‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 205 sur 411 · A M. DE MIROMESNIL · texte numérisé non relu

A M. DE MIROMESNIL

INTENDANT A CHALONS'

Sceaux, 16 octobre 168 1.

Pour réponse à vos lettres des 8 et lo de ce mois, j'examineray avec soin le mémoire que vous m'avez envoyé, concernant la levée des droits d'aydes dans la ville de Vilry ; mais je vous avoue qu'il est difficile de donner atteinte aux règlemens les plus anciens et les plus authentiques des aydes sans tomber en de grands inconvéniens. Ces règlemens portent que les marchands de vin ne peuvent vendre en détail qu'à huis coupé et pot renversé; et les taverniers et cabaretiers peuvent vendre du vin, donner

' Voir pièce n" 80. — La sollicitude de Colbert ne cessait pas de se porter sur cet objet si intéressant. Chaque année , des instructions spéciales étaient renouvelées. On lit dans une lettre adressée, le 6 février 1682, à Daguesseau, intendant à Toulouse : «Je vous envoyé une déclaration portant défense de saisir les bestiaux pour dettes particulières, sur laquelle le Roy m'ordonne de vous dire qu'il veut que vous examiniez avec soin si elle sera utile en

Languedoc, auparavant que de l'envoyer au procureur général du parlement de Toulouse pour y estre enregistrée. » ( Mél. Clair, vol. /i 3 1 , fol. 65.)

' Thomas Hué, sieur de La Roque de Miromesnil ; conseiller au Grand Conseil ; maflrc des requêtes (1668), président au Grand Conseil (1671), intendant à Poitiers en 167a et à Châlons depuis 1678.

à manger ou souffrir que Ton mange dans leur maison ^ Or, Texcepiion que vous faites d'un paysan qui a un morceau de pain dans sa pochette, et qui demande un demy-setier ou une chopine de vin et boit ce vin en mangeant son pain, est assurément fort favorable; mais si celuy qui vend son vin souffre qu'il mange cela dans sa maison ou dans sa cave , il donne , sans difficulté, [une] atteinte au règlement dont les suites pourroient estre difficilement empeschées, et qui tend à confondre le marchand de vin et le cabaretier, c'est-à-dire, empescher que les cabaretiers ne payent le droit tel qu'ils le doivent. Cette mesme difficulté est survenue à Paris , où enfin elle a esté accommodée par une augmentation de droits que ces marchands de vin ont consentie. Mais de quelque façon que ce soit, vous sçavez que cela est purement de la compétence des élus, et, par appel, de la Cour des aydes.

( BiU. Imp. Mes. Méiangu CXatr«n6aiilr, yoI. kZo , foL 9o5. )

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