A M. DE SEUIL
COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE MARINE A RREST
Veuilles, a aoust il>75.
J'ay reçu vostrc lettre du 3 6 du mois passé.
Sur la proposition qui vous a esté faite d'envoyer aux femmes des matelots qui seront, à l'avenir, dans les voyages de long cours, quelque fonds à compte de la solde de leurs maris, il faut que vous observiez deux choses principales en cette affaire : l'une , qu'il ne faut rien faire sans 1 ordre par écrit des matelots, et, en cas qu'ils ne sçachent pas écrire, il faut leur faire donner leur consentement écrit par main de notaire, en sorte qu'il ne soit rien donné à leurs femmes que de leur consentement; et l'autre, que le Roy ne veut pas payer entièrement la solde en sorte qu'au désarmement il ne soit rien deu aux matelots ; mais l'intention de Sa Majesté est que, les mois d'avance que l'on donne aux matelots en s'embarquanl finis, l'on pourra donner une demy-solde ou le tiers à leurs femmes H familles, en cas qu'ils y consentent, ainsy que je viens de vous dire*.
A l'égard des fonds qui sont payés par mois pour les dépenses du port, c'est à vous à les mesnager avec beaucoup de soin et d'économie, parce que le Roy n'est pas en estât de faire des supplémens de fonds, ce qui n'est pas nécessaire, d'autant qu'il n'y a pas cette année de grands arméniens à faire à Brest.
Je vous envoyé, un ordre du roy pour faire distribuer aux habitans de Saint-Brieuc la moitié de ce à quoy se montera la vente de ia barque le Saint-Joseph. Il sera nécessaire qu'en leur faisant cette distribution
> En avril 1679, l'abbé d'Estrades, alors cheasc de Savoie a fait donner les
résident a Turin, obtint, de la duchesse de aux galères qui sont dans l'entendue de ses
Savoie , l'envoi de plusieurs condamnés aux Estais. Elle veut que vous f assuriez que , lors-
t;alèrea de Marseille. a3 juillet suivant, que ie temps de leur condamnation sera ex-
lui écrivit à ce sujet : piré , elle les fera mettre en liberté. ..»(%.
«Sa Majesté a esté bien aysc d'apprendre la eonc. la mar. fol. &08.) — Voir pièce D* 353.
* Von-piècen* A75.
vous les excitiez fortement à prendre ou chasser tous les corsaires qui se retirent à la coste.
J'ay reçu les observations que vous avez faites sur le modèle de l'inventaire général des arsenaux, et vos remarques sur la quantité de munitions qui doivent estre embarquées sur les vaisseaux des cinq rangs; j'exaraineray l'un et l'autre, mats vous devez prendre garde de n'y apporter aucun changement sans de grandes et pressantes considérations.
Quant à l'armement des vaisseaux, vous devez vous conformer exactement à ce qui est porté par les règlemens, parce que si vous les outrepassez de vostre autorité en aucune occasion, les capitaines ne voudront plus s'y tenir, et comme le Roy veut qu'ils soyent dans une exacte observation desdits règlemens, il est nécessaire que vous leur en montriez l'exemple. Mais, lorsque vous estimerez absolument nécessaire d'y apporter quelque changement, vous pourrez m'en écrire, et je vous enverray les ordres nécessaires pour cela.
Il ne suffit pas d'envoyer à Nantes un maistre charpentier pour faire les visites des masts que le sieur Courtin1 y a envoyés; il est nécessaire, auparavant que d'y procéder, que ledit Courtin donne ordre à quelqu'un d'y assister de sa part, afin que l'on puisse estre assuré de Testât auquel ils sont. Vous devez estre informé que le sieur de Demuin a fait faire la visite desdits masts par le maistre charpentier de Rochefort ; mais , comme il paroist dans le mesurage et l'estimation qu'il en a faits un dessein formé d'en diminuer le prix et la qualité et d'en faire passer une partie pour défectueux, il faudra bien prendre garde de tomber dans le mesme inconvénient, et faire choix d'un charpentier ou masteur sur la fidélité duquel l'on puisse se reposer.
Vous connoistrez, par l'ordonnance que vous trouverez cy-jointe , les intentions de Sa Majesté sur le secours qu'elle veut donner, à l'avenir, aux femmes ou familles des matelots qui seront embarqués sur ses vaisseaux; ne manquez pas de la faire publier et afficher dans le port et au surplus de tenir soigneusement la main à son entière exécution. . .
(Arch.de la Mar. Depéclut concernant la marine, 1676, M. a 8 s.) 1 Résident à Cologne. (Voir II, Ai a.)