A M. DAGUESSEAU
INTENDANT A BORDEAUX
Versailles, 1" juillet 167a.
Pour réponse à la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le q3 du mois passé, je suis bien ayse que vous espériez que le règlement que vous avez fait pour distiller le goudron , confirmé par l'arrest du conseil que je vous ay envoyé, produira le bon effet qu'il est à souhaiter.
L'expédient que vous proposez, d'imposer Ao sols sur chaque baril de goudron, est un peu difficile à pratiquer, d'autant qu'il faut procurer, par tous les moyens possibles, l'abondance dans le royaume de tout ce qui sert à la marine, et les brusleurs de goudron dans le Médoc ne le peuvent donner aussy bon et à meilleur marché que celuy du Nord. Il sera impossible qu'ils en puissent fournir une quantité assez considérable pour se pouvoir passer de celuy-là; et, si on le ehargeoit de droits, il se trouveroit que la navigation enchériroit en France, ce qu'il faut éviter avec beaucoup de soin. Ce n'est pas qu'avec le temps, et si vous estimez que cela soit absolument nécessaire , le Roy pourroit faire réflexion pour ordonner cette imposition.
Pour ce qui est des avances à faire aux brusleurs de goudron, je m'étonne que le sieur Lombard n'y ayt pas pourvu, vu que j'ay donné ordre au trésorier de la marine, dès le 1 a février dernier, de remettre 90,000 livres à Bordeaux pour faire ces avances. Et, comme ledit Lombard le sçait, vous pourrez faire faire les payemens que vous estimerez nécessaires sur ce fonds
(Bibl. des Invalide». M». Correspondance de M. Calbert, 167 a, M. 1 %5 ) » Voir pièce» n- 1C9 *» a 79.