A M. ARNOUL
INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE
Saint-Germain, 96 septembre 1670.
Pour réponse à vostre lettre du i3 de ce mois, je vous diray que la principale et la plus importante application que vous devez avoir à présent est de bastir avec diligence une réale, en telle sorte qu'elle puisse servir au mois d'avril prochain , Sa Majesté estimant nécessaire, à présent quelle a ringt galères armées, d'avoir une réale qui soit la plus belle qui ayt esté mise en mer jusqu'à présent. Ne manquez donc pas de me faire sçavoir, par tous les ordinaires, ce que vous avancerez dans cette construction, et faites-la entreprendre par le meilleur maistre de hache que nous ayons , en y employant la plus grande quantité d'ouvriers qu'il sera possible. Cependant, commencez toujours à faire travailler aux armes, canons, et à tous les ornemens qui seront nécessaires pour cela; je ne vous recommande pas moins la diligence pour les autres corps de galère que vous faites bastir.
soutenir la dignité, et bien que l'escadre dont le vaisseau le François que vous commandes lait le second ne soit composée que de neuf, je »ous lais cette lettre pour vous dire que je vous permets de porter ledit pavillon de contre-amiral pendant que ladite escadre tiendra la mer. . . » (Ordrtt du roi, fol. i83.)
1 Le 97 du mois précédent, Colbert avait déjà écrit à Du Quesne : «Le Roy est extrêmement surpris que l'escadre soit encore à la rade
de Brest, faute de n'avoir pas tous ses vivres. Je vous avoue qu'il n'y a rien de si préjudiciable au service de Sa Majesté que ce long retardement, et qu'en mon particulier j'ay beaucoup de déplaisir de voir qu'un temps le plus propre à réussir contre les corsaires de Salé se perde si inutilement.
p Pressez le sieur Jacquier d'embarquer promptement le reste des victuailles de l'escadre et aydez-le autant que vous pourrez à
Je vous ay desjà fait sçavoir que le Roy se contenteroit de faire bastir tous les ans deux vaisseaux à Marseille; ainsy vous pourrez vous passer de la maison des Capucines 1 ; faites seulement vos diligences pour achever promptement ceux qui sont à présent sur le chantier.
L'augmentation qui s'est faite depuis peu à la chiourme des galères du roy par les nouveaux forçats qui vous sont venus des chaisnes et les esclaves qui sont arrivés de Malte, vous donnera moyen de mettre en mer, l'année prochaine, vingt galères, ainsy que vous me le faites espérer. Prenez bien vos mesures afin qu'on puisse avoir ce nombre , tant en corps de galères qu'en chiourme, et travaillez à faire un mémoire exact de tout ce qui vous peut manquer en canons, armes et munitions nécessaires pour mettre lesdites vingt galères en mer, sans comprendre les trois galiotes.
Je recommande souvent aux procureurs généraux des compagnies d'observer que ceux qui sont condamnés aux galères ayent assez de santé et de force pour y bien servir; mais il est bien difficile que, parmy un si grand nombre de criminels, il n'y en ayt quelqu'un qui ne soit pas en si bon estât qu'il seroit à désirer. Je feray, à l'avenir, encore plus de diligence pour cela.
J'approuve les mesures que vous avez prises avec le sieur Brodait pour former, à l'avenir, avec facilité les équipages des galères, et je suis bien ayse que M. le Général en soit demeuré d'accord, ne doutant pas que cet establissement ne soit très-avantageux.
Il est certain que le séjour que les forçats font dans l'bospital les amollit extraordinairement; ainsy la résolution que M. le Général et vous avez prise de ne les y plus envoyer est fort bonne.
Je donne ordre au sieur Pellissary d'écrire à son commis , à Marseille , de fournir l'argent qui sera nécessaire pour les animaux que le sieur de Gaston a amenés de Levant; mais il est nécessaire que vous m'en envoyiez un mémoire.
Je vous envoyé un autre mémoire de diverses plantes que le Roy veut faire venir de Provence; ne manquez pas de les faire chercher en diligence
faire diligence , en luy donnant les hommes et les chaloupes dont il anra besoin. . . - (Dép. cmc. la tnar. fol. 399.)
' Le 90 du mois précédent, Colbert avait écrit au même intendant : et Le Roy approuve la pensée que vous avez de prendre la maison des Capucines pour servir aux augmentations qui sont à faire à l'arsenal des galères; et comme je vous ay envoyé, il y a desjà quelque temps.
une lettre de Sa Majesté au père provincial des Capucines, pour luy dire de convenir du prix de ladite maison avec M. l'évesque de Marseille, je ne crois pas qu'il y ayt plus rieï à faire de ma part. Voyex à diligenlcr cette affaire autant qu'il se pourra, estant très-important pour le service du roy d'avoir à Mars«ili» un grand et spacieux arsenal de marine. - { 4*7 fjol. fol. 1 13.) «. J
el de choisir les plus belles que l'on pourra trouver pour me les envoyer incessamment avec toutes les fleurs que je vous ay demandées...
(Arcb. de la Mar. Dépêches concernant le* galère», 1670, fol. i3o.)