelots auxquels vous dites que les capitaines des galères donnent des certificats portant qu'ils les retiennent pour le service de leurs galères, il faut sans difficulté faire arrester le premier que vous rencontrerez sans bulletin et le faire punir suivant la rigueur du mesme édit, quelque certificat de capitaine de galère qu'il puisse avoir. El comme M. le Général et M. Arnoul sont bien informés que l'intention du Roy est que les équipages des galères se prennent à l'avenir dans la classe de service, je m'assure que vous conviendrez aysément avec eux, si vous ne l'avez desjà fait, des moyens d'establir cet ordre, le petit intérest que les capitaines trouvoient à faire leurs levées ne devant estre d'aucune considération au respect de l'avantage du service de Sa Majesté qui se rencontre dans cet
( Lettre» originales de Colberl à Brodart, cabinet de M. le marquis de Colberl-Cbabanoais. )
INTENDANT A ROCHKFORT.
Saint-Germain, 99 septembre 1670.
J'ay reçu vostre mémoire du i5. Pour réponse, il me semble que mon
ilart, au sujet d'infractions au règlement : payement exact de la demy-solde, le service *J envoyé aujotird'huy, dans tous les sièges de des vaisseaux de Sa Majesté, que la plupart
i amirauté de Provence, l'ordonnance du roy d'entre eux commencent à rechercher, devien-
lont vous trouverez des exemplaires cy-joints, dra facile et que nous n'aurons plus de peine a
-*6n qu'ils tiennent la main à ce qu'il ne s'em- former les équipages. » (/,ettre* à Brodart.) barque aucun matelot sur les vaisseaux mar- 1 Voir, à I \ Appendice, Édit de mai 1670 sur
rhands qu'il n'ayl auparavant représenté son l'enrôlement des matelots en Provence. Je m'assure que, par ce moyen et le 1 Voir pièce n* 189, S a.
fils commence à prendre plaisir à son métier, et je suis très-conteut de tout ce qu'il fait. Le voyage luy aura esté très-avantageux ; je vous remercie du soin que vous en prenez, et vous prie bien de continuer. Surtout, tenez la main à ce qu'il exécute tout ce qui est contenu en mes dépesches.
J'attends avec grande impatience les nouvelles du départ de M. le Vice- Amiral, estant impossible de nous garantir des corsaires de Salé et d'obliger ceux d'Alger à exécuter régulièrement les traités faits avec eux qu'avec les forces maritimes qu'il faut avoir continuellement en mer. A l'égard de ceux d'Alger, l'escadre du Levant a ordre d'aller tirer réparation de toutes les contraventions qu'ils ont faites, tant dans l'Océan que dans la Méditerranée, dont j'ay reçu des plaintes de toutes parts.
J'envoye à mon fils tous les mémoires nécessaires pour faire les projets de toutes les escadres de l'année prochaine. Travaillez avec luy au choix des vaisseaux et à rendre ces estats parfaits.
Outre ce que j'ay écrit par mes dépesches, comme nous voyons actuellement la fin du bastiment de nos vaisseaux, et que, après que ceux dont je vous ay envoyé les noms seront bastis, il ne nous restera plus à en bastir, dans tous nos arsenaux de marine, que cinq ou six tous les ans pour renouveler les plus vieux, il seroit nécessaire que vous fissiez un estât de toutes les marchandises et munitions qu'il faudrait tenir dans nos magasins pour tous les besoins qui peuvent arriver; et, quand une fois cet estât seroit bien réglé, nous n'aurions qu'à acheter tous les ans ce qui se trouverait consommé, c'est-à-dire qu'il faudrait faire, à l'égard du magasin général, ce que vous faites à l'égard des magasins particuliers de chacun vaisseau.
Je vous recommande toujours de diligenter nos constructions.
(An-b.de la Mar. Dé^ch*» concerna* U marin*, 1670. M. 45t.)
LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Saint-Germain, a 6 septembre 1670.
Vous verrez, par la lettre du Roy cy-jointe l, que Sa Majesté vous accorde la permission de porter le pavillon de contre-amiral pendant que l'escadre tiendra la mer.
1 Voici celte lettre : « Encore que , par le contre-amiral ne pourFa estre arboré que lorsdernier règlement que j'ay fait sur les pavillons qu'il sera accompagné du nombre de <W' de me* vaisseaux , j'aye ordonné que celuy de vaisseaux de guerre, pour eslre «n estât d'en
ET GALERES. 279
Je veux croire, le sieur Jacquier devant estre actuellement* à Belle-Ile, qu'il fournira incessamment le reste des vivres qui manquent à l'escadre et qu'il prendra mieux ses mesures une autre fois l.
Je seray bien ayse de voir le mémoire que vous aurez fait sur le salut des vaisseaux de guerre et pavillons inférieurs à l'égard des supérieurs.
Quant au fonds de vostre table, je m'étonne que vous n'en ayez touché qte la moitié ; vu que j'ay donné un ordre général au trésorier de remettre à ses commis trois mois d'appointemens et les sept mois entiers de table; «juoy qu'il en soit , c'est une chose que vous retrouverez à vostre retour. J'attends avec impatience la nouvelle de vostre départ.
(Arch. de la Mar. Drpéthe, concernant la marine, 1670, fol. 456.)