‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 145 sur 411 · A M, DE MÉNARS · texte numérisé non relu

A M, DE MÉNARS

INTENDANT A ORLÉANS*

SainlrGermain , ai juin 1679.

Monsieur, pour réponse à vos lettres des 1 & et 1 9 de ce mois , je croii que les peuples de la généralité d'Orléans ne sont pas encore fort à leur ayse, parce que la guerre est à peine finie et qu'ils n'ont encore jouy qoe cette année des grandes diminutions que le roy leur a accordées. Mais je vous avoue que j'ay de la peine à trouver la cause de cette grande misère, vu que, quelque guerre que Sa Majesté ayt soutenue, vous trouverez assurément que les impositions estoient moins fortes d'un tiers les années passées qu'aux années 1667, i658 et 1G59. Il faut que vous travailliez à rendre facile pour les peuples eux-mesmes le payement de leurs impositions, et à retrancher tous les frais, autant qu'il sera possible. Ensuite, appliquezvous à tout ce qui peut regarder l'augmentation du commerce, le soutien et augmentation des manufactures et la nourriture des bestiaux, et à exciter les peuples au travail par tous ces moyens , qui seuls peuvent attirer l'argent et l'abondance au dedans des provinces.

(Bibl. Imp. Mm. Mélangée CUirambaHli, yoI. A96, fol. 655.)

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