‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 41 sur 486 · MAKI M K · texte numérisé non relu

MAKI M K

Beaufort, de M. le comte de Vivonne et de M. d'Infreville; et il seroit bon de disposer le sieur Dupuis à y consentir1. En tout cas, faites fondre le plus tost que vous pourrez les douze petits canons pour les galères et niesme un plus grand nombre, s*ii est possible, pour mettre sur les vaisseaux avant le départ de l'armée navale.

Je vous renvoyé le mémoire que vous avez adressé à M. Colbert deTVrron, après l'avoir apostille, en conformité duquel vous ferez travailler aux armes susmentionnées.

( Arfh. de la Mar. Dèp^he» concernant la marin», 1 666 , fol. 573. )

CHEF D'ESCADRE'

(Copie portant : De la main de ColbtrL)

Saint-Germain, *6 février 1660.

J'ay reçu voslre lettre du t U de ce mois à laquelle je fais réponse.

Vous avez bien fait de faire connoistre au capitaine zélandois qu'il ne devoit faire aucune levée de matelots, ni d'autres gens de mer, sans In permission expresse du Roy.

avez réussy, il me reste encore i ma satisfaction, que vous donniez une telle application à l'augmentation et au soutien de voslre compagnie du Levant qu'elle puisse

prive, s'il est possible, toutes les autres nations de l'Europe de le faire. Pour quov je vous assure que la protection du Roy et ce qui dépendra de moy ne voua manqueront point...» (Dép. conc. la mar. fol. 18.)

Et le 16 du même mois : •• Vous aurez vu par ma précédente que , ayant agréé la proposition que vous m'avez faite de fournir plusieurs sortes de marchandises pour les magasins de Ponant , il faut pour v réussir que vous fassiez la plupart de vos eslahlissemens en Nivernois. Celuy de la manufacture des ancres et des crics doit estre considéré comme l'un des plus importans. et vous devez ne point perdre de temps a choisir pour cet effet un lieu commode pour y envoyer de vos ouvriers de Vienne...» {Dtp. conc. la mar. fol. «8.)

Les marchandises dont il s'agit étaient des Mes , farines , vins,

armes de toutes sorte», boulets, etc. — Outre les établissements fondés par eux, les frères Dalliez surveillaient et inspectaient les fonderies de Bourgogne. Ils exploitaient aussi U* mines du Dauphiné.

1 Colbert écrivait à ce sujet, le mois suivant, à M. d'Infreville :

«Je suis bien avse que M. le duc de Beaufort et M. le comte de Vivonne donnent leur approbation à la nouvelle invention de canons qui a esté trouvée par Kmery, lequel a esté en Provence avec le sieur Dupuis, marchand de Lyon, aux dépens de qui l'épreuve s'en e*l faite, et qu'ils jugent que les petits canons feront un grand effet sur les rhastcaux de poupe et de proue des vaisseaux ; mais je suis en peine d'une observation que l'on me dit avoir esté faite, et que sans doute l'on ne manquera pa* de faire en Provence, à sçavoir qu'estant pointés, ils ne liront pas si droit que les autres canons...» {Dép. ronr. la mat: fol. A 3 à.)

* Chef d'escadre depuis »6A7, lieutenanl général en août 1^77. Mort le 51 février itJSK. (Voir II. 37.)

Pour ce qui est de reprendre tous les François qui seront sur les vaisseaux des alliés de Sa Majesté, quand elle en aura donné ses ordres, il faudra le faire; mais auparavant, non.

J'estime qu'il vaut beaucoup mieux que vous attendiez le reste de vostre njuipageque de hasarder le passage du Vendôme, de Brest à la Rochelle, avec un demy-équipage: et mesme lorsque vous aurez à le passer, conférez-en avec M. de Terron, afin que vous vous aydiez l'un l'autre, et qu'il n'y puisse arriver aucun accident.

Il me semble que la cache angloise, prise sur les costes de Bretagne, *roit bien plus nécessaire pour faire la guerre à tous ces petits corsaires an<]lois qui rôdent le long des costes, qu'à toute autre destination.

Je suis très-ayse que vous soyez satisfait du Vendôme; il me semble que, puisqu'il se manie bien, il pourra rendre quelque service considérable dans rette guerre.

La déclaration de la guerre contre l'Angleterre a esté publiée dans tout le royaume, et envoyée en Bretagne comme ailleurs; je m'étonne que vous n'en ayez point encore entendu parler à Brest; je crois qu'a présent cela sera fait.

Je fais tout ce qui peut dépendre de moy pour faire partir les vaisseaux qui sont à Amsterdam chargés de bois pour Hubac; et je ne doute point que si l'escorte de Zélande passe, ils ne passent aussy; mais je commence tort à en douter.

J'estime qu'i^est bon que vous donniez vostre avis à M. le duc de Beaufort sur la jonction des forces navales de Levant avec celles de Ponant, ♦*t que vous m'en envoyiez une copie pour la faire voir au Roy.

Sur les troupes d'infanterie que vous estimez nécessaires au bourg de Hecouvrance il est nécessaire d'en donner avis à M. le duc de Beaufort, qui y doit donner ordre. En attendant, j'estimerois qu'il faudrait oster dudit lieu le magasin aux poudres et le mettre plus en seurelé.

Il n'y a rien de si important que de baliser les rivières et retraites des vaisseaux du roy dans la pointe de Bretagne; je vous prie de donner vos avis sur ce sujet au sieur de Seuil, afin qu'il puisse faire prendre ses mesures pour y travailler.

Donnez-luy vostre avis sur la forme des bastimens qu'il faudrait faire pour la course contre les Anglois.

L'Hirmulelle doit demeurer à Dunkerque , où le sieur de Beaulieu , que vous m'avez nommé, est à présent estably commissaire pour y servir au lieu de M. Nacquart.

Faubourg de B«*l.

6& V1ARINK

J'écris au sieur de Seuil d'acheter la prise angloise faite par un Zélandois, dont vous m'écrivez.

( Bibl. Irap. Mm. 5oo Colbert , Dépêcha de t666 et 1667, vol. 1 a6 . fol. 86. )

INTENDANT A ROCUEFORT.

Paris, a mars 1G6G.

Je feray faire les expéditions nécessaires pour donner le commandement du grand vaisseau de Charente au sieur des Rabesnières1, mais j'ay quelque scrupule de luy substituer le sieur Michaut2 pour le commandement du Mazarin, parce qu'il me semble qu'il faut faire monter les grands vaisseaux, autant qu'il se peut, a des gentilshommes. Néanmoins, si cette considération devoit céder à quelque autre qui fust à l'avantage du service, en me le faisant sçavoir, je ne manqueray pas de le proposer au Roy.

Quant au sieur de Villepars5, pourvu que ce soit un brave homme et bien déterminé , j'espère que Ton trouvera Sa Majesté assez bien disposée à luy donner le commandement du vaisseau de 600 tonneaux basty à Brest.

Vous me donnez une bonne nouvelle en m 'apprenant que les difficultés que le sieur de Sainte-Colombe avoit trouvées jusqu'icy pour la voiture des masls des Pyrénées sont levées, et que, dans peu, $ous espérez en tirer 60 que vous distribuerez, sçavoir : Uo à Brest, cl s 0 en Charente. Trouvez bon que je vous dise que vous avez un peu de tort de ne me pas avoir averty de ces difficultés, parce que j'aurois travaillé à lès surmonter; et soit que la lettre que j'écris sur ce sujet à M. le premier président du parlement de Pau soit encore nécessaire, soit qu'elle soit maintenanl inutile, j'ay estimé cependant à propos de vous l'envoyer.

Il y a longtemps que vous ne m'avez rien mandé de vos fonderies. Je souhailerois bien de sçavoir combien vous espérez faire couler de pièces dans le courant de cette année , et la quantité de métal qu'il vous restera. Comme je crois que vraysemblablement vous manquez de canons pour

1 La Rabesnières de Treillebois, de la Trembladc, capitaine de vaisseau en 1669. Chef d'escadre de Poitou et de Sainlomje en 1671. Mort en juin 167a d'une blessure reçue dans un combat sur les côtes de Hollande.

* Michaut , de l'Ile de Ré , capitaine de vais-

seau en 166a, se noya en avril 1673 en revt* nanl de Guinée , et non de la Guyenne, comme l'indique la note û, page 3i 2 du I" volume.

» Villepars, de Rrest, lieutenant de vaisseau en 1669, capitaine en février iC65. Mort aux Iles en 1672, à IkmxI du Rourbon, qu'il roui mandait.

armer les vaisseaux neufs que vous mettrez à In mer, je dois vous faire sça- »oir qu'il est bon de ne perdre aucune occasion d'en acheter de fer, si vous en irouvez à vendre...

(Areh. d« la Mar. Dépéçket concernant la marine, 1666, fol. 806.)

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