AU MARQUIS DU QUESNE
M K l TENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES.
Versailles, 1 3 avril i683.
Je vous envoyé l'ordre du roy au premier ministre de la religion prétendue réformée pour procéder au mariage de vostre fils2 sans qu'il soit nécessaire de faire publier les trois bans, et je puis vous assurer sur cela qu'il n'y avoit point d'exemple que jamais Sa Majesté ayt accordé une pareille grâce, et que ce n'est qu'à vostre considération qu'elle a bien voulu passer par-dessus l'usage ordinaire s.
Je sera y, le a 5 de ce mois, sans faute, à Toulon et je vous avoue que, outre le service de Sa Majesté, qui demande une extrême diligence pour le départ des vaisseaux, ce seroit une grande satisfaction pour moy de pouvoir les voir mettre à la voile dans le peu de séjour que je dois faire à Toulon. Vous me ferez un plaisir sensible de contribuer à cette diligence autant que vous le pourrez, en sorte que lesdits vaisseaux puissent partir dans les derniers jours de ce mois4.
Sa Majesté a approuvé le dessein des bombes que le sieur Landouillette
1 Les travaux d'agrandissement de cet arsenal avaient nécessite le déplacement du couvent des Capucines. Ces religieuses ayant refusé de l'abandonner, le ministre écrivit, au nom du roi, au grand vicaire de Pévéque de Marseille, le 9 décembre suivant, pour se plaindre de cette résistance, en déclarant que, si les religieuses persistaient dans leur refus, on les ferait sortir de force. Il ajoutait :
«Sa Majesté est d'autant plus surprise de la
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qui ne servira que, d'enlreposl jusqu'à ce que ■Sa Majesté ayt fait rebaslir un autre couvent dans lequel elles auront le mes me emplacement pour les jardinages qu'elles ont dans celuy qu'elles doivent quitter; et, comme elle leur accordera ce pendant quelque chose pour leur subsistance, elle vent que vous les exhortiez à
sortir prompteraent dudit couvent et à se conformera ce qui est en cela de ses intentions. . .* (Ordre, du roi, fol. »6i .)
* Du Quesne fils, enseigne de vaisseau en 1 666 , lieutenant en 1 670 , capitaine en 1 675. Il se relira en Suisse en i685 et fut rayé des cadres de la marine en 1 687.
3 Le 5 avril, du Quesne avait informé Cob bert du mariage de son fils aîné avec la fille de M. Bosc, conseiller au parlement de Toulouse. Il le priait en même temps d'approuver ce mariage, et de le dispenser des publications de bans, parce que son fils devait prochainement se mettre en mer. Cette pièce se trouve aux Archives de la marine, dossier du Quesne.
* Le même jour, Seignelav écrivait a M. de Vauvré :
« Je vous envove ce courrier exprès pour vous dire que je partiray sans faute le ao de ce
propose de faire au lieu des deux barques dans lesquelles il devoit y avoir des voûtes maçonnées J'écris au sieur de Vauvré de faire fondre protuptement ces bombes, et je vous prie de tenir la main à ce que cela ne cause aucun retardement au départ des vaisseaux.
Après tous les retardemens que les Espagnols ont apportés à faire réponse aux instances qui leur ont esté faites de la part de Sa Majesté pour avoir la permission de caréner ses vaisseaux dans les ports d'Espagne, elle a reçu réponse de M. le comte de La Vauguyon 2 qu'ils n'avoient pas voulu accorder cotte permission3. Ainsy il faudra nécessairement s'en passer, et je conféreray avec vous lorsque je sera y à Toulon sur les moyens dont on pourra se servir à cet effet.
(Areb. de la àlnr. Ikpfri*, cmctriant fe* ,;«/èr« . iG*3. M. ils )