‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 354 sur 486 · A M. BARILLON · texte numérisé non relu

A M. BARILLON

AMBASSADEUR A LONDRES

Versailles, 9S octobre 1677.

Les corsaires hollandois qui sont pendant l'esté sur les costes de France, ayant accoustumé de se retirer, à la fin de novembre, dans leurs ports, d'où ils ne peuvent sortir qu'au commencement d'avril à cause des glaces, le commerce des sujets du roy n'en a pas esté inquiété pendant les hyvers derniers. Comme il seroit à craindre que, pendant l'Iiyvcr prochain, lesdits corsaires ne se retirassent dans les ports d'Angleterre et ne

continuassent de faire des courses sur les costes de Normandie et de Bretagne, le Roy m'ordonne de vous écrire de parler au roy d'Angleterre, dans les occasions qui se pourront présenter, pour tascher d'obtenir de Sa Majesté Britannique l'ordre aux officiers de ses villes maritimes d'empescher lesdits vaisseaux hollandois de s'y retirer, ou au moins d'y venir vendre les prises qu'ils pourroient avoir faites sur les costes du royaume.

Quoyqu'il fust fort important pour la seureté du commerce des sujets de Sa Majesté que le roy d'Angleterre accordast ces ordres, elle ne veut pas que vous en fassiez des instances trop pressantes qui puissent faire de la peine au roy d'Angleterre.

(Areb. de la Mnr. Dépéc het concernant la marin*, 1677, H. 35*.)

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