II. IV
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ANNEXES
ce qui montera toujours à beaucoup plus qu ils n'ont eu de patrimoine, que de demeurer en prison le reste de leur vie.
Quant à la seureté, le Roy a vingt-six ans : si Sa Majesté reste dans les sentimens que cette proposition luy est avantageuse, il consolidera tous les domaines à sa couronne, et r^arera, par la longue possession, tous les défauts du titre; s'il change de sentimens, il est le maistre, il n'y a point de précau- ^on à chercher.
( Gabioel de M. le dao de Layo«9. Msf. n* gâ , «tiiOQ 3.)
vu. — A LOUIS XIV'.
De. . . 98 septemhre [i665].
M. de Saint-Simon ^ m'écrit que celuy qui a conduit les 170 rendus oa pfris à la bataille d'Estremos^ l'a assuré qu'il y en avoit encore 3oo qui dévoient débarquer à Rrouage ou à la Rochelle, en sorte qu'il faudra y envoyer les mesmes ordres (jue ceux qui ont esté envoyés à Rlaye.
Vostre Majesté retourne de Versailles. Je la supplie de me permettre de hiy dire sur ce sujet deux mots de réflexion que je fais souvent et qu'elle pardonnera, s'il luy plaist, à mon zèle.
Ciette maison regarde bien davantage le plaisir et le divertissement de Vostre Majesté que sa gloire ; et comme elle fait bien connoistre à tout le monde combien elle prélere celle-cy à ceux-là, et que c'est assurément l'intérieur de son cœur, en sorte qu'il y a toute seureté de parler librement à Vostre Majesté sur cette matière sans courir risque de luy déplaire , je croirois prévariquer à la fidélité que je luy dois si je ne luy disois qu'il est bien juste qu'après une si grande et si forte application qu'elle donne aux affaires de son Estât avec l'admiration de tout le monde, elle donne quelque chose à ses plaisirs ef à ses divertissemens, mais qu'il faut bien prendre garde qu'ils ne préjudicient à sa gloire.
Cependant, si Vostre Majesté veut bien chercher dans Versailles où sont plus de 5oo,ooo écus*- qui y ont esté dépensés depuis deux ans, ell6 atara
' Celle pièce et le mémoire ci-après, du 29 juillet 1666, page ccxvii, sont de simples copies faites sur d'autres copies, tandis que ia plupart des pièces qui composent les Annexes existent à Dampierre en autographes, ou en copies d'après les autographes. L'importance historique de ces deux pièces , dont nous n'entenilons nullement infirmer Tauthenticité, nous a paru motiver cette observation.
* Le duc de Saint-Simon était gouverneur de Blaye. (Voir I, 3oo.)
•'' La bataille d'Estremos fut gagnée par les Espagnols sur les Portugais on i6<)5.
* Les dépenses de Versailles s'élevèrent,
pour l'année 166&, à: 88^3*7^
et poar Pannée i665, à •. 788,678
Total 1,617,^10
Ce qui se rapporte bien au chiffre de plus de 5oo,ooo écus, indiqué par Colbert.
Ses observations exercèrent une inflnence heureuse sur Louis XIV , car les dépenses pour Versailles furent, en 1666, de. . . . 536,96^ et, en 1667, de atÂ,3oo
Soit, pour les deux années 7&i,95i!i
FINANCES. cvAi
assurément peine à les trouver. Si elle veut faire réflexion que Ton verra à jamais dans les comptes des trésoriers de ses basiimens que, pendant le temps qu'elle a dépensé de si grandes sommes en celte maison, elle a négligé le Louvre, qui est assurément le plus superbe palais qu'il y ayt au monde et le plus digne de la grandeur de Vostre Majesté L.. Et Dieu veuille que tant d'occasions qui la peuvent nécessiter d'entrer dans quelque grande guerre, en luy ostant les moyens d'achever ce superbe bastiment, ne luy donnent pour longtemps le déplaisir d'en avoir perdu le temps et l'occasion !
Vostre Majesté sçait qu'au défaut des actions éclatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l'esprit des princes que les bastimens; et toute la postérité les mesure à l'aune de ces superbes maisons qu'ils ont élevées pendant leur vie. 0 quelle pitié que le plus grand roy et le plus vertueux, de la vëritable vertu qui fait les plus grands princes, fust mesuré à l'aune de Ver- MÎUes! 6t toutefois, il y a lieu de craindre ce malheur. Et pour moy, j'avoue à V^tre Majesté que, nonobstant la répugnance qu'elle a d'augmenter les comp- Uins.^ ^i jlavois pu prévoir que cette dépense eusl esté si grande , j'aurois esté d'avis de l'employer en des ordonnances de comptant , afin d'en oster la connoissanee. •
. .Voaire Majesté observera de ][Jus, s'il luy plaist, qu'elle est entre les mains de deux hommes^ qui ne la connoissent presque qu'à Versailles, c'est-à-dire dans \» plaisir et dans le divertissement , et qui ne connoissent point du tout l'amour qu'elle a pour la gloire, de quelque part quelle doive venir; que la portée de kurs esprits, suivant leurs conditions, divers intéœsts particuliei's, la pensée qa'iUonfc^e faire bien leur cour auprès de Vostre Majesté, joint à la patroaance doot ils. sont en possession, fera qu'ils traisneront Vostre Majesté de desseins en desseins pour rendre ces ouvrages immortels, si elle n'est en garde contre eux.
Pour concilier toutes choses , c'est-à-dire pour donner à la gloire de Vostre Majesté ce qui doit luy appartenir, et à ses divertissemens de mesme, elle pourroit faire terminer promptement tous les comptes de Versailles, fixer une somme pour y employer tous les ans ; pout-eslre mesme seroit-il bon de la séparer entièrement des autres fonds des bastimens, et ensuite s'appliquer tout de bon à achever le Louvre. Si la paix dure encore longtemps, élever des monumens publics qui portent la gloire et In grandeur de Vostre Majesté plus loin que* ceux que les Romains ont autrefois élevés.
(Cabinet de M. le duc de Liiyncs. Mss. ii** g3, carton 9.)
Mills oHes montèrent, (Note fournie pr M. Souty, bibliothécaire
en 1674^ à'. 1,38/1,969^ ^^ ^' 1^ ^"^ ^^ Luynes.)
en 16^, à 1,933,755 * On remarquera que celle phrase n'esl
— — — |)as terminée.
Tolnl 3,3i8,osâ '^ Sans doute Le Nôtre et Mansart.
(cxn ANNEXES.
Mil. — MÉMOIRE POUR L'INSTRUCTION DU DAUPHIN '.
(Minute auloin*aphc de Colbert.)