‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 167 sur 411 · CONSEILLER D'ÉTAT · texte numérisé non relu

CONSEILLER D'ÉTAT

Fontainebleau, 16 juin 1680.

Le Roy m'ordonne de vous donner avis qu'il veut que nous nous rendions vendredy prochain à Saint-Germain, pour rendre, dès ce jour-là, la première visite à MM. de l'Assemblée du clergé, et que nous y retournions le lendemain samedy pour faire la demande du don'^, sur lequel Sa Majesté a résolu de demander 3 millions de livres. Elle désire que vous leur fassiez connoistre que, si elle avoit voulu suivre les sentimens de bonté qu'elle a pour tous ses peuples, et l'estime particulière qu'elle fait du corps du clergé et de tous les prélats qui le composent, elle ne leur auroit rien demandé, ou peu de chose; mais ayant esté obligée de soutenir des dépenses prodigieuses pour parvenir à la paix glorieuse qu'elle a donnée à toute l'Europe, elle a besoin de ce secours pour continuer de restablir les affaires de ses finances en sorte que, dans peu d'années, elle puisse les remettre au mesme estât qu'elles estoient auparavant la guerre.

* Pierre Poucet de La Rivière, né en i Coo, conseiller d'Etat, nommé membre du conseil royal des finances en 1 673. Mort en 1 68 1 .

* Il s*agil du don gratuit. Cotte contrihulion était consentie par les pays d'états annuellement, et par le clerijé, dans ses asscuïhlées quinquennales. La somme demandée par ie roi était plus ou moins forte, selon les besoins du moment. C'était là ie Jon ^atuit ordinaii'e, lequel était réparti sur tous les titulaires de bénéfices. Le roi réclamait en outre, en temps

de guerre et dans les circonstances pressantes, dos dons gratuits extraordinaires que le clergé acquittant au moyen d'emprunts à raison desquels des laxes extraordinaires étaient imposées sur les benéliriers. (EncycL méthod. Finances. ) — L'assemblée du clergé de 1 680 accorda au roi un don gratuit de 3 millions payables en quatre termes jusqu'à la fin de Tannée 1682. ( Forbonnais, Rcch. et consid. iur Us fin. III, 3o5.)

ci se donner \e plaisir el la satisfaction de procurer encore de plus t;ranf/5 soulagemcns à ses peuples que ceux qu'elle leur a desjà accordés. Elle ne doute pas que le clergé ne soit bien ayse de contribuer à un si grand ouvrage.

(Ribl. Imp. Ms8. Mélanffc» ClairamlfaitU , vul. &a8 , fol. hi^.)

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