‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 198 sur 486 · AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR · texte numérisé non relu

AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR

FOURNISSEUR DE LA MARINE

Ath, 3o juin 167 1.

Vous verrez, par les extraits cy-joints des lettres de MM. de Terron et de

1 Joseph Foucault. (Voir II, afto.)

* An lieu de se conformer aux instructions de Colbert et d'attendre les avis de Foucault, d'Herbigny rendit des ordonnances de sou chef, ce qui lui valut la lettre suivante de Colbert , du 9 5 septembre :

« Je vous répète encore que nil'une ni l'autre des ordonnances que vous avex rendues pour la préférence du fret et l'enrôlement des matelots ne se peut soutenir en aucune façon, et que la fuite mesme des matelots , quand elle auroit esté effectuée et réelle, ne peut pas vous avoir obligé à donner celte dernière ordonnance. Prenez bien garde a l'avenir de n'en délivrer aucune de quelque nature que ce soit sans en avoir écrit, et reçu les ordres du roy.

<• A l'égard des interrogatoires que vous m'avez

envoyés, M. Foucault vous fera sçavoir les sentimens de rassemblée. J'ay fait un mémoire succinct de tout ce que vous devez faire pour l'exécution plus régulière de vostre commission, sur lequel ledit sieur Foucault a dressé un mémoire plus ample auquel il est nécessaire que vous vous conformiez. Mais surtout il faut travailler à lire les ordonnances, tous les traitede marine, et visiter avec grand soin généralement tous les papiers des greffes; et, avec retUapplication, il y a lieu d'espérer que l'exécution de vostre commission sera utile au service du roy et au bien du ses sujets.

« Le projet de règlementsur le sujet des prise* et échouemens que vous m'avez envoyé sera examiné par l'assemblée, laquelle voua fera sçavoir ses sentimens. <> {Dtp. cone. U comm fol. lift.)

Seuil et la copie du procès-verbal que ce dernier m'a envoyé, le mauvais succès des épreuves qui ont esté faites en dernier lieu à Rochefort et à Brest 1 des canons du Nivernois qui y ont esté portés. Je vous avoue que je ne sçais plus qu'en croire, et que ces différentes épreuves donnent lieu à de grandes incertitudes ; car je vois par les procès-verbaux des commissaires que les canons qu'ils ont reçus ont fort bien soutenu l'épreuve ; que, des derniers qui ont esté éprouvés par le sieur Duclos2, il n'en est crevé pas un; et cependant, nous voyons que, dans un seul coup d'épreuve qu'on leur a donné dans lesdits arsenaux, il en est crevé la plus grande partie.

11 y a quelque chose en cela que je ne comprends pas encore, mais que je découvriray avec le temps. Et, comme cette matière est la plus importante de toutes celles que nous avons dans la marine, il faut examiner encore une fois les épreuves, et mesme envoyer quelqu'un de vostre part à Kochefort et à Brest, qui soit habile et entendu en fait d'épreuves, pour vérifier ce qui a esté fait sur les canons, et en faire de nouvelles sur le lieu, s'il est nécessaire, afin, une bonne fois pour toutes, ou que les officiers de marine puissent estre détrompés des mauvaises impressions qu'ils ont contre celte fabrique, ou que, s'il y est reconnu quelque défaut auquel il ne soit pas impossible de remédier, vos fondeurs puissent travailler à le corriger à l'avenir, vous répétant encore qu'il est d'une extrême importance de sçavoir à quoy l'on s'en doit tenir.

Les canons qui ont une fois soutenu l'épreuve la doivent soutenir toujours sans difficulté. Cependant je vois que cette seconde épreuve qui a esté faite à Brest et à Rochefort a fait crever le plus grand nombre des canons qui ont esté éprouvés, et, qui pis est, c'est qu'ils sont à présent en un tel décry qu'aucun capitaine n'en veut prendre sur son bord. Il faut une fois estre éclaircy à fond de ce que nous devons attendre de ces canons; et quand, pour cela, vous seriez obligé d'aller faire un voyage à Rochefort, cela est assez important pour le faire.

(Arch. de la Mar. Dépêches concernant ta marine, 1671, fol. a8a.)

1 Voir pièce* n" 1 8a , a63 , 3o5 et noies. en 1 671, à Marseille en 1 6g t . Mort le ao no- 1 Commissaire ordinaire de marine à Arles vembre 1698.

INTENDANT A ROCHEFORT

AUi, 9 juillet 1671.

La résolution que le Roy a prise de mettre en mer, dès le mois de février ou de mars prochain, une escadre ou flotte de trente vaisseaux pour faire la guerre dans la Manche mérite de très-grandes réflexions, pour bien exécuter les ordres de Sa Majesté et éviter les inconvéniens qui pourroient arriver, selon les différens rencontres de gros temps ou de la guerre, par le défaut de ports et de retraites pour les vaisseaux de Sa Majesté, et de magasins et arsenaux de marine bien fournis pour tous les accidens qui peuvent arriver.

Pour cet effet, il faut considérer la Manche entièrement fermée dès lors que cette guerre sera commencée, et par conséquent que l'on ne pourra tirer du Nord aucunes des marchandises nécessaires pour les arsenaux de marine.

H faut de plus estre persuadé que l'un des plus grands malheurs qui pourroient arriver aux vaisseaux de Sa Majesté, ce seroit qu'ils fussent contraints de prendre leurs retraites dans les ports d'Angleterre et d'y chercher les agrès, armes et munitions qui leur seroient nécessaires.

Ces deux points présupposés, il faut examiner trois choses principales :

La première, ce qui est à faire pour munir les arsenaux de marine qui sont hors de la Manche, sçavoir Brest et Rochefort;

La seconde, pour avoir des retraites pour les vaisseaux du roy dans la Manche ;

Et la troisième, pour fournir les arsenaux de marine qui sont dans la Manche de toutes les marchandises, armes, bois, fer et canons et autres munitions, pour tous les accidens qui peuvent arriver aux vaisseaux de Sa Majesté dans les accidens de mauvais temps ou de combat.

Pour la première, il est nécessaire que le sieur de Terron, pour le port de Rochefort, et le sieur de Seuil pour celuy de Brest, travaillent à y amasser, dans le cours de cette année, toutes les armes et marchandises pour lesquelles il a esté fait fonds dans Testât ;

Que ledit sieur de Terron presse les compagnies d'Agier et du Nord de faire les fournitures auxquelles elles sont obligées par leurs traites; et particulièrement celle d'Agier, de faire voiturcr promptement du charbon de terre de Rouergue pour en fournir à Rochefort et à Brest toute la quantité

qui sera nécessaire pour la consommation de ces deux ports pendant une ou deux années.

Et en cas que ledit Agier n'en puisse pas fournir pour une année entière dans les deux ports, dans le cours de celle-cy, il faut faire venir d'Angleterre ce qui pourra manquer.

Il faut, dans le mesme temps, faire acheter toute la quantité de goudron qui sera nécessaire pour les deux ports et l'y faire voiturer jncessam-

L'on donne ordre dès à présent à Bordeaux pour y faire acheter du goudron et l'envoyer auxdits lieux.

Faire travailler, avec toute la diligence possible, les forges de grosses ancres, examiner la quantité que l'on en pourra avoir dans la fin de cette année, et combien, tous les vaisseaux fournis, il pourrait en rester pour envoyer au Havre et à Dunkerque; faire travailler aux pattes, bras et verges d'ancres partout où il s'en fait;

Il faut faire la mesme chose à l'égard des cordages en l'un et en l'autre port, et surtout voir la quantité que l'on pourra transporter au Havre et à Dunkerque , estant très-important qu'il y ayt dans ces deux ports une quantité considérable d'ancres et de cordages.

Il faut de mesme presser la voiture des bois que les officiers de Mademoiselle doivent fournir;

Examiner si, des bois et des masts que la compagnie du Nord doit fournir à Brest, l'on ne peut pas en divertir un vaisseau chargé de bois et un de masts pour le Havre ou pour Dunkerque;

Examiner le nombre de boulets, de grenades, qui sont en chacun de ces deux arsenaux (Rochefort et Brest) , pour voir la quantité que l'on en pourrait envoyer au Havre et à Dunkerque.

Examiner de mesme les poudres, et voir s'il y en aura assez dans lesdils arsenaux pour les arméniens de l'année prochaine, d'autant qu'en ce cas, de l'achat qui sera fait ladite année, il en sera destiné soo milliers pour le Havre et pour Dunkerque.

Et , pour finir, il faut examiner en détail toutes les marchandises et munitions qui peuvent estre nécessaires dans ces deux arsenaux , en faire des estats bien exacts et les envoyer pour aviser ensuite aux moyens de les recouvrer, donner les ordres pour les y faire voiturer et faire en sorte que , dans le cours de cette année , toutes lesdites marchandises y soyent rassemblées.

A l'égard des retraites, Sa Majesté fait travailler au Havre et à Dunkerque en sorte qu'elle a lieu d'espérer que les vaisseaux de 1,000 et 1,900 tonneaux pourront s'y retirer avec facilité et seureté.

Sa Majesté estime nécessaire que le sieur de Terron examine , avec le* officiers de marine qui se trouveront à Rochefort, s'il ne seroit pas à propos de faire reconnoistre la mer de la Manche, dans toute son estendue, par quelqu'un des meilleurs et plus expérimentés officiers de marine, avec quelques pilotes, et, en ce cas, Sa Majesté veut qu'il choisisse ceux qu'il estimera les plus propres pour ce travail, leur donne les bastiinens qui seront nécessaires et les fasse partir sans perdre un seul moment de temps, pourvu toutefois que le travail du sieur de La Favollière ne soit pas estime' suffisant pour cette reconnoissance K

A l'égard des marchandises qui seront nécessaires dans les magasins de Dunkerque et du Havre, Sa Majesté veut que le sieur de Terron en fasse un mémoire par estimation, sur le pied des 3o vaisseaux qui doivent entrer dans la Manche.

Nota. 6 o 'ancres, sçavoir : 19 de 4,ooo,

1 a de 3,5oo ,

t o de 3,ooo ,

1 9 de 9,5oo ,

1 9 de 9,000.

6o cousteront à. . . en Hollande, à 6 sols la livre, 53,(îoo livres. Câbles 900, à 99 livres 10 sols le quintal, 45,ooo livres.

(Bibl. hnp. Mm. S. F. 3,oia. Colbert et Seignelay, IV, cote 16, pièce a. — Dorumfnts nuionifitr* tneaiu , jniniies par m. (.nanipoiiion-r ig< ar , it, uoo.)

Magny.io juillet 1671.

Puisque les nouveaux entrepreneurs que le sieur Levau vous a envoyés ont fait une diminution aussy considérable que celle portée par vos dernières, il faut que vous les excitiez fortement à se réduire au prix porté parles estimations dudit Levau, par lesquelles je ne vois pas une grande différence. Sur la difficulté qu'ils font de continuer le travail commencé par les autres entrepreneurs2, il faut que, en leur promettant et donnant en effet toute protection et assistance, vous les obligiez de passer par-dessus cette difficulté, estant très-important et mesme nécessaire de changer et oster les entrepreneurs qui, par ignorance ou par malice, ont tiré du Roy

' Voir pape 35 1. -» Il s'agissait de travaux de maçonnerie. (Voir pièce n* «55.)

un quart plus que les ouvrages qu'ils ont faits ne valoient. Et quand mesme les ouvrages retarderoient de quelque temps, il faut qu'ils retardent pour un aussy grand bien que ccluy-là ; et, croyez-moy sur ce point, il faut faire un marché pour les ouvrages qui sont résolus à présent; et, à mesure que l'on en fera de nouveaux, il faudra faire de nouveaux marchés, parce qu'il arrive toujours que la pratique et l'usage font diminuer les prix.

Examinez dans le conseil de construction de quel vaisseau le Roy se peut et se doit servir pour les bruslots dans toutes ses armées navales, de quel port, de quelle qualité et gabarit, s'il sera plus avantageux d'en acheter tels qu'on les trouvera dans toutes les occasions où l'on en pourra avoir besoin, ou d'en baslir de neufs; et, en ce cas, en résoudre un devis contenant tout ce qui se doit observer pour avoir les meilleurs de la mer, en observant qu'ils puissent servir à autres usages en temps de paix.

Examinez pareillement s'il sera avantageux au Roy de se servir en bruslots des vieux vaisseaux de guerre qui ne pourront plus servir, ou de les dépecer. Le Roy estant a présent pourvu de tous les vaisseaux de guerre qu'il veut avoir dans ses arsenaux de marine, il est nécessaire d'examiner ce point afin de se mettre en estât de bastir de ces sortes de vaisseaux , s'il est estimé nécessaire.

(Arcb. do ta Mar. Dépêche* concernant la marine, 1671. fol. 0.)

CAPITAINE DE VAISSEAU

Saint-Germain, 11 juillet 1671.

J'ay esté bien ayse d'apprendre, par vostre lettre du a 8 may dernier, le bon succès des vaisseaux du roy que vous commandez.

A l'égard des corsaires de Salé, dont vous avez fait périr deux à leurs cottes, j'en ay aussytost porté la nouvelle à Sa Majesté, et luy ay fait lecture de vostre lettre d'un bout à l'autre. Elle a tesmoigné estre fort satisfaite de cette action, et, en mon particulier, j'en ay d'autant plus de joye que je vois que ce commencement de satisfaction qu'elle en a reçu est venu }>ar vous. Elle fera sans doute considération sur les officiers qui se sont distingués en ce rencontre par leur courage et leur bonne conduite. Mais elle espère que vous n'en demeurerez pas là, et que, avant que vostre campagne finisse, vous tenterez l'impossible pour trouver l'occasion de faire quelque action digne de luy dépescher un courrier, qui, de mesme que relie que vous avez exécutée en dernier lieu, puisse également donner de

la réputation à ses forces navales et de la terreur aux corsaires. Je le souhaite par l'amitié que j'ay pour vous, vous assurant que j'en relèveray le prix et l'éclat avec plaisir l.

( Arcb. do la Mar. Dépêches concernant la marine, 1671. fol. 4.)

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

Saint-Germain , 1 7 juillet 1671.

Vous verrez, par la lettre du Roy que vous trouverez cy-jointe, que Sa Majesté a changé de résolution au sujet du voyage de Rochefort 2, et qu elle désire que vous naviguiez, avec les quatre vaisseaux que vous commandez, depuis le Conquest jusqu'au cap de Finistère pendant tout le temps que leur vivres pourront durer. A quoy je n'ay rien à ajouter, si ce n'est qu'il est important que vous vous mettiez promptement en mer pour n'en consommer dans les rades que le moins qu'il se pourra.

J'ay examiné tous les fonds qui ont esté faits pour la table et appointemens des lieutenans généraux de marine pendant qu'ils ont servy à la mer, et j'ay vu qu'ils n'ont eu que 1,000 livres pour toutes choses, et 3 00 livres dont ils se faisoient payer comme premiers capitaines, qui effectivement ne dévoient estre payées qu'aux capitaines de vaisseau. A présent le Roy vous donne i,5oo livres pour table et appointemens à la mer, de sorte qu'à vostre compte mesme c'est 200 livres par mois que vous rece-

1 Louis XIV écrivait à ce sujet au comte d'Estréea, le 1" octobre suivant:

«La relation du chevalier de Château-Renault m'a fait clairement connoistre que les corsaires peuvent estre détruits, puisqu'il parois! , par ce qu'elle contient , que mes vaisseaux légers peuvent approcher beaucoup plus près de terre que l'on n'auroil cru jusqu'à présent; et comme l'action du sieur Beaugeay-Legoux *, enseigne de l'un des vaisseaux , m'a paru assez hardie, je vous envoyé un brevet de lieutenant pour luy donner, et je désire qu'en le luy donnant vous rend i ex public que c'est en raison de cette considération, et que, si quelque autre officier subalterne fait quelque action extraor-

dinaire, je sçauray bien la récompenser, nonseulement en élevant dans les charges de la manne ceiuy ou ceux qui i auront enirepn*H et exécutée, mais mesme par des gratifications et pensions qui leur donneront lieu de se souvenir de cette action toute leur vie et donneront beaucoup d'émulation à tous les antres officiers.'» (Dép. au comte d'E*trée$ , fol . 16.)

* On a vu plus haut, dans la correspondance adressée à Goibert de Terron , les préoccupations du ministre au sujet du voyage que Louis XIV devait faire à Rocbefort.

La mort de son second fils, le duc d'Anjou, survenue le 10 juillet, aurait -elle empêché le voyage du Roi?

* Enseigne de vaisseau en 1667. lieutenant eu 1 671, capitaine de frégate en t68o. d« vaisseau eu 1689* Mort dans ses terres en Poitou, le 38 septembre 1698.

vez de plus que par le passé, sans compter les 5oo livres par mois pendant le temps que vous demeurez à terre.

J'ay esté bien ayse de vous faire ce détail pour vous faire connoistre qu'il n'y a pas lieu de demander aucune augmentation à ce sujet l.

( Arch. do la Mnr. Dépêche» contenant la marine, 1671 , fol. 1».)

25/i. — AU SIEUR LEGOUX,

FOURNISSEUR DE LA MARINE1

• . Saint-Gcrraain , 1 8 juillet 167t.

H est bien nécessaire que vous acheviez promptement tout ce que vous aurez à faire à Rochefort pour vous en retourner en Nivernois, estant impossible que toutes vos manufactures ne souffrent beaucoup de vostre absence.

Surtout prenez bien garde que ce voyage ne soit pas inutile comme l'autre, et qu'il ne vous reste ni excuse ni raison à alléguer, vous déclarant que je n'en recevray aucune, et que si toutes vos manufactures ne sont trouvées bonnes, ou que vous ne conveniez de bonne foy avec les intendans et autres officiers des ports des moyens de les perfectionner, je les abandonneray sans aucune difficulté.

Comme je vois que, par toutes vos lettres, vous rejetez toujours le mal sur ce qui a esté fait du temps du sieur Levau , je désire que vous divisiez tout ce qui a esté fait de ce lemps-lâ d'avec ce qui a esté fait depuis que vous en prenez soin, et que vous en fassiez les épreuves différentes, afin que je puisse connoistre véritablement si ces manufactures se perfectionnent ou non, ce qui pourra donner lieu de juger du succès qu'elles auront. Enfin je vous répète encore que vous preniez bien garde de ne manquer à aucun des éclaircissemens qui sont nécessaires pour que je puisse prendre une dernière résolution sur toutes ces manufactures.

L'on m'écrit de tous les ports où vous avez fourny des boulets qu'ils

1 Du Quesne réclama sans doute, car, ie 1,000 d'appointemens , et 800 pour vostre

1 1 février suivant, Colbert lui écrivait : table pendant le temps que vous serez en mer.

-J'ay demandé aussy les ordres de Sa Ma- de sorte que je ne doute point que vous ne

jçsU; au sujet de vos appointemens, pension et soyez très-content du traitement favorable que

lable. Elle a réglé que von» auricx dorénavant Sa Majesté vous fait ... » ( Dtp. conr. la mnr.

3,ooo livres de pension et 9,000 pour vos ap- fol. 66.) — Voir pièc* n" 9 13. potntemen» de lieutenant général par chacune 1 D'abord commis du sieur Dalliez, il de-

*nn*«-, 5oo d'enfretènement par mois pen- vint plus tard avec lui l'un des directeurs de la

le temps que vous serez dans le port, manufacture de la

MARINK

ont un ourlet ilans le milieu, à la jointure tlu moule ; et, comme il est impossible de s'en pouvoir servir avec un ourlet, je donne ordre partout <ju« l'on n'en reçoive aucun qui ne soit pas parfaitement rond et sans aucun ourlet. C'est à vous à y prendre garde à l'avenir, parce que l'on n'en recevra plus que de cette qualité.

(An*, de la Mar. Dépêche» cmctrwnt la marine. 1C71. failli.)

I INTENDANT A ROCHEFORT

Saint-Germain, an juillet 1671.

Sa Majesté a desjà fait sçavoir au sieur de Terron qu'elle ne fera poinl le voyage de Rochefort cette année; elle désire néanmoins qu'il s'applique à mettre toutes choses au mesme estât que si elle deYoit y aller, i>artirulièrement pour ce qui concerne les magasins, le port, les bastimens, In forme et généralement tout ce qui ne peut point causer de dépense inutile.

A l'égard des ornemens des bastimens qui dévoient porter Sa Majesté, elle veut qu'on suspende ce qui n'est point absolument nécessaire.

Elle sera bien aysc d'avoir au plus tost Testât en détail de ce à quoy revient un vaisseau de chaque rang1.

Elle fera partir dans peu de jours celuy qu'elle a choisy pour estre contrôleur de la marine a Rochefort; et cependant elle estime nécessaire au bien de son service que le sieur Dtimont parte incessamment pour aller s'appliquer à bien establir le travail dans les Pyrénées2, et faire en sorte que la compagnie d'Agier3 exécute son traité et fournisse de bonnes marchandises.

' Voir pièce n" a h 5.

* La lettre suivante, adressée par le secrétaire d'étal de la marine à l'intendant de Montanban, le ia janvier 1676, nous montre quelles difficultés le sieur Dumont rencontrait dans l'exercice de ses fonctions :

«Le sieur Dumont, chargé par le Roy de la fourniture des masls, planches, bois de construction et autres munitions des Pyrénées pour les arsenaux de la marine de Ponant, s'estanl plaint que les paysans se sont cachés plusieurs fois dans les boissons des chemins qui vont dos vallées aux montagne*, cl ont tiré sur luy et sur ceux qui travaillent sous ses ordres, Sa Majesté estime nécessaire à «m service de luy

donner une entière seurelé pour tous les travaux qu'il doit faire pour parvenir à l'exécution entière de se» ordres. Elle m'a ordonné de von* dire de sa part que vous fassiez visiter soigneusement lesdils chemins, et que vous douni.i tous les ordres que vous estimerez néerssain* pour les rendre libres et seurs, soit en coupant tons les bois et buissons qui peuvent senir oY retraite aux voleurs et assassin»; soit en l<* rendant d'une largeur convenable. Sa Majesté veut aussy qu'en tous rencontres vous donnic? audit sieur Dumont toutes les assistances qui pourront dépendre de vous." ( Dép. mnr. U mnr. fol. 1 1.)

5 Voir pièce n° a5o.

ET <ï AL ÈRES. 387

Sa Majesté s'est expliquée de ses intentions sur le sujet des ouvrages de maçonnerie, et elle ne désire point que ceux qui, jusqu'à présent, par malice ou par ignorance, ont fait monter cette dépense à un quart plus qu'elle ne devoit, continuent de travailler. Elle a fait partir le sieur Levau pour conduire à Rochefort les nouveaux entrepreneurs, et les obliger d'achever les travaux commencés par les anciens. Sa Majesté désire que le sieur de Terron s'applique continuellement à diminuer cette dépense, (jui a toujours esté et sera encore à l'avenir très-considérable, estant persuadée, par une infinité d'expériences, que dans un lieu où l'on fait de : ■ s r 1 1 i travaux, comme à Rochefort, le temps et la pratique fourniront incessamment les moyens d'en diminuer considérablement les dépenses.

Sa Majesté estimeroit mesme nécessaire que le sieur de Terron examinast en détail de laquelle de ces deux causes, ou de malice ou d'ignorance, provient l'augmentation du quart de dépense que Boyer a causée jusqu'à présent.

Elle sera bien ayse d'apprendre le succès qu'aura eu l'expérience de la machine pour empeseber la dérive des vaisseaux1.

Sa Majesté désire que le sieur de Terron s'applique sur toutes choses à tenir en estât le nombre de vaisseaux qu'elle veut mettre en mer au mois de février prochain, et qu'il concerte toutes choses et se prépare, dès à présent, en sorte qu'elle puisse avoir la satisfaction de les voir mettre en mer nu jour préfixe qu'elle aura prescrit.

Elle a eu de la satisfaction de voir la réponse qu'il a faite à ce que le Vice-Amiral avoit écrit concernant les officiers de marine; mais elle est bien ayse de luy faire observer qu'elle n'a point vu jusqu'à présent d'action assez singulière d'aucuns officiers pour la persuader qu'ils ayent assez d'élévation et toute la chaleur nécessaire pour chercher à faire quelque chose d'extraordinaire dans les grandes actions et dans les petites. Ainsy Sa Majesté veut que le sieur de Terron travaille continuellement et mesme luy fasse sçavoir ce qu'il serait à propos de faire pour leur donner celte chaleur, estant bien résolue à l'avenir de récompenser et de punir toutes les actions de marine qui mériteront de l'cstre. Cependant elle désire qu'il ^applique toujours à bien examiner tous lesdits officiers, estant impossible *(ue, dans un si grand nombre, il n'y en ayt quelqu'un d'incapable qu'il faudra retrancher, et élever en mesme temps ceux qui ont les qualités né- ('fssaires pour faire de bonnes actions.

A l'égard de la séparation des escadres que le sieur de Terron propose, Sa Majesté eslimoit que le principal point de son service consistoil

' Vaîrpiérea' si 5, dernier pnra^aplu*.

à donner toute l'expérience possible au sieur Vice-Amiral pour le rendre capable de grandes actions lorsque l'occasion s'en présentera , et qu'il estoil mesme de sa dignité de ne mettre en mer que de puissantes escadres, pour soutenir en tous rencontres l'honneur de son pavillon; et elle est encore dans le mesme sentiment. Mais à l'avenir elle donnera des ordres encore plus précis audit Vice-Amiral pour séparer son escadre en diverses parties, afin d'occuper toutes les mers et donner aux officiers particuliers des occasions de faire quelque chose de bon.

Par les lettres de Portugal, il paroist que le chevauer de Flacourt1 a eu deux masts rompus, et il attribue à ce défaut de n'avoir pu atteindre deui vaisseaux corsaires. Cela doit obliger le sieur de Terron à examiner toujours si les masts du rovaume sont de bonne qualité, et mesme s'ils sont bien conservés, particulièrement ceux qui sont dans la fosse de Saint-Nazaire, estant bien difficile que ce qui est hors de sa vue puisse estre conservé avec le soin nécessaire pour le bien du service de Sa Majesté.

( A rrh. de la Mar. Ordre* du roi pour la marine . i 671 , foi. « 47. )

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