‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 281 sur 486 · AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR · texte numérisé non relu

AU SIEUR DALLIEZ DE LA TOUR

FOURNISSEUR DE LA MARINE

Saint-Germain, 16 novembre 1676.

J'apprends, par vostre lettre du 9 de ce mois, que vous disposiez tout ce qui estoit nécessaire pour l épreuve des canons de la londerie de inaisire Émery ; faites-moy sçavoir quel succès elle aura eu .

Je suis bien ayse de l'assurance que vous me donnez que, dans le cours de l'année prochaine , on fabriquera dans cette fonderie 3 o pièces de canon de a & , 18 et 19, par tiers.

A l'égard du prix du cuivre de Hongrie que vous trouvez à Lyon, il me paroist excessif à 80, livres le quintal; ainsy il faut que vous taschiez de ie diminuer autant qu'il vous sera possible, en excitant les marchands à en faire venir. Cependant, comme il importe au service de Sa Majesté de ne pas retarder les ouvrages de cette fonderie, si vous n'en pouvez pas recouvrer, vous pouvez conclure le marché à ce prix.

1 Si les fonderies dirigées par Emery ne donnaient pas à Colbert toute la satisfaction qu'il en attendait, celles de Besche ne répondaient pas mieux à ses vues, car le a6 du mois précédent il écrivait à Dalliex :

« Sur ce que ie sieur Besche m'a fait sçavoir qu'il est dan» la pensée d'aller visiter la fabrique des canons de Nivernois, je luy écris de s'entendre avec vous pour se rendre sur les lieux en mestne temps que vous y serez, estant de la dernière importance de faire choix, une fois pour toutes, du fer que vous enverrez dans les

ports ou que vous ferez employer dans les fabriques de celle province , recevant lous les jour» des avis de tous les ports que la plupart des fer* que Ton y envoyé sont si défectueux qu'il est impossible de s'en servir.

« L'on fait encore la mesme plainte de toutes les armes, à Cosne; ainsy il n'y a rien de plu* important que rectifier lous ces défauts el y apporter tant de précaution qu'il n'en .rri*e plus aucun accident à l'avenir.'» (Dép. cnne.U mar. fol. 358.) — Voir pièces n" i8«, a*a. 369, a63, 3o5, h 1 7 et notes.

A l'égard du compte des 3 0,000 livres que vous avez reçues Tannée dernière pour les dépenses de cette fonderie, j'écris au sieur Arnoul de le recevoir; ainsy vous pourrez vous adresser à luy sur ce point.

J'ay fait remettre entre les mains de vostre commissaire le passe-port que vous demandez.

Pour ce qui est du bois de la forest d'Artas, il est bien important que vous fassiez voiturer promptement les pièces qui sont fabriquées, et que vous fassiez visiter les arbres qui ont esté marqués, en conservant soigneusement les grandes pièces, et prenant garde qu'il y ayt le moins de perte qu'il sera possible dans l'exploitation. Pour cela, il est nécessaire que vous écriviez au sieur Arnoul de vous envoyer un charpentier, afin qu'il marque les pièces qui pourront estre fabriquées dans chacun arbre.

J'écris au commissaire Saint-Georges de vous aller trouver à Lyon , pour vous donner connoissance de tout ce qui regarde cette affaire.

Je suis bien ayse d'apprendre toutes les diligences que vous faites pour la voiture des masts à Toulon; mais il est également nécessaire que vous fassiez voiturer avec soin les chanvres, les toiles et les autres marchandises que vous devez fournir pour les magasins de ce port.

Le Roy a donné ses ordres au sieur Arnoul pour l'armement d'un uombre considérable de vaisseaux. Comme il aura un besoin indispensable de toutes les marchandises dont vous estes chargé, il est bien important que vous travailliez jour et nuit à faire partir des voitures , afin que les ouvriers du parc soyent continuellement occupés aux agrès et apparaux desdits vaisseaux.

( Arrb. de la Mar. Dépêche, concernant la marine, 1G7A , fol. 379.).

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