AU SIEUK BESCHE
Saint-Germain, s 5 octobre 1669.
J'ay reçu vostre lettre du 19. Quoyque vous m'assuriez que les canons de Suède ne soyent pas plus beaux ni de meilleure qualité que ceux qui ont esté coulés en Nivernois, je sçais pourtant qu'il y en a plusieurs des premiers coulés qui ne sont pas si bien faits que les derniers, et que, par les échantillons de la matière que j'ay vue, il ne m'a pas paru qu'elle fust d'un grain aussy fin que ceux de Suède; c'est pourquoy il est très-important que vous vous appliquiez, pour la plus grande perfection de cette manufacture, à raffiner le métal et à le rendre doux, et à diminuer encore, s'il se peut, le poids de chaque pièce.
J'attends au premier jour les modèles des plus beaux canons de fer de 8 et 12 livres qui soyent à Kochefort et au Havre pour les envoyer à Beauraont, afin que vos ouvriers se règlent dessus pour ceux qu'ils feront cy-après.
J'estime qu'il ne vous est pas possible de donner une égale application aux ouvrages de Bourgogne et à ceux du Nivernois, et il ne se peut que, dans l'un ou dans l'autre endroit, et peut-estre mesme dans les deux, les ouvriers ne se relaschenl en vostre absence. C'est pourquoy j'estime qu'il est absolument nécessaire que vous establissiez Landouillette en Nivernois, lorsqu'il s'y sera rendu, et que vous luy donniez des ordres précis sur tout ce qu'il aura à mire pour bien réussir dans ses fontes, en sorte que, les suivant exactement, vous puissiez eslre satisfait de son travail.
Cependant il ne faut point perdre de temps à mettre la forerie en estât,
1 Voir pajjc i63, nul»' 1.
(KMir achever rie forer le reste des canons du fourneau d'Arlol, aiin que le commissaire Mencssicr1, à son retour, n'ayt qu'à les faire éprouver.
(Arch. de la Mar. Dépêche» concernant la marine, 1669, fol. 454.)
LIEUTENAKT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Pari», 1" novembre 1669.
J ay lu au Roy toutes les lettres que vous m'avez écrites avant vostre dernière partance du Conquest et depuis que vous avez rendu le bord. Sur i|ooy je ne puis m'empescher de vous dire que Sa Majesté a esté mal satisfaite d'apprendre le mauvais estât où se trouve vostre équipage et le grand nombre de morts, et l'inutilité de l'armement de vostre escadre; vous avouant que rien n'a tant contribué à faire résoudre Sa Majesté à prendre un munitionnaire général pour la fourniture des vivres, que lestât de vostre équipage *.
(Arch. de la Mar. Dépêche» concernant la marine, 1669, fol. 46s.)