‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 460 sur 486 · Al SIEUR BRODART · texte numérisé non relu

Al SIEUR BRODART

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

Fontainebleau, ai octobre i68s.

Il y a longtemps que l'on a proposé au Roy de mieux nourrir les chiourmes de ses galères et que l'on a prétendu que la nourriture des fèves avec de l'huile n'estoit pas assez bonne. Quoyque la raison de la dépense qui augmenteroit considérablement par là , jointe à ce que les forçats ont toujours esté entretenus de inesme jusqu'à présent, ayt empesché Sa Majesté de rien changer à cet égard, cependant les plaintes que Ton a faites de la foiblesse des chiourmes m ont fait résoudre à donner ordre au sieur du Pille, munitionnaire général, d'examiner sur les lieux avec vous de quelle manière on pourroit donner une nourriture plus solide à ces forçats sans trop augmenter la dépense. Sa Majesté estime que, en leur réglant quatre fois la semaine du riz avec lequel on pourroit mettre quelque quantité de viande fraische dans la chaudière, la dépense n'en iroit pas à une somme bien considérable; à l'égard des trois autres jours, qu'ils n'auraient que des fèves et de l'huile, on pourroit leur donner un peu de vin pour les soutenir. Ne manquez pas de faire un mémoire de vos pensées sur ce sujet, de prendre l'avis du médecin des galères, d'examiner par vous-mesme et de concerter ensuite avec ledit sieur du Pille le mémoire que vous devez dresser sur l'augmentation de dépense que ce changement de nourriture pourroit causer l.

Vous trouverez cy-jointes les lettres de Sa Majesté que vous avez demandées pour le grand vicaire de M. Tévesque de Marseille et le provincial des Capucins, pour obliger les Capucines de celte ville à quitter leur couvent et se loger dans la maison que vous avez eu ordre de réparer. Mais il w* suffit pas de prendre des mesures pour les engager à quitter leur couvent;

1 Aux observations que lui adressa l'intendant des galères, le ministre répondit, le 1 â novembre suivant :

"Sa Majesté luy recommande d'exécuter ponctuellement les ordres qu'il a reçus d'examiner avec le sieur du Pille ce qui regarde la nourriture des forçats; cependant elle ne

de quatre onces de lard par jour, et il luy paroiftl suffisant de mettre, dans la chaudière en laquelle on fera cuire du rii, une certaine quantité de viande pour rendre le rix plus

nourrissant et pour faire une espèce de bouillon qui seroit donné aux forçais; une partie de cette viande pourroit mesme servir pour les malades et l'autre estre donnée aux vogueavant et à ceux qui doivent faire plus de force dans les galères; de celte sorle il en rousteroit b-aucoup moins et cela feroît mesme un bon efTet pour lea galères, U«nt parce que les \ogue-avant seront plus forts, que parce que les forçats rechercheroient d'estre vogue-avant pour estre mieux nourris. i (Ordre* du ro$,

fal.aU.)

il faut que vous fassiez un projet des bastimens qui pourront estre faits l'année prochaine pour l'élargissement de l'arsenal des galères et pour la commodité du service dans l'estendue que ces religieuses occupoient K

( A reh. ft> la Mac. Orpéche, concernant J» /raiera , 1 68 s f fol. lit.)

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