A M. D'ALMERAS
CHEF D'ESCADRE
Paris, ai avril 167a.
Les dernières nouvelles de M. Matharcl m'apprennent que les neuf vaisseaux et trois brusiots de reste de vostre escadre estoicnt en rade dès le 1 3 de ce mois. Je veux croire, les vivres et les équipages estant prests, nue vous aurez mis à la voile avant que cette lettre arrive à Toulon ; je ne laisse pas toutefois de la hasarder pour vous dire que je m'assure que, après tous les entretiens que nous avons eus ensemble, vous ferez quelque action d'éclat et de réputation pour les forces maritimes du roy, et que nous entendrons parler de vostre commandement de ses armées, qui sera une chose «Fautant plus agréable à Sa Majesté qu'elle luy sera nouvelle. Je \c. souhaite pour sa satisfaction et pour vostre intérest particulier.
A l'égard de ce qui est porté par vostre instruction concernant les vaisseaux que vous devez laisser devant Tripoli , c'est à vous à voir si la chose est possible, et, en ce cas, à vous y conformer; mais si vous croyez que cela ne se puisse sans faire courre risque aux vaisseaux du roy , vous pouvrz vous en dispenser; mais vous en devez bien particulièrement écrire les raisons et surtout vous appliquer à chercher d'autres moyens pour parvenir à la fin que Sa Majesté se propose par vostre armement.
Le Rov ne veut point entendre parler d'expédier des brevets en blanc. Sa Majesté fera choix de l'un des plus expérimentés lieutenans pour remplir la place d'ayde-major de la marine.
(Arcb. de la Mar. Dépêches concernant la marine, 1671, fol. «86 )