A M. LE BRET
INTEISDANT A LIMOGES '.
Versailles, s juillet 1681.
Pour réponse à vostre lettre datée de Saint-Jean-d'Angely le a A du mois passé, vous devez exécuter ponctuellement tous les points contenue en mes dépesches concernant la visite de vostre généralité, et parUculière*ment ceux qui regardent les taxes d'office, la généralité de Limoges ayaat esté toujours accusée , plus qu'aucune autre , de la violence des genldshommes, mains-fortes et coqs de paroisse. Vous devez vous attacher particulièrement à abolir tous ces abus qui causent de grandes inégalités dans l'imposition de la taille, et sont fort à charge aux peuples. Continuez de me donner toujours part de ce que vous reconnoistrez dans la visite de chacune élection , afin que Sa Majesté puisse voir, par le compte que je luy en rendray, que vous n'omettez aucun des points contenus en ses ordres.
Lorsque vous aurez entièrement achevé la visite, il sera nécessaire que vous fassiez un mémoire général sur tous ces mesmes points, contenant les abus que vous aurez trouvés, et les remèdes que vous estimerez pouvoir y eslre apportés.
A l'égard des fusiliers, examinez avec soin tous les moyens possibles pour oster celte manière de lever la taille, qui est assurément fort à charge
' Pierre Cardin Le Brel, sieur de Fiacourt, bre de lettres qui lui furent adressées pendant conseiller au Grand Conseil; maître des re- sa longue carrière administrative, principalequêtes en 1676; successivement intendant à ment à Tépoque où il était intendant en Pro- Limoges, à Grenoble (i683), puis à Aix. La vence. Bibliothèque impériale possède un grand nom-
aux peuples , et taschez de remettre en usage les contraintes des huissiers et îïergens des tailles. Ouoyc[ue vous trouviez peut-estre de la difficulté à retrancher tout à fait ce mauvais usage en une année, je veux croire que, par l'application que vous y donnerez, vous en viendrez à bout en deux ou trois années.
(Bibi: lœp. Mss. Mélanges ClairambauU, vol. &3o, fol. 6. )