‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 61 sur 486 · A M. D'INFREVILLE · texte numérisé non relu

A M. D'INFREVILLE

INTENDANT DR MARINE A TOULON

De... la avril 1669.

le vous avoue que je suis toujours fort en peine de n'avoir encore reçu <k vous aucun mémoire concernant tous les embarquemens que vous avez a taire et les bastimens qu'il vous faut pour cela, vu que, selon moy, il aN avoit rien de plus important ni de plus nécessaire à faire, dès que vous avez reçu les premiers mémoires que je vous ay envoyés sur ce sujet. Vous me permettrez de vous dire que vous pourriez , sans l'assistance

1 De» jour* après, il écrivait à Colbert de

•M. de Seuil m'écrit qu'il a besoin d'ancre», «4 me demande s'il en commandera en HodanoV. Je itiy réponds que non , et qu'il est nécessaire qu'il «'entende avec vous, soit pour Hir*> ùin dans voa forges de Charente les anqa'U demande, soit pour establir une

droit mieux augmenter vostre forge de Charente. Le sieur de Seuil auroit mieux fait de prendre ses mesures de plus loin pour n'en pas manquer, et il me semble qu'après tout ce que j'ay dit et écrit sur cette matière, il estoit farile de juger que je ne consentirais pas facilement à tirer cette sorte de marchandise ni

orne. Inmar. fol. 81^ — ^

d'aucun officiel* de troupe ni autre personne, facilement examiner dans vostre cabinet combien il faut de farines, de viandes et de légumes, pour six semaines ou deux mois de vivres, aux 6,000 hommes qui doivent estre embarqués1, pour leur subsistance après leur débarquement à Candie; combien d'armes et de munitions de guerre, suivant le mémoire que je vous ay envoyé; et ensuite faire un projet par estimation de la quantité de tonneaux que vous auriez pu donner à chacun des officiers généraux pour leurs vivres et leurs équipages ; et, composant du tout un nombre total de tonneaux, examiner si les vaisseaux de guerre en pouvoient contenir quelque partie, et voir par ce calcul de combien de vaisseaux de nolis vous auriez eu encore besoin pour porter le reste. Par ce moyen , dis-je , vous auriez pu connoistre à peu près et par estimation ce à quoy auroit pu monter la dépense; et s'il vous fust resté quelque difficulté dans l'esprit, je vous l'aurois éclaircie par l'ordre du roy.

Si vous en aviez agy de cette sorte, nous ne serions pas dans l'embarras où nous sommes h présent de ne sçavoir à quoy se fixer, et dans lequel vous vous trouverez encore infailliblement dans le temps de l'embarquement, à moins que vous n'y remédiiez de bonne heure. Estant vray que, par tout ce que vous m'écrivez, je ne puis pas seulement sçavoir si vous avez des vaisseaux ou non , vous contentant de vous en remettre à M. Arnoul , qui ne m'en écrit pas un seul mot, de sorte que vous voyez bien qu'il m'est impossible de rien vous dire de positif sur ce point, qui est pourtant 1 plus important de tout ce que nous avons à faire dans la conjoncture de cet armement.

11 est certain que les vaisseaux ayant desjà six mois de victuailles et les vivres des troupes à porter, ce seroit trop à la fois que de leur donner encore un septième mois. C'est pourquoy on ne sçauroit mieux faire que d'en confier le fonds au commissaire général qui sera à la suite de l'armée , pour s'en servir en cas de besoin *.

( Arch. de la Mar. Dépêches concernant In marine , 1669 , foi. 84. )

1 Dan* la note 9 de ta pièce n* 55, Colbert nobsé à Marseille tous les

porte à 7,000 hommes le chiffre du corps ex- aviex besoin pour rembarquement de vos ri-

péditionnaire de Candie. — Trois états ofli- vres; mais, à la vérité, je suis étonné que

ciels envoyés a Louvois donnent des chiffres Testât qui vous a esté envoyé en dernier lieu

qui ne concordent pas. — (Voir Hùt. de Uu- pour la fourniture du pain se monte à 1 0,80a i» , par M. Roussel, 1 , 960.) rations par jour, vu que je ne me suis toujours

* La lettre suivante, adressée à la fin du attendu qu'à 6,5oo rations, suivant Testât qui mois au sieur Jacquier, montre quelle était la m'a esté donné de toutes les troupes qui «toi

préoccupation de Coîbert pour tout ce qui re- vent estre embarquées. C'est pourt|uoy vous pardait cette expédition :

«J'ay esté bien ayse d'apprendre qu'on ayl n'excède pas leur nombre, et tenir la main

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