‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 82 sur 486 · A M. ÀKNOUL · texte numérisé non relu

A M. ÀKNOUL

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

Saint-Germain, ao aoust ifi< \,

J'ay examiné le rôle des invalides que vous m'avez envoyé avec les avis qui estoient contenus dans vostre dernière lettre sur ce que vous estimez que l'on peut faire de chacune des cinq classes dans lesquelles vous les avez distribués, et, après avoir bien considéré toutes vos pensées sur ce sujet, je vous diray qu'à l'égard de .ceux de la première classe qui ont desjà fait leur temps et qui sont invalides ou par le grand âge ou par trop de travail , j'estime qu'au cas qu'il y en ayt quelques-uns de ceux-là qui puissent donner des Turcs, ou 3oo livres pour chacun Turc, fl faut en tirer le j>hi> qu'il se pourra; et cependant j'expédieray les ordres nécessaires pour les mettre en liberté.

A l'égard de ceux de la seconde classe, j'estime comme vous que, estant

condamnés à vie, il faut les nourrir jusqu'à la mort pour satisfaire à la justice du roy; et, comme vous me marquez qu'il y en a parmy eux quelques-uns qui sont dangereusement malades, il sera bon que vous me fassiez scavoir de quelle sorte de maladies ils sont travaillés.

J'approuve que vous tiriez des Turcs de ceux de la troisième classe qui Dont pas fait leur temps, et que vous fassiez travailler aux pontons ceux qui seront en estât de supporter cette fatigue; mais il faut prendre garde de ne point mettre en liberté ceux qui sont condamnés pour des crimes eitraordinaires, pour les faire servir d'exemple.

Ceux de la quatrième elasse estant les plus anciens, et le grand temps qu'ils ont servy méritant qu'on leur fasse quelque grâce, vous en pouvez faire des bonnevoglies, pourvu qu'ils soyent en estât de servir.

Quant à ceux de la dernière classe, dont on n'a pas les condamnations, il est certain qu'il est de conséquence de ne point donner la liberté aux bohèmes et vagabonds qui se rencontrent parmy eux, pour oster à leurs semblables l'envie de s'estropier eux-mesmes; mais, à l'égard de ceux qui ont esté condamnés pour l'affaire des Boulonnois et pour le crime de fauxsaunage, on peut sans difficulté leur donner la liberté, pourvu qu'ils donnent des Turcs à leur place, à condition toutefois que les faux-sauniers ; «root aervy m» de temps pour le» empeser de reprendre ce métier.

( Arch. de la Mur. Dépêches concernant Us galère, .669, fol. 168.)

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