MÉMOIRE
SUR LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE ET L'ADMINISTRATION DES SACREMENTS SUR LES GALÈRES \
Versailles, 3 o aoust 1678.
Sçavoir de quelle manière on dit la messe sur les galères.
La messe se dit a l'ordinaire sur les galères du roy aussylost nu Viles sont mouillées et qu'elles ont donné fond; mais, pendant qu'elles voguent ou qu'elles ne sont pas mouillées, on ne la dit point.
11 n'y a que les galères de France où l'on dise la messe à l'ordinaire; car sur celles d'Espagne et de Malte on dit la messe, mais la consécration ne s'y fait point. Il faut que ces galères soyent auprès de terre, en quelque lieu que ce soit, pour pouvoir entendre la messe â l'ordinaire, et alors l'on dresse un autel sur terre, où elle se dit, et non autrement.
Avant que la messe commence, l'on commande aux Turcs de se mettre bas, et ils se couchent ordinairement dans leurs capots.
Comment on administre les sacretnens aux forçats, et s'ils sont enchaisnés
lorsqu'ils communient.
Le jour de Pasques et autres grandes festes de l'année, l'on oblige les
Le mime jour, une lettre,
termes, fui adressée à Arooul , en lui rapttelanl les instructions qu'il avait reçues peu auparavant (voir pièce n° 5og) pour la construction d'un vaisseau. (Dép. eonc. la mar. fol. 4ag.) — Voir aussi pièce n* 54o.
Brest, de son enté, devait construire une • ' ■; ;.i l' • pendant le séjour du Roi. Demuin prit toutes ses mesures en conséquence, mais Colbert n'en fut pas entièrement satisfait, car il lui écrivit, le 16 janvier 1679:
m Je vous diray que le projet que vous faites de la hasiir en six ou sept jours n'est pas conforme à ce que je vous ay écrit. Il faut que vous pal tmkn à une bien plus grande diligence, et
jour et nuit, en deux ou trois fois a4 heures au plus, l'espérance que nous avons de satisfaire Sa Majesté et de luy faire voir quelque chose d'extraordinaire ne réussira pas. Appliquea-vous donc à cette diligence, et , pour
épreuves. Je ne comprends pas comment vous dites qu'il coustera 1,900 livres pour 90 ouvriers qui seront employés pendant six jours à la première, vu que ce seroit près de 44 sols par jour pour chaque ouvrier, ce qui peut eslre facilement diminué de plus de la moitié. . . » ( Dép. eonc. la mar. fol. 34 .) — Voir pièce n* 5 95.
1 La forme de ce mémoire indique que Louis XIV avait demandé à Colbert les ren-
forçats catholiques de se confesser; ensuite, on en déchaisne 8 ou 10 pour aller u la communion et on leur laisse seulement la manille au pied; et ainsy alternativement ils vont à la communion.
Lorsque les forçats sont très-malades sur les galères on les confesse, et si les galères voguent ou n'ont point donné fond, non-seulement ils ne communient point avant leur mort , mais mesme les capitaines et les autres officiers subalternes qui sont sur les galères ne reçoivent point le Saint- Sacrement lorsqu'ils sont au mesme estât, parce que l'on ne garde point le viatique sur les galères.
(Arcb. de la Mar. Reffittre de* gaUrtt, 1678, fol. ni.)