A M. ROUILLÉ
INTENDANT A K\\
Saint-(jormain , 17 aoiist 1679.
Monsieur, pour réponse à vostre lettre du j) du présent mois, j'ay fait une réprimande au sieur Le Mer sur l'exécution rigoureuse de Ftirrest du 8 juillet dernier^; mais vous avez vu par ma précédente (pie je ne suis pas tout à fait de l'avis de ceux qui se mo(|uent de ces gens-là sur le fondement qu'ils sont punis pour avoir bien fait leur devoir. Je suis au contraire persuadé qu'ils ont très-mal fait en cela, par l'exemple et la comparaison de toutes les autres provinces (jui ont produit infiniment plus (jue les premiers forfaits; et, de plus, il n'y en a aucune, si je ne me trompe, où il > a autant de faux nobles qui ont du bien qu'en Provence.
A l'égard de la fausse monnoye, vous voulez bien que je vous dise qu'il ne suffit pas que vous n'en receviez aucunes plaintes. Il ne faut pas laisser d'avoir toujours l'œil ouvert et de rechercher continuellement dans les provinces tous les désordres qui se passent dans les monnoyes, qui est assurément la matière en laquelle il y a plus de facilité à voler les peuples. Comme la Provence a, dans ses confins, le Gomtat et la principauté d'Orange, si les espèces de ces deux petits Kstats y ont cours et qu'elles ne sojent pas du titre et du poids des monnoyes du roy, il est certain que c'est une fausse monnoye qui se débite au préjudice des peuples, et h laquelle il seroit nécessaire de remédier. Le remède seroit d'en faire faire
* Voir pièce n° 99. — Il 8^agit sans doute ici aides chargé do la rechftrrlic des usurpations (le réprimandes adressées à un formior des de noblessi».