‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 166 sur 486 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Paris, a8 novembre 1670.

J'ay reçu vos lettres des 1 7 et 20 de ce mois. Je suis bien surpris de ce que vous m'écrivez que le sieur Regnier-Duclos 1 soit arrivé sans son vaisseau; et mesme, de la sorte que vous m'en écrivez, j'ay lieu de douter qu'il soit venu dessus. Néanmoins, vous sçavez combien le Roy a sévèrement défendu qu'aucun capitaine de marine quittast son bord pendant l'année 2. Ces maximes générales sont de telle conséquence que si nous ne les establissons avec rigueur, il est impossible que jamais nostre marine puisse avoir aucun succès.

Vous sçavez que Michaut a abandonné le vaisseau qu'il avoit ordre d'es- • orter, ce qui est un crime irrémissible en fait de guerre5, estant nécessaire ou de ne s'en jamais mesler ou de faire exécuter ces règles sans lesquelles il 1 v peut jamais avoir ni ordre ni subordination. Et voicy une seconde faute faite par ce capitaine Regnier-Duclos, qui n'est pas véritablement d'une si grande conséquence, mais qui ne laisse pas de l'estre; et ce qui m'étonne le plus, c'est que ces messieurs font ces actions-là sans qu'il paroisse mesme qu'ils croyent faire mal. C'est à vous à y prendre soigneusement garde;

' Nicolas Regnier-Duclos, de l'Ile de Ré, 1 Voir, à V Appendice , Ordonnances du roi

••'piUine de vaisseau en »65a, morl dans la des 16 mars 1669 el 37 septembre 1670. rivière do Lisbonne, surWi#/M,en mars 167.3. 3 Voir pièces n°' 176 180 et ao6.

et soyez assuré que, sans quelque exemple de sévérité, nous ne viendrons jamais à bout de les contenir dans Tordre et la règle qu'ils doivent observer.

Je ne laisse pas, nonobstant ces raisons, d'estrc persuadé qu'il ne faul pas faire un exemple en la personne dudit Regnier-Duclos , d'autant que son employ est trop important et son voyage trop pressé ; mais seulement faites-luy connoistre sa faute.

Si toutes les ordonnances de marine et ces principes ont besoin d'estre renouvelés, faites-ie-moy sçavoir afin que j'en puisse expédier l'ordonnance du roy, et l'envoyer dans tous nos ports pour la faire publier. . .

(Areh. de la Mar. Dépêche* concernant la marin» , 1670, fol. 5g 1.)

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