‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 233 sur 486 · AU SIEUR LEGOUX · texte numérisé non relu

AU SIEUR LEGOUX

FOURMSSEUB DE LA MARINE

Paris, 1 5 juillet 1 67a.

Pour réponse à vostrc lettre du 7 de ce mois, il y a assez longtemps que l'on souffre des défauts dans les manufactures de canons establies en Mvernois, pour n'estre pas nécessaire de les tolérer davantage. Il est important au service du roy de ne plus rien recevoir dans les magasins de Sa Majesté qui ne soit parfait. Ainsy le sieur Duclos est louable d'estre un peu difficile sur ce point l.

Je suis bien ayse que la manufacture de fer-blanc soit en meilleur estât el mieux réglée qu'elle n'a esté. En cas que le maistre blanchisseur enseigne son secret au François qui épousera sa fille, j'exécuteray ce que j'ay dit.

A l'égard des armes, c'est un avantage qu'elles soyent de meilleure qualité qu'elles n'ont esté jusqu'à présent. Mais il faut travailler à les perfcc-

1 Coibert écrivait le I* avril précédent au sieur Paneticr, capitaine de vaisseau : «J'apprends, par voslre lettre du ao du mois passé, que, de 73 canons de huit livres de balle que vous ave» éprouvés à Cramin , il n'en est crevé que a , mais que vous en avei rebuté àk , pour avoir presque tous l'âme de travers. Comme ce défaut, qui est très-considérable , provient de l'ignorance ou de la négligence des Landouillette *, el que le sieur Legoux m'écrit qu'il peut s'en passer, je luy mande de les congédier.

«Continuez à donner vos avis à cous qui auront la conduite des fourneaux en la place des Landouillette, et appliquez-vous toujours à perfectionuer cette manufacture; surtout ne recevez aucun canon qui n'ayteslé rigoureusement éprouvé , sans vous relascber en rien des ordres portes par vostre instruction..." {Dép. nmc. la mar. fol. 1 6a .)

D'autres épreuves ayant été plus favorables, Coibert écrivit, le a3 juillet suivant, à l'intendant de Bourges et de Moulins :

«J'ay esté bien ayse d'apprendre que vous vous soyez trouvé à Nevers dans le temps de la dernière épreuve des canons qui s'y est faite , et qu'il n'en soit crevé aucun. Toutes les fois que vous passerez en ces quartiers-là , vous me ferez plaisir de vous informer de Testât de toutes les manufactures, de les visiter, et d'y faire quelque séjour lorsqu'il y aura quelque épreuve desdits canons à faire; le succès de cette manufacture méritant bien que vous vous y arrestiez quelques jours, pour rendre compte au Roy de ce que vous y aurez remarqué, et pour exciter tous les ouvriers A s'appliquer fortement à leur devoir. . . i» (Corrww. de M. Coibert, fol. i57.) - Voir pièces n" a49, a63 et

" Landouillette de Logivière (voir page 85) et Landouillette cadet. Ce dernier, d'abord maître fondeur, devint successivement commissaire général d'artillerie en i6g4 , puis capitaine d'artillerie en 170» . et capitaine de vaisaean en 1705. Mort à Nîmes le ai août 1711.

Les frères Landouillette furent encore employés dans la fonderie do canons de Rochefort. On leur reprochait de dépouiller trop lot les canons du moule et d'ajouter des morceaux de cuivre dans les trous qui t'y rencontraient . ce qui rendait les pièces très-dangereuses.

f H niner, estant impossible qu'en les examinant de près vous ne trouviez toujours quelque défaut auquel il sera nécessaire de remédier.

Prenez bien garde que le maistre forgeur d'ancres de Vienue ne fasse rien qui ne soit bon.

Les mesures que vous prenez pour envoyer icy les boistes de fonte pour les piliers des écuries de Versailles sont fort bonnes, et il est nécessaire seulement de faire en cela le plus de diligence qu'il sera possible.

Pour ce qui est des munitions destinées pour les magasins du Havre, puisque le fonds (la quantité) en est trop grand, il faut attendre qu'il y ayt de l'eau dans le canal de Briare pour les faire passer dans lesdits magasins.

( Areh. de la Mar. Dc,*cke* emwrnanl la marine ,167*. fol. 4oa.)

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