‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 71 sur 486 · LOUIS XIV AU CAPITAINE DE LARSON · texte numérisé non relu

LOUIS XIV AU CAPITAINE DE LARSON

Saint-Germain, 19 juin 16(19.

Capitaine Larson, estant informé que quelques estrangers font acheter n Provence, par leurs commissionnaires, des barques, polacres et tartanes, qu'ils équipent pour leur compte de matelots françois et envoyenl en Levant faire leur commerce sous ma bannière, au grand préjudice de

1 En donnant , le même jour, des inslniclions à col égan! au cardinal de Vendôme, (Albert faisait connaître que l'intention du Roi

muraille s en sorte que ce lieu pust toujours *r*ir pour toutes les quarantaines des vaisv«u du roy et mesme des marchands qui s'en "•udroient sertir.»» II ajoutait :

«Comme cet ouvrage sera d'une très-grande •UinV* pour la province, il est nécessairequ'ellc hn, pour cet ««ffcl, dépense pour faire des

logemens en ce lieu-la pour toutes les troupes qui arriveront de Candie, et qu'à l'avonir, tous les ans, la province y fasse quelque augmentation de dépense pour rendre toujours le» lieu* plus commodes et plus logeables. . . » (Dcp. coite, la mar. fol. 2o3.)

1 Colbert de Maulevrier. — Il fut blessé dans l'expédition de Candie.

» Larson, de Dijon, lieutenant de vaisseau m 166a, capitaine en 1665. — (Voir II, A78.)

mes sujets, et que d'ailleurs il y a beaucoup de vaisseaux estrangers qui ont aussy des matelots François parrny leurs équipages, nonobstant les défenses que j'en ay faites et qui ont esté publiées dans mon royaume pour les y rappeler, où ils peuvent avoir toujours de l'employ, soit sur mes vaisseaux de guerre, soit sur ceux de mes sujets, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que tous les bastimens que vous rencontrerez à la mer, de fabrique françoise appartenant aux estrangers, trafiquant sous ma bannière, équipés de tout ou de partie de matelots françois, vous les arrestiez et les envoyiez dans mes ports de Provence, pour estre procédé à leur égard ainsy qu'il sera avisé bon estre.

Quant aux matelots françois que vous trouverez sur les vaisseaux marchands estrangers, vous les ferez passer sur vostre bord pour les ramener dans mon royaume ou les y renvoyer par les premiers bastimens qui y viendront, ainsy que vous l'estimerez à propos, pour estre aussy procédé contre eux suivant la rigueur de mes ordonnances. Si , n'y faites faute.

(Arth. de la Mur. OrJrw du roi pour ta marine, 1669. fol. 69.)

INTENDANT A ROCHEFORT

De... 2 3 juin 1669.

M. de Pomponne m'a écrit qu'on luy a proposé si l'on vouloit s'accommoder en France d'un secret par le moyen duquel on prétend que , se servant des canons ordinaires, de quelque calibre qu'ils puissent estre, sans rien changer ni à la poudre ni au boulet, la mesme charge de poudre double la portée du canon, et que la moitié de la charge pousse le boulet aussy loin et avec la mesme force que la charge entière a accoustumé de faire. Il n'y a point de changement à la manière de charger, seulement on met quelque chose dans le canon (ce qui est le secret) qui y demeure toujours, qui ne le blesse point et qui pour mne pièce de 96 livres de balle ne revient guère qu'à un écu.

Ce secret m'a semblé si avantageux pour nostre marine que j'ay cru ne le devoir pas négliger. Pour cet effet, j'ay fait réponse audit sieur de Pomponne de convenir avec le particulier qui le sçait des frais de voyage jusqu'à Rochefort, où il pourra en faire l'épreuve, et de ce qu'il peut prétendre en cas qu'il réussisse. Je vous informeray de ce qu'il aura orresté avec luy.

( Arch. de la Mar. Dépécket coiu:ernant la manne , 1 669 , fol. a 1 7. )

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