AU MARQUIS DU QUESNE
LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Versailles, 1" juillet 168».
Je viens d'apprendre, par les lettres du sieur de Vauvré, que vous aviez envoyé ordre à M. le chevalier de Tourville de vous avertir quand les galiotes seraient arrivées, et que le vaisseau du sieur Gravier1, par lequel vous luy avez envoyé cet ordre, n'estoit parly que le ai du mois passé.
Comme cela fait connoistre clairement que vous ne comptez pas partir de plus de quinze jours de Toulon, je suis obligé de vous répéter encore de la part du Roy que ce retardement ne peut pas durer plus longtemps, et que Sa Majesté enverra ses ordres à Alger pour faire commencer l'entreprise par le plus ancien lieutenant général qui y sera , si elle apprend que, nonobstant les ordres qu'elle vous a donnés, vous estes encore à Toulon, parce qu'elle jugera par là que ce sera vostre santé qui vous aura mis hors d'estat d'exécuter ses ordres, et que l'espérance que vous avez qu'elle se rétablisse vous aura fait retarder vostre départ.
Je vous diray mesme à cet égard que Sa Majesté, connoissant combien vous estes régulier dans le service , est d'autant plus portée h croire que c est vostre santé qui vous empesche de tenir la mesme conduite en
' Gravier, de Tours, lieutenant de vaisseau en i66«, capitaine en 166». Mort le 5 sop-
m MAKINE
cette occasion; et, quoyqu'elle soit fort faschée que cela soit ainsy, son service ne doit point manquer, principalement dans une saison aussy avancée que celle-cy. C'est ce qui luy fait prendre la résolution, si parles premiers ordinaires elle n'apprend vostre départ , d'envoyer en droiture à Alger pour l'exécution des ordres qu'elle vous a donnés
(Arrh. de la Mnr. Dépêche* roHrrrnttHt h mann». i68*. fol. s*& .!