‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 99 sur 486 · A M. D'INFREViLLE · texte numérisé non relu

A M. D'INFREViLLE

INTENDANT DE MARINE A TOULON

SaintrGertnaiD, 8 novembre 1669.

Pour réponse à vostre lettre du a 9 du passé, je dois vous dire que rien n'est à présent de si grande conséquence que de faire partir M. de Martel, et ainsy il faut employer les jours et les nuits pour mettre ses vaisseaux en estât de sortir du port, et les mettre en mer.

J*appréhcnde à présent d'ouvrir vos lettres crainte d'y trouver encore que le sieur d'Almeras est prest à partir, ce long retardement diminuant considérablement la satisfaction que le Hoy a d'ailleurs de la marine. Dieu veuille que j'en apprenne le départ par vos premières lettres!

Le fondeur Baube m'écrit encore sur ses prétentions ; j'ay fait vérifier chez les trésoriers de l'artillerie ce qui luy a esté payé cy-devant de chaque pièce, mais il ne m'a pas paru qu'on luy ayt jamais donné plus de Uoo livres des pièces de vingt-quatre, trente-trois et trente-six. Il est vray que, par une ordonnance du grand maistre de l'artillerie, du 96 avril 1 666 , il devrait estre payé des pièces de vingt-quatre à hoo livres, et des baslardes à 3oo livres, et qu'ayant fondu des coulevrines de seize au lieu de bastardes, il luy en a esté payé /400 livres comme des pièces de vingt-quatre, et voilà son principal fondement. Depuis ce temps-là, il n'a esté payé qu'à compte, n'y ayant pas de marché fait avec luy, et l'on ne prétend pas luy en donner davantage, ni aux autres fondeurs qui travaillent pour l'artillerie de terre. De sorte que vous pouvez luy dire qu'il a lieu d'estre content que je luy fasse donner 4oo livres des pièces de dixhuit et au-dessus, et 3oo livres de celles au-dessous, jusqu'aux moindres; et qu'il faut qu'il considère que, dans l'artillerie de terre, quand il a voit londu quinze ou vingt pièces, il demeurait un long temps sans emplov, et qu'il n'en sera pas de mesme dans l'artillerie de la marine, où il aura de quoy s'occuper toujours, vu la quantité de canons qu'il nous faut; et qu'enfin, s'il continue à bien faire, j'auray soin de luy, et qu'il ne doit pas davantage s'en mettre en peine. . .

(Arrh. de la Mar. Ikpéehu concernant ta marine, i66ç». fol. S76 >

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